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La grande désillusion

2 décembre 2004, 20:00

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A l?approche des fêtes de fin d?année, le chômeur remue ciel et terre pour décrocher un travail, même à temps partiel. Les sans- emploi de Bel-Ombre ont cru trouver leur salut avec l?ouverture de cinq hôtels dans la localité, mais beaucoup de jeunes broient toujours du noir.

?Il y a trois hôtels qui sont déjà opérationnels. J?ai rempli un formulaire avant leur entrée en opération pour un poste de baby-sitter dans le mini-club. J?habite à Bel-Ombre mais je n?ai pas eu un travail malgré mon expérience?, déclare Vanessa. Elle a travaillé dans ce domaine à l?hôtel Indian Resorts à temps partiel.

Depuis quelques semaines, elle est sans emploi et a cru en son étoile quand les hôtels ont ouvert leurs portes. C?est toujours la même rengaine, dit-elle, quand elle va chercher un emploi. ?Les responsables nous disent qu?il n?y a pas de postes vacants et ils nous demandent de remplir un formulaire. Ils disent qu?ils nous appelleront plus tard, mais l?attente est longue. Elle affirme que des personnes n?habitant pas la localité ont décroché un emploi entre-temps?

Si quelques uns des demandeurs d?emploi ont déjà un travail, d?autres ont suivi des cours de six mois à l?école hôtelière dans l?unique but de décrocher un emploi dans un des hôtels de Bel-Ombre. Ces cours avaient été financés par l?International fund for agricultural development. Lors de la remise de certificats en mars en présence des députés de la circonscription et le ministre des Droits de la femme, Ariane Navare-Marie, les 29 jeunes ne cachaient pas leur impatience. Toutefois, neuf mois ont passé et c?est la désillusion. Peu d?entre eux ont décroché un emploi.

Samantha a suivi des cours en house-keeping et avait beaucoup d?espoir. ?Lors des différentes réunions avec les habitants, les promoteurs avaient promis que les habitants auraient priorité pour un emploi. Je me voyais déjà dans un hôtel, mais malheureusement la réalité est tout autre. Je suis découragée?. Elle travaille temporairement comme jardinière sur le terrain de golf de la propriété de Bel-Ombre. ?Je plante de l?herbe malgré ma formation, mais quand le terrain sera prêt, je me retrouverai au chômage.?

Les cours de six mois semblent ne servir à rien, ajoute Davina. Elle a essayé de se faire embaucher dans des hôtels de Bel-Ombre et de Le Morne, en vain. Un des responsables d?un hôtel lui a dit que le cours de cuisine de six mois est insuffisant. ?Il m?a dit qu?il me fallait suivre un cours de deux ans et que je dois avoir la form V. Alors je me demande pourquoi nous avons dépensé notre argent pour acheter nos uniformes? ? se demande-t-elle. Shirley dit être dans la même situation que les autres personnes qui sont au chômage malgré son expérience. Elle a travaillé à l?hôtel Maritim et Touessrok comme baby-sitter. Pour ces jeunes filles, les hôtels ont employé des personnes n?habitant pas dans la région.

Antonio Louis, travailleur social de Bel-Ombre, confirme les dires des filles. ?J?ai cherché des explications aux bureaux des ressources humaines de ces hôtels, mais ils ont évité la question. Les habitants de Bel-Ombre et de St-Martin sont peu nombreux dans ces hôtels. Il n?y a quelques uns qui travaillent sur le terrain de golf de la propriété de Bel-Ombre?.

De son côté, Daniel Thomas directeur des ressources humaines de Bel-Ombre, affirme que la propriété a donné priorité aux habitants de l?endroit. ?Selon mes calculs, 80 % des employés du Golf Club sont des habitants de la région?.

D?autre part, Dominique Bauda, directeur des ressources humaines de l?hôtel Voile d?Or affirme qu?environ 10% du personnel est de la région. ?Nous avons fait beaucoup d?interviews et nous avons donné du travail aux habitants selon leur compétence. Les gens continuent de nous téléphoner et nous leur accordons un rendez-vous. Mais c?est dommage que beaucoup ne viennen pas pour l?entretien?.

Le bureau de communication de Heritage Golf & Spa resort affirme que le recrutement a commencé depuis six mois et qu?une centaine d?affiches ont été placardés dans les villages voisins de cet hôtel. De plus, ajoute-t-il, le recrutement s?est effectué avec le bureau des ressources humaines de la propriété de Bel-Ombre pour donner de l?emploi aux jeunes et aussi pour intégrer certains anciens employés de l?usine au personnel de l?hôtel.

Selon le bureau de communication, l?hôtel a reçu plus de 800 candidatures et il a privilégié le recrutement dans la région du Sud. Selon les chiffres dont il dispose 25% du personnel, soit 312 personnes habitent dans la périphérie des villages de Baie-du-Cap et de Surinam et 40 % sont des habitants de la partie sud du pays. Le personnel passera bientôt à 350.

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