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L?officier de la SMF inculpé de viol est blanchi

3 décembre 2004, 20:00

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«Soulagé? la justice a triomphé». C?est la déclaration de l?officier Sateedanand Beeharry. Celui-ci a sauté de joie hier, après que la cour intermédiaire eut rayé l?accusation de viol qui pesait sur lui. Ex-caporal en charge des armes et des munitions au sein de la Special Mobile Force (SMF), il attend maintenant sa réintégration au sein de la force policière.

Il raconte sa mésaventure depuis que Marie, une femme âgée de 26 ans en 2002, est passée sur les antennes d?une radio privée et l?a accusé de l?avoir violée alors qu?elle n?avait que 13 ans. L?émission a été diffusée à la suite de l?agression sexuelle subie par Sandra O?reilly. La nouvelle a l?effet d?une onde de choc sur l?officier Beeharry.

«Mes enfants ont été bouleversés. On venait de dénigrer la SMF et moi avec.» Quelques jours plus tard, la présumée victime porte plainte formellement à la police. L?officier Beeharry est suspendu de ses fonctions.

Il s?agit d?une affaire qui remonte au 27 mai 1989. Une adolescente quitte le toit familial pour aller faire ses exercices au Gymkhana. Le soir venu, elle ne rentre pas. Sa mère, inquiète, s?en remet aux policiers de Vacoas. L?adolescente fréquente alors le collège Adventiste.

Sa mère raconte aux policiers que sa fille reste rarement à la maison. En fouillant dans ses affaires, elle tombe sur un nom et une adresse dans son cahier. Celui d?un officier de la SMF. Lorsqu?elle demande à la police de mener l?enquête, elle apprend que sa fille a été aperçue avec le constable Beeharry dans un autobus.

Trois jours après, l?adolescente est retrouvée chez son grand-père. Elle explique simplement à la police avoir voulu s?y rendre, sans parler du viol. «Ce samedi là, raconte-t-elle, après mes exercices de natation au Gymkhana, je suis allée à la piscine puis à la librairie (?) Puis, je me suis rendue à l?arrêt d?autobus où j?ai rencontré le policier S. B. Nous étions assis côte à côte et nous avons bavardé jusqu?à Eau-Coulée. Là, en descendant du bus, je me suis rendue chez mon grand-père.»

Le père de l?adolescente est un policier alors affecté à la Special Supporting Unit. Le même jour, lorsqu?il interroge sa fille elle avoue avoir eu des relations sexuelles avec le constable de la SMF, qu?elle connaissait depuis quelque temps. Ils se trouvaient alors, dit-elle, dans l?inspector?s mess situé dans les locaux de la Warrior?s Retreat. Le père en parle dans une déposition à la police mais dit cependant ne pas vouloir aller de l?avant, «dans l?intérêt de ma famille et de ma fille». Il précise, en effet, ne pas croire à la thèse du viol. Il estime que sa fille s?est simplement laissée duper par le constable.

Treize ans plus tard, Marie devenue une adulte de 26 ans demande à voir un policier. Elle se trouve alors à la Family Protection Unit. Elle allègue avoir été violée en 1989. «Je me souviens être passée près des locaux de la SMF en sortant de la librairie de la police, en mai 1999. J?ai alors eu besoin d?aller aux toilettes. J?ai demandé la permission au soldat Sateedanand Beeharry, que je connaissais, d?utiliser celles de l?inspector?s mess et il a accepté. Je connaissais bien cet endroit. J?avais l?habitude d?y jouer car j?étais encore enfant.»

?EMBRASSEE DE FOR

En sortant des toilettes, le constable lui aurait dit qu?ils devaient quitter le mess car les inspecteurs allaient venir déjeuner. Ils se seraient alors rendus dans la chambre d?à côté. «Je suis entrée dans la chambre et 15 minutes après, il m?a apporté un jus et a verrouillé la porte. Il m?a serrée très fort, puis m?a embrassée de force. Il a enlevé mes vêtements et m?a poussée sur le lit. Il m?a violée. Je portais mon maillot de bain. Puis nous nous sommes rhabillés et il m?a accompagnée jusqu?à Eau-Coulée où je suis partie voir mon grand-père. J?avais tellement peur à la vue du sang que je suis restée chez lui. Puis ma mère est venue me chercher.»

Dans leur jugement, les magistrats Prithiviraj Feckna et Jane Ng Wong Hin ont pris en considération les points suivants : la présumée victime n?avait pas porté plainte pour viol en 1989, le père avait mentionné que sa fille avait eu des «relations sexuelles» et non subi un «viol» et qu?il avait demandé qu?il n?y ait pas de poursuites, l?absence de rapport médico-légal attestant la thèse du viol et le fait que le médecin légiste ayant examiné la victime ait quitté la force policière.

«After considering all these elements, we are satisfied that the administration of justice will be brought in disrepute among right thinking people should this court allow proceedings to continue against accused. This is a fit and proper case for this court to stay proceedings» concluent les magistrats. L?officier Beeharry était défendu par Me Yatin Varma.

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