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Pénurie de poisson ?La Perle?

14 décembre 2004, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

?La perle? devient précieuse. Les consommateurs éprouvent ces jours-ci de grosses difficultés pour trouver du poisson de ce type. La situation pour les fêtes de fin d?année ne s?annonce pas brillante non plus, à cause du nombre limité de bateaux de pêche en campagne. Raison : l?industrie n?est plus rentable.

Après trois semaines de pénurie, le poisson La Perle commence à réapparaître dans les congélateurs des supermarchés. La livraison par les producteurs se fait au compte-gouttes.

Baisse du nombre de bateaux

Depuis la dernière semaine de novembre, les chambres froides d?ABC Ltd, de Happy World Ltd ou d?Ireland Blyth Ltd ? qui comptent parmi les plus gros distributeurs de poisson ? sont vides. Par ricochet, les congélateurs des gros supermarchés affichent le même néant. Sont concernés Shoprite, Jumbo, Super U et deux magasins de la chaîne Way. Lorsqu?on en trouve, c?est du poisson importé d?Oman ou d?Inde. Or, les consommateurs ne l?apprécient guère. Ou alors, il est de petite taille.

Deux bateaux déchargent actuellement quelque 300 tonnes de ce type de poisson. Une partie est déjà livrée aux distributeurs. Deux autres navires sont attendus les 20 et 26 décembre avec 250 tonnes.

Hemraz Ghina, directeur de National Cold Storage, estime quant à lui qu?il n?y a pas de pénurie sur le marché. Il avance qu?un autre bateau était là tout récemment avec 90 tonnes de poisson.

Robert Talbot, directeur de Talbot Fishing, a un autre point de vue. ?Il n?y aura pas beaucoup de poisson La Perle pour les fêtes de fin d?année. Si jamais il est disponible, ce sera en très petite quantité.?

Le nombre de bateaux de pêche a continué à baisser ces dernières années, car le secteur n?est plus rentable. A un certain moment, on en dénombrait 14. Aujourd?hui, ils sont quatre ou cinq seulement.

?Nous avions nous-mêmes trois bateaux. Aujourd?hui seulement un est en opération?, explique Robert Talbot.

Le Talbot IV est en réparation depuis plusieurs mois. Il n?est pas parti pêcher cette saison. Il partira probablement au début de l?année prochaine, mais rien n?est encore sûr. Le bateau d?une autre compagnie ne pourra effectuer sa première campagne de pêche de la saison 2004-2005 qu?au début de l?an prochain.

?C?est trop risqué. On a dû trop souvent écourter nos campagnes de pêche sur les bancs. Des pêcheurs tombent malades. On n?y peut rien. Il faut qu?on rentre à Port-Louis. Certaines compagnies font face à des difficultés financières?, affirme Robert Talbot.

?Il est vrai, poursuit-il, que les permis d?importation sont accordés s?il y a une pénurie sur le marché. Mais cela coûte plus cher. Et si jamais la situation continue à se dégrader, le public mauricien sera appelé à payer le poisson importé encore plus cher. C?est la loi de l?offre et de la demande. La consommation est de 400 à 500 tonnes par mois.?

Selon Robert Talbot, des compagnies pétrolières les ont informés qu?à partir de juin 2005, l?essence ne leur sera pas livrée pour des raisons de sécurité.

?Depuis 40 ans que nous sommes dans ce secteur, il n?y a jamais eu un incident à bord de nos bateaux. Nous sommes disposés à prendre des précautions supplémentaires. Ce sera le coup mortel au secteur de la pêche sur les bancs. Il est clair qu?avec cette décision, d?autres pêcheurs perdront leurs emplois. Le secteur se meurt lentement. Si on ne fait pas attention, c?est la mort complète.?

Devant cette situation, Talbot Fishing se voit dans l?obligation de trouver une autre alternative pour ses activités de pêche.

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