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L?agriculture fait peau neuve
Excellente cette idée de foire agricole. L?agriculture a présenté un visage résolument moderne sous les chapiteaux blancs, dressés sous les manguiers du jardin botanique de Pample-mousses. Toutefois, l?initiative aurait été plus appréciée si le ministère de l?Agriculture avait choisi un autre moment de l?année qu décembre pour l?organiser, car vacances et shopping de Noël sont à peu près les seules préoccupations des Mauri-ciens en ce moment.
La pluie a accordé un répit et ce samedi, et nombreuses ont été les familles à s?arrêter à Pamplemousses. Elles en sont sorties la tête remplie de connaissances, et les enfants plein d?expérience de fermes : promenade à dos de poney, observation de chauve-souris, tortues et autres animaux rencontrés dans les bouquins?
«Combien pour le gallon d?éthanol?»
Plus qu?une traditionnelle foire où on espère renouveler ses plantes d?appartements, égayer ses parterres de couleurs de saisons, celle de Pamplemousses a l?air d?un salon éducatif et informatif. Les principaux acteurs agricoles sont tous présents : agro-industrie, Chambre d?agriculture, Institut de recherche sur la canne, Fonds d?assurance, institutions accordant du crédit agricole, Service de recherche et de vulgarisation de l?Etat, commerçants d?intrants, exportateurs horticoles?
L?industrie sucrière, en particulier, s?est donné beaucoup de peine pour présenter un visage optimiste. Le visiteur attentif prend conscience d?un secteur moderne, qui diversifie vers des produits à valeur ajoutée (électricité, sucres spéciaux, éthanol). L?univers clos des usines sucrières était étalé dans toute sa sophistication sous ses yeux.
Les visiteurs n?y sont pas forcément insensibles. Même s?il est vrai que les stands où ils peuvent s?acheter quelque chose attirent davantage. Un exposant, amusé, relève qu?une longue file de visiteurs a patienté pendant des heures pour pouvoir s?acheter des plants de bananier qui se vendait à Rs 5 l?unité. Il faut dire que l?exposant a réussi un beaucoup de pub en accrochant de superbes régimes d?un jaune éclatant devant son étal? « Je reviens dimanche rien que pour goûter une de ces bananes !» dit-il.
Les stands plus technologiques attirent aussi. Alcodis, fabricant d?éthanol, a eu la visite d?un écolo curieux en fin d?après-midi. « C?est combien le gallon d?éthanol ? », demande Mobine Mauthoor, directeur de Bikeworld. « Nous n?en vendons pas », répond Clifford Tranquille, responsable de stand.« Pourquoi ne voulez pas m?en dire le prix? Est-ce pour préserver un monopole ? »
« Nous ne vendons pas Monsieur. »
« Pourquoi ? Cela ferez tellement de bien à l?économie. Et c?est moins polluant aussi. »
« Je sais. Pour le moment nous exportons mais la vente sur le marché local est en projet. »
Mobine Mauthoor veut poursuivre la conversation. Il estime que c?est un faux prétexte que de dire que les voitures mauriciennes ne sont pas adaptées à l?éthanol. « Nous dépensons bien sur des modifications pour passer au gaz. Cela ne devrait pas être plus compliqué, l?éthanol», commente-t-il. En attendant, Clifford Tranquille l?invite à apprécier les mille et une formes sous lesquelles il consomme déjà de l?éthanol : cosmétiques, pharmaceutiques, peinture, colle, détergents et même?les boissons gazeuses où l?éthanol donne aux sodas leurs petites bulles pétillantes.
L?hydroponique, les derniers soins pour conserver la santé des plantes, le dernier cri sur le marché des légumes et fruits en petit format, prisé par les restaurateurs? Ces informations, on se les procure sous le chapiteau de l?Agricultural Research and Extension Unit. L?un des plus fréquentés.
Certes, le visiteur trouve ses plantes d?appartement et des semences ! Les Rodriguaises venus vendre des produits du terroir sont déçues. « On trouve nos prix trop chers ! Le pot de piment confit à Rs 100 c?est trop cher ? La livre se vend à Rs 400 chez nous », s?indigne Louisemay. Tout y est : conserverie, vannerie, légumes séchés?
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