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La Chine taxera ses exportations de vêtements
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La Chine taxera ses exportations de vêtements
A deux semaines de l?abolition des quotas sur le textile-habillement, le contexte du marché international évolue très rapidement. La Chine, qui fait figure d?épouvantail, est dans la ligne de mire des principaux acheteurs de vêtements, les Etats-Unis et l?Europe. Beijing réagit en conséquence.
Le ministère du Commerce chinois a effectivement annoncé officiellement dimanche qu?elle introduira une taxe à l?exportation sur les produits textiles afin de contenir la déferlante redoutée par l?industrie mondiale.
A Maurice, cette annonce est diversement accueillie par les milieux du textile. Elle apparaît comme une bonne nouvelle a priori. Mais il reste à savoir comment elle sera mise en pratique. Le niveau de cette taxe à l?exportation et la rigueur de son application par les autorités chinoises seront déterminants pour juger de son efficacité, commentent les observateurs.
?La Chine commence à réaliser qu?elle doit profiter de l?abolition des quotas avec modération. Nous apprécions cette annonce car elle indique une volonté de permettre aux pays les moins développés et les plus vulnérables de s?adapter progressivement au démantèlement des quotas?, déclare le ministre de l?Industrie, Sushil Khushiram.
Les industriels locaux sont sceptiques
Les industriels locaux accueillent quant à eux cette annonce avec un certain scepticisme. ?Ce serait fantastique si c?était vrai. J?attends de voir pour y croire. Si cette taxe est effectivement appliquée et qu?elle n?est pas contournée, cela nous aidera?, commente Harold Mayer, chief operation officer du groupe Ciel Textile.
?Attendons voir?, se contente de dire Louis Lai, directeur financier de la Compagnie mauricienne de textile (CMT). Pour le numéro un du textile du pays, cette annonce est effectivement à double tranchant. Elle pourrait favoriser ses opérations à Maurice, mais contrarier ses plans d?implantation en Chine l?année prochaine.
Pour d?autres spécialistes, cette taxe pourrait aisément être contournée par les producteurs chinois à travers une baisse de prix pour compenser l?effet à la hausse de la taxe.
?En Chine la notion du profit n?est pas la même que chez nous. C?est le système financier, les banques et les subventions étatiques qui soutiennent la production. Elle peut ainsi se permettre de rouler à perte artificiellement?, explique un observateur averti.
L?annonce surprenante d?une taxe à l?exportation des produits textile a été diffusée par le site officiel du ministère du Commerce chinois, rapporte le New York Times. Toutefois, les autorités chinoises ne précisent pas quel sera le montant de cette taxe.
Elles se contentent d?indiquer qu?il y aura une taxe minimale sur chaque catégorie de vêtements peu importe le coût du vêtement. L?annonce officielle laisse entendre néanmoins que cette taxe vise à encourager les producteurs de Chine à se tourner vers des produits à plus forte valeur ajoutée. En clair, Beijing veut décourager la production de t-shirts au bénéfice des blouses en soie haut de gamme.
Cette annonce vise à apaiser les forces protectionnistes qui, aux Etats-Unis comme en Europe, exercent un puissant lobby pour amener leur gouvernement à prendre des mesures de sauvegarde contre la Chine. Aux Etats-Unis, suite aux pressions de l?industrie textile, l?administration de George Bush a déjà introduit des restrictions quantitatives sur quatre catégories de produit.
Éviter une guerre commerciale
Une série de pétitions demandent l?introduction de quotas sur plusieurs autres catégories de vêtements.
L?annonce de la Chine fait suite au sommet sino-européen qui s?est tenu le 8 décembre. On peut imaginer que la question du textile y avait été longuement discutée.
Il ne fait pas de doute que Beijing veut éviter une guerre commerciale ouverte avec les Etats-Unis et l?Europe. Le ton avait monté entre Beijing et Washington. La Chine menaçait les Etats-Unis de représailles commerciales en cas d?introduction de quotas sur le textile.
Le New York Times fait ressortir que dans les années ?80, le Japon avait lui aussi introduit une taxe à l?exportation sur ses voitures. Ce, pour apaiser le climat tendu entre lui et les Etats-Unis qui sentaient leur industrie automobile menacée par les voitures nipponnes.
Par ailleurs, l?Union européenne a de son côté fait savoir que pour elle l?abolition des quotas sur le textile ne sera effective qu?à partir du 1er avril et non le 1er janvier.
Pour ne pas alourdir le travail des douanes européennes, les cargaisons de vêtements débarquant au cours du premier trimestre de l?année prochaine seront comptabilisées sous l?actuel régime de quotas. Il s?agit en fait d?un sursis de trois mois pour les autres pays producteurs comme Maurice.
Entre janvier et mars, les exportations de l?industrie locale vers le marché européen sont plutôt soutenues. Néanmoins, pour Harold Mayer, l?abolition des quotas n?aura pas une grande incidence sur le marché européen car les acheteurs européens ne souffraient pas des limites quantitatives à l?importation de Chine.
L?Union européenne a également annoncé la mise en place d?un mécanisme strict de surveillance pour contrôler le flux des exportations de textile-habillement de Chine. L?objectif est de s?assurer qu?il n?y ait pas une soudaine explosion déstabilisatrice de ces exportations sur son marché.
Les plus pessimistes estiment toutefois que ce genre de contrôle ne veut rien dire. Le transbordement n?est pas une pratique inconnue en Chine.
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