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Frankie Fredericks sous le soleil maurice

7 décembre 2004, 00:00

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Il a ému plus d?un. Son secret ne se limite pas à ses prouesses sur les pistes d?athlétisme. Son charisme et sa personnalité attachante en ont fait le parfait ambassadeur du sport africain et mondial. Et, au moment de se retirer de la scène sportive, en tant qu?athlète, Frankie Fredericks, 37 ans, laisse un vide. Sa dernière course, c?était à Yokohama, en août. Et, aujourd?hui, nous avons l?immense chance, grâce à l?express, Powerade et Naïade Resorts, de l?accueillir sur notre sol.

?Frankie Fredericks est une icône du sport?, selon Maurice Greene, ancien recordman du monde du 100 mètres. ?Une source d?inspiration? pour Justin Gatlin, champion olympique du 100 mètres à Athènes, qui ajoute : ?Pensez un instant à toutes les plus grandes courses de ces quinze dernières années : Frankie y était ! Pour moi, il est un pilier de l?athlétisme.?

Bénéficiant d?une bourse d?études, octroyée par la Société d?uranium de Windhoek, à la Brigham Young University (BYU) à Provo, Frankie Fredericks s?est retrouvé dans la compétition de la National Collegiate Athletic Association (NCAA) ? sans conteste le plus grand réservoir du sprint américain. Et là, il se permet le luxe de devenir le premier non-Américain à remporter un titre de NCAA. A cette époque, le sprint américain imposait sa loi à toute la planète.

Sous la tutelle d?un entraîneur de qualité, Willard Hirschl, il se signale dès 1989 en réalisant 10.02, troisième temps mondial de la saison. Avec l?indépendance de la Namibie en mars 1990 à la suite d?un accord entre l?Afrique du Sud, l?Angola et? Cuba, la carrière de Frankie Fredericks démarre véritablement. Cette indépendance lui permet d?envisager une carrière de haut niveau que son statut de citoyen sud-africain lui interdisait jusque-là, en raison de l?apartheid. Il effectue ainsi son entrée sur la scène internationale en août 1990 à Helsinki où il s?impose avec brio en 10.03 et 20.44, plaçant la toute jeune Namibie sur la carte du monde.

L?année suivante, il accède à la super élite mondiale avec 20.08 et 19.90 avec vent favorable, avant de se classer cinquième du 100m record des Mondiaux de Tokyo et d?obtenir la médaille d?argent du 200 mètres derrière Michael Johnson. La première médaille mondiale de la Namibie.

Dans l?ombre de Michael Johnson et des autres stars de l?époque, Frankie Fredericks crève l?écran l?année suivante, lors de ses premiers Jeux olympiques, à Barcelone en Espagne, où il a rendez-vous avec le podium. Il décroche deux médailles d?argent sur 100m et 200m respectivement derrière Lindford Christie sur la distance reine et Mike Marsh sur le demi-tour de piste.

Champion du monde du 200 m

Et quatre années plus tard, il connaît le même destin aux Jeux d?Atlanta en devenant vice-champion olympique derrière Donovan Bailey sur 100m, et Michael Johnson sur 200m.

Quadruple vice-champion olympique (100m et 200m en 1992 et 1996), Frankie Fredericks reste à ce jour l?unique médaillé olympique de l?histoire de la Namibie. Reste qu?il lui manque cette médaille d?or, qu?il n?a remportée qu?une fois à l?échelon planétaire, sur 200m, aux Mondiaux de 1993, à Stuttgart.

Frankie Fredericks remporta avec panache le titre de champion du monde du 200 mètres. Partant moyen, le Namibien paraît irrémédiablement distancé aux 100m : chronométré en 10.39, il concède alors onze centièmes à John Regis, 10.28, devant Carl Lewis, 10.31. Mais les cinquante derniers mètres de Fredericks sont irrésistibles ; il l?emporte en 19.85, record d?Afrique, devant John Regis, 19.94, qui descend pour la première fois sous les 20 secondes et Carl Lewis, à 32 ans, en 19.99. Le niveau de cette course est très supérieur à celui de Barcelone.

Vice-champion olympique derrière Donovan Bailey sur 100m et Michael Johnson sur 200m, Frankie Fredericks n?a pas attiré les gros titres, sauf celui de champion du monde de 1993. Pourtant, ses chronos de 9.86 et 19.68 en font le sprinter le plus rapide du monde au combiné des temps.

En 1996, à Oslo, il met fin à la série d?invincibilité de deux ans de Michael Johnson sur 200 mètres. La même année, il établit un impressionnant record de neuf sub-20 secondes sur 200 mètres dans une seule saison. L?année suivante, il récidive avec neuf sub-10 secondes sur la distance reine. De toute sa carrière, il compte vingt-sept sub-10 secondes sur 100 mètres et vingt-cinq sub-20 secondes sur le demi-tour de piste.

En gros, Frankie Fredericks les a tous battus : Michael Johnson, Carl Lewis, John Regis, Mike March, Ato Boldon, les plus grands spécialistes du demi-tour de piste.

Frankie Fredericks est un athlète qui a su durer pendant plus d?une décennie, et qui a connu une progression lente mais régulière, sans sursauts inexplicables. Bref, un vrai champion qui s?est forgé à la force du travail durant toute sa riche carrière.

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