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Black Masters le ragga volontaire
Le ragga a encore frappé. Du côté de Grand Sable cette fois. Un nouveau groupe, les Black Masters vient de se lancer dans la musique avec son premier album, Assez Assez.
Assez des traîtres et des profiteurs. « On raconte l?histoire de notre vie. On regarde, on observe des choses sur le chemin. L?inspiration vient en place ».
Grâce au «courage bon dié», comme ils disent, Eric Balancy, Rosie Botte et Yves Azor, ont bravé les difficultés pour réaliser un rêve, faire un album de musique.
« Ti enn rève depi bel l?époque », dit Eric, en levant les yeux au ciel. Pourtant, le jeune homme n?a que 22 ans.
Rosie, sa cousine, confirme pourtant que le rêve vient de loin. « Quand il était tout petit, je le voyais tout le temps avec son cahier, à écrire des chansons ».
Déjà, il parlait de la réalité qui l?entoure. « Je parlais surtout de nous. Parce que l?on était vraiment très très pauvre », ajoute Eric.
A Grand Sable, un village «petit, petit, petit » de la côte Est, les trois amis se rencontrent pour faire du bruit dans ce coin trop tranquille, trop loin, trop peu peuplé. Ils veulent se faire connaître, faire connaître leur endroit et ses défauts, sans pour autant en rejeter leur appartenance. Ils sont fiers de réussir en venant d?un petit village perdu et s?en font les dignes et courageux représentants.
Après le travail, Eric travail dans la construction et Rosie dans une ferme marine, ils se rejoignent chez l?un ou chez l?autre et composent et écrivent. « On fait tout ensemble, on est une équipe », dit Eric en appuyant sur les consonnes.
Il parle, chante, un peu des deux, la casquette à l?envers, les mouvements saccadés, comme s?il y avait de la musique dans l?air.
Il y a trois mois, ils décident de se lancer enfin et de réaliser un album. « On a toujours économisé pour finalement atteindre ce but. Il nous manquait encore de l?argent, alors on a pris un emprunt à la banque pour boucler notre budget », explique Rosie. « On a tout fait tout seul ».
Ils enregistrent dans les studios de la société de production DJ Beat. Première impression ? « C?était difficile. Il a fallu faire beaucoup de répétitions parce que ma voix n?allait pas ». Mais en quelque temps, l?enregistrement était fait et l?album prêt à être vendu sur le marché.
Evidemment, ce n?est qu?un début. Et les jeunes chanteurs semblent confiants, surtout en leur volonté. « On veut faire des concerts et toujours s?améliorer pour arriver au niveau des grands ».
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