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Liverpool comme on l?aime

10 décembre 2004, 00:00

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Si Steven Gerrard n?existait pas, il aurait fallu l?inventer. L?international anglais, dernier fantasme en date de Barcelone, a ébloui Anfield par son talent mercredi soir, offrant à Liverpool une qualification inespérée pour les huitièmes de finale de la prestigieuse Ligue des champions.

On en était, à ce moment-là, à la 86e minute d?un match contre l?Olympiakos que le tout Liverpool n?oubliera pas de sitôt. Les Reds menaient 2-1, Sinama-Pongolle et Mellor ayant, au retour des vestiaires, répondu à l?ouverture du score, sur un somptueux coup franc dont lui seul en a le secret, du toujours vert et épatant Rivaldo.

Mais ce 2-1, si cruel, si dramatique, ne pouvait satisfaire le bruyant kop, venu chercher son cadeau de Noël deux semaines avant l?heure. La qualification se jouant à la différence de but particulière entre les Grecs et les Anglais, Liverpool, battu 1-0 à l?aller, se devait en effet de gagner 3-1. Au minimum.

Et c?est précisément au moment où le doute commençait vraiment à s?emparer des travées d?Anfield que l?ingénieux Steven Gerrard, d?un puissant tir des 25 mètres à montrer dans les écoles de football, allait faire parler sa science pour mener Liverpool sur la première marche vers le Graal, dans ce top 16 européen qu?il n?aurait jamais dû quitter.

L?Angleterre, à vrai dire, a négocié avec panache ce premier tour d?une Ligue des champions qui a tenu en haleine le monde entier. Arsenal, Chelsea et Manchester United accompagneront en effet Liverpool en huitièmes de finale, permettant à la Blonde Albion d?être, avec ce quartet magique, la mieux représentée du continent à la reprise.

La France du football peut elle aussi être fière de son hiver européen. Ses deux plus dignes représentants, Lyon et Monaco, ont su se donner les moyens de poursuivre l?aventure.

Plus solide qu?on pourrait le penser, Lyon avait assuré bien avant l?heure son billet pour les huitièmes. Le festival réussi face au Sparta Prague mercredi, sous la forme d?un étonnant 5-0, vient confirmer que le club de l?ambitieux président Aulas a désormais les moyens de jouer dans la cour des grands. Les monstres habituels du continent ont d?ailleurs intérêt à ne pas sous-estimer une équipe qui, croyez-nous sur parole, finira un jour par titiller la Coupe aux grandes oreilles.

Malgré les inquiétantes limites affichées en championnat, Monaco, étonnant finaliste de la dernière édition, n?a, pour sa part, pas plié dans un groupe pourtant relevé.

Morientes, Giuly, Prso et Rothen ayant choisi de déserter le Rocher durant l?intersaison, on pensait que Monaco n?avait plus l?âme d?un prétendant européen. Mais Didier Deschamps est un faiseur de miracles. Il a transmis à sa jeune garde, emmenée par les défenseurs internationaux Gael Givet et Sébastien Squillaci, ce souffle magique qui permet aux équipes moyennes de se surpasser le temps d?un match important.

Ce match, c?était mercredi, sur la pelouse du Riazor, où l?attendait une équipe du Deportivo La Corogne intimidée par son naufrage de Louis II la saison dernière. Après l?inoubliable 8-3, il y a eu cette fois un étonnant 5-0. Serait-ce, pour Monaco, le début d?une nouvelle épopée ? On le saura bientôt.

Seul club français à s?être arrêté aux portes des huitièmes, le Paris Saint-Germain n?avait, de toute façon, ni le talent, ni l?envie de continuer sa route.

Egal à lui-même, Vahid Halilhodzic, le Ceaucescu du football, ne s?est pas fait prier pour faire porter à ses pauvres joueurs le chapeau de la déroute subie face à Moscou, 1-3, mardi, au Parc des Princes. Le Bosniaque est bien le seul, avec son président Francis Graille peut-être, à ne pas savoir que ses colères théâtrales, parfois démoniaques et indigestes, sont les seules vraies raisons du malaise qui ruine semaine après semaine le beau club parisien.

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