Publicité
Snyper la voix revolver
Certains ont le regard qui tue. Chez Snyper, c?est la voix, à défaut du look. Crâne rasé, diamants aux oreilles, fine barbe, lunettes de soleil. Quant à la voix, elle est grave et douce, posée. Le jeune homme est d?un calme olympien, semble ne pas se prendre la tête, et d?ailleurs n?en fait qu?à sa tête.
C?est aussi parce qu?un bout de bois lui est tombé sur la tête qu?il s?est mis à la chanson. A l?aide de ses camarades musiciens, dont Ultimatum, il vient de sortir son premier album solo, qui « cartonne pas mal », selon l?intéressé, pas peu fier.
L?histoire est vite résumée. C?est que Snyper, bientôt 25 ans, prend rapidement ses décisions et va toujours de l?avant.
Cousin du célébrissime Eric, Jean Daniel Milazar est originaire de Rodrigues. Enfant boxeur, qui participe à des compétitions internationales (c?est de famille) et qui voyage beaucoup.
Après des études, il est devenu un jeune travailleur social. « J?étais field promoteur, pour le compte du PNUD et de la Banque Mondiale, sur un projet d?allégement de la pauvreté. On aidait ceux dans le besoin en leur offrant des cours spécifiques ». Il se balade entre les « ministres», du clan des habillés chic, avec des deux boucles d?oreilles en diamant, toujours cool.
Et puis il en a eu ras-le-bol, il a claqué la porte, direction Maurice.
Avec le recul, il regrette aujourd?hui d?avoir quitté son île. « A Rodrigues, j?étais comme un poisson dans l?eau, j?avais un bureau, un boulot pas crevant. Je regrette mais bon ? »
Avec des si ? il n?aurait jamais atterri à Maurice, il y a trois ans, n?aurait pas fait plein de petits boulots, n?aurait pas eu un accident de travail, qui ne l?aurait pas fait arrêter la boxe et s?investir dans une autre passion, la musique.
« Un bout de bois m?est tombé sur la tête. J?ai fait six jours d?hôpital. J? ai toujours une grande cicatrice.» Dans ses mots, une légère pointe de nostalgie s?efface derrière, non pas un optimisme à toute épreuve, mais une philosophie plutôt sage, qui ne lui fait plus rien regretter. Toujours cool.
C?est un concours de circonstances, un cheminement particulier, qui s?achève en un premier album et un grand concert, demain, au Stade de Réduit.
Avec son copain Ultimatum, Snyper avait déjà signé un succès, Black is Beauty. «C?est par ce titre que le public m?a connu. Comme la chanson plaisait, j?ai fait une maquette dans un petit studio que Richard Hein a produit ».
Il prévoit de faire un « max de concerts », d?entrer définitivement dans ce clan de raggamen mauriciens, qui tournent un peu partout. Rentrer dans un groupe ? Non. Un snyper, c?est solitaire. Il ne joue qu?en solo. « Quand j?ai commencé, j?étais dans un groupe, Nasty Style. Il y avait toujours des divergences. Je préfère être seul, tranquille. Je n?aime pas qu?on me donne des ordres », dit-il. Face à un ex-boxeur, personne ne trouvera à redire. Le mieux, c?est de l?écouter.
Publicité
Publicité
Les plus récents