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Là-haut sur la colline

8 décembre 2004, 00:00

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Depuis cinq ans, Jeannette Baudoin et sa famille vivent coupées du reste du monde?sur une colline à Mont-Chéri. Elle y a fait construire un magnifique gîte et aménager une ferme s?étendant sur trois arpents. Siroter un jus de pamplemousse en admirant la végétation luxuriante qui s?étend à perte de vue. Savourer des mets typiquement rodriguais et se laisser bercer par le folklore de l?île. Un monde de rêve que vend Jeannette Baudoin.

Jeannette, son époux René, un ressortissant français, et leurs deux fils, Gilbert, 19 ans, et Bertrand, 16 ans, ont fait construire depuis cinq ans leur maison au sommet d?une colline à Mont-Chéri. En septembre 2003, Jeannette a pris la décision d?en faire un gîte. Elle l?a surnommé Le Tropical.

Lorsqu?elle accueille les clients, la sympathique Jeannette est toujours coiffée du traditionnel chapeau de paille et arbore un large sourire. A leur arrivée, elle leur prépare un jus de pamplemousse désaltérant. Le fruit est fraîchement cueilli dans sa cour.

Le Tropical peut héberger trois couples de visteurs et offre des facilités de tables d?hôte. Le gîte est doté d?une ferme s?étendant sur trois arpents. ?Nous sommes autosuffisants en légumes et en viande. Je cultive toutes sortes de légumes : carotte, poireau, pomme d?amour, maïs, haricot, oignon et calebasse, entre autres. Ma ferme compte aussi un élevage de poulets et de porcs. Je prépare aussi des boudins. C?est mon frère, François Gaspard, qui m?apporte tous les jours des fruits de mer?, confie Jeannette.

Le Tropical reçoit principalement des visiteurs d?Espagne, de la Guadeloupe, de la Réunion, de France et de Maurice. Jeannette leur concocte, elle-même, des mets traditionnels de la cuisine rodriguaise. Elle le fait sur commande car rarement des gens passent dans la région. Elle sait aussi fabriquer du rhum aux fruits. ?Je cuisine avec un feu de bois. Le goût est vraiment différent?.

Un rêve d?enfant

Jeannette propose en fait des recettes qu?elle tient de sa grand-mère, Ursula. ?Elle m?a toujours raconté des histoires sur Rodrigues?.

L?écrivain Christian Barot, qui a déjà séjourné chez elle, a parlé de sa grand-mère dans son livre, La Cendrillon des Mascareignes, publié à la Réunion. ?Je ne pouvais cacher mon émotion lorsque j?ai vu une photo de ma grand-mère dans ce livre. Christian Barot m?a dédicacé une copie?.

Avant de s?installer à Mont-Chéri, Jeannette habitait à Mont-Lubin. ?J?ai pu réaliser mon rêve d?enfant. Je trouve ici, beaucoup plus d?avantages que des désavantages. Je me souviens qu?un maçon s?est assis à l?endroit où notre maison devait être construite et nous a traité de fous de vouloir vivre dans un tel endroit. Mais cela ne m?a pas découragée?.

En sus des membres de sa famille, Jeannette se fait aider par une employée. Elle fait, elle-même, la lessive au lavoir que lui a construit René. ?J?ai une santé robuste... Une vraie rodriguaise?.

Marcher pendant des heures pour se rendre dans les agglomérations avoisinantes n?a jamais été un problème pour elle. ?J?ai passé mon enfance à Songes. Nous marchions, mon frère Francisco et moi, au moins dix kilomètres, du sud au nord de l?île, avec notre panier de poules?. Jeannette est aussi une passionnée de danses et de musique traditionnelles. Elle joue de l?accordéon et aime participer aux fameux bals rann zaricots dans l?île.

Son époux, René, ne songe plus à la France depuis qu?il a découvert la vie en montagne. Leurs deux enfants, qui comptent poursuivre des études en France en vue d?avoir de meilleures perspectives dans la vie, s?adaptent très bien à leur environnement. L?aîné, Gilbert, a une moto tout-terrain qui lui pemet d?emprunter des sentiers en pente abrupte alors que le cadet, Bertrand, va à l?école à pied. ?Nous comptons faire asphalter le sentier qui mène à notre maison?, dit-elle.

Le couple Badouin vient aussi d?agrandir sa maison, mais il ne compte pas avoir trop de clients en même temps. ?Souvent en partant, les clients sont tellement émerveillés qu?ils veulent payer plus que ce que nous leur réclamons. Je suis content de vivre ici. Je n?ai pas beaucoup d?argent, mais je suis contente. Je vis comme une millionnaire dans un endroit paradisiaque. Je ne vendrai ma maison pour rien au monde?.

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