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Dis-moi féline…

4 décembre 2004, 00:00

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Fantastique, saisissante, prodigieuse, exceptionnelle, surprenante … Quel adjectif nous reste-t-il encore pour qualifier la prestation de Pierrette Dupoyet. Chatoyante ?

En interprétant Colette, la comédienne globe-trotteuse a encore une fois illuminé les planches du théâtre de Port Louis, qu’elle connaît si bien, pour y avoir joué d’autres fabuleux destins.

Cette année, à l’occasion du 50e anniversaire de la mort de Colette, le Centre Charles Baudelaire nous offre sa dernière création, Colette la Chatoyante, créée cette année au Festival d’Avignon, célèbre festival théâtral, où elle joue chaque année à guichets fermés.

Grimée, dansante, chantante, elle devient le temps d’une soirée, Colette, multiple et fantasque, l’écrivaine, la brodeuse, la mime, la scandaleuse, l’amoureuse.

Ivre de vie et de chats, ses anciennes amours. Dans son appartement du Palais Royale, Colette attend trois journalistes, qui ne lui poseront pas les bonnes questions.

Alors avant de les recevoir, elle confie au public et à ses chéris, tout ce que les journalistes ne sauront pas.

Ses amours, l’affreux mais cultivé Willy, le vieux et chaleureux Henri, Bertrand, Missy Nathalie, Maurice … ses romans, les Claudine, Le Blé en herbe, La Vagabonde (son préféré) … Son enfance à Saint Sauveur en Puisaye, Sido, Bel Gazou, qu’elle a tant aimé… les émotions d’une grande dame qui ne cesse de se nourrir de vie, d’énergie, entre rage et pleurs.

Dans ce rôle, Pierrette Dupoyet rayonne. Elle s’accapare le personnage pour mieux le transmettre. Elle griffe puis caresse, gracieuse féline, avant de ronronner de plaisir, avant de s’étirer sur de lourds souvenirs.

Le texte est précis, sublime et confirme une fois de plus ses talents d’auteur, autant que ceux de comédienne. Le ton est juste parce qu’il vient du cœur, de celui qui admire les personnalités vivantes, pleines d’amour.

Sur scène, on ne reconnaît pas Pierrette Dupoyet. On ne voit que Colette, entourée de ses fidèles (ou pas) chatons chéris, sous ses abécédaires brodés avec passion, sous le Fanal Bleu.

Le théâtre de Pierrette Dupoyet est magique, envoûtant. Les mots, sublimés aussi par un jeu de lumières et une bande sonore (de Jean Marie Bourdat) jouant sur les émotions, n’en sont que plus beaux. Colette se retrouve dans chacun d’eux, poétiques, innocents, extrêmes, fantaisistes. Un brin d’humour par-ci, Willy ne viendra pas en promenade, ça lui apprendra à voler le talent d’une grande dame. Une larme par-là, pour Bel Gazou, sa précieuse petite fille, qui doit connaître la vérité de ses sentiments. Quel diable que ce facteur. On pourrait rester là des heures, à écouter Pierrette, à écouter Colette, les Chatoyantes.

DES FEMMES D’EXCEPTION

Qui sont-elles ces femmes d’exception ? George Sand, dont on célèbre le 200e anniversaire de la naissance,

Colette, dont on célèbre le 50e anniversaire de la mort. Mais aussi Chantal Pommier et Pierrette Dupoyet, qui sont venues tenir, la semaine dernière au Centre Charles Baudelaire, une conférence sur les deux écrivains françaises.

Concordances et destinées, comme le titre du livre de Chantal Pommier, de deux destins littéraires, qui ont marqué chacune leur tour le monde culturel.

La conférence est vivante et les deux conférencières ne font qu’étonner l’auditoire des similitudes existantes entre Colette et George Sand. La campagne, l’éducation, l’égalité hommes-femmes, le scandale …

Ancien professeur et comédienne, Chantal Pommier ne manque pas d’humour et ni d’amour pour les écrivains. Avec l’aide de Pierrette Dupoyet (voir ci-contre), elle conte des récits de vie, drôles, touchants, passionnants.

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