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Les 100 ans de l?hôpital Brown-Sequard

2 décembre 2004, 00:00

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L?hôpital psychiatrique de Beau-Bassin célèbre son centenaire, en 1979. Les festivités commencent par un Bring and Buy. Il y a aussi un concert de variétés donné par le Pop Group de la force policière, une Sales Exhibition des travaux réalisés par les patients, un concours de radio-crochet organisé à leur intention, un forum sur la santé mentale, une prière inter-religieuse, la finale d?un tournoi de football inter-hôpitaux. La presse ne précise pas si les sélectionnés sont patients ou hospitaliers, soignés ou soigneurs ou les deux à la fois. Le 11 décembre 1879, les aliénés, soignés à Grande-Rivière-Nord-Ouest, sont envoyés dans le nouvel hôpital de Beau-Bassin, appelé Asile Barkly. Ils sont au nombre de 300. Ils sont 900 en 1979, soit un patient pour mille habitants. L?admission à Brown-Sequard est encore régie, en 1979, par une loi datant de? 1858. Si la loi est bonne, faut être fou pour vouloir l?amender. En 1957, le Dr Edouard Brunel donne le nom de Brown-Sequard à l?hôpital psychiatrique afin de rendre hommage à l?éminent neurologue mauricien. La célébration est toutefois attristée par le décès du Dr Brunel, le 30 novembre 1979. Il succède, en 1947, au Dr Dyson comme surintendant, après avoir été longtemps son assistant.

Il y a des fous partout et même à l?asile, disait l?ami de Sir Seewosagur Ramgoolam, George Bernard Shaw. Progressiste, collaborateur anonyme de l?express, le démontre par l?absurde. Il commente la déclaration du Parti travailliste (PTr), à la date du 22 novembre1979, selon laquelle ?le capitalisme doit périr pour que survive Maurice?. Ce parti aurait tort de s?inquiéter outre mesure : le fléau capitaliste est en voie d?éradication à Maurice. Progressiste en veut pour preuve la Bourse moribonde que la prochaine taxe sur les transferts boursiers tuera pour de bon. La malveillante industrie sucrière est dûment sanctionnée, notamment par une taxe de sortie de 24 %, imposée bon an mal an. Toute nouvelle bouffée d?oxygène n?a qu?à être baptisée ?windfall gain? pour que l?ogre fiscal invente les surcharges qu?il faut imposer pour l?anéantir. Le thé et la pêche sont d?affreux projets capitalistes, heureusement étouffés dans l??uf. L?hôtellerie se met-elle à parler de dividendes que le gouvernement mauricien (GM) lui impose aussitôt les taxes qu?il faut pour les ramener au rouge. Les old friends de Londres sont venus bien à propos réduire de 50 % nos exportations de pulls au pays du shetland. Cela apprendra à notre zone franche de faire preuve de vitalité insolente et de santé florissante déplacée. Le GM fourbit toujours son arsenal anti-profits : augmentations salariales avec effet rétroactif, multiplication des jours fériés et autres congés de maladie, de paternité, de pratiques religieuses, de time-off, amendement de l?Industrial Relations Act. Bref, ce qu?il faut pour effaroucher les étrangers qui, le croit le GM, ne peuvent investir qu?à Maurice. Le mot d?ordre demeure : interdiction de faire des profits ni de créer des emplois, perpétuant ainsi l?exploitation de l?homme par l?homme.

Progressiste reproche toutefois au PTr son lyrisme à saluer l?ouverture d?une succursale bancaire dans un village de l?Est. Il ne comprend pas comment certains fonctionnaires d?un GM fabianiste sont autorisés à faire de la promotion touristique ou industrielle, au lieu de traquer les derniers capitalistes sévissant encore à Maurice.

L?opposition se veut plus progressiste que ce collaborateur de l?express. Satyanand Peerthum raconte avec lyrisme le syndicalisme militant entre 1970-79, syndicalisme ayant échappé de justesse, en août/septembre 1979, à un coup fourré capitaliste, fomenté avec la complicité du tandem Boolell/Y. Mohamed. Il dénonce ceux qui, à l?instar de Jugdambi, prônaient en août 1968, une coalition PTr/PMSD. Il regrette que de 1938 à 1968, il n?y ait pas eu une seule grève politique à Maurice.

Lolo Bibi profite de cet engouement anticapitaliste pour rappeler les heures de gloire du trotskisme, cette philosophie anti-bureaucrate au sein des partis progressistes. Trotski est l?adversaire de tout centralisme exagéré de la part du comité central des partis totalitaires. La bureaucratisation empêche de rendre le pouvoir aux travailleurs. Seule compte la lutte trotskiste pour empêcher la dictature d?un homme, celle d?un moustachu comme Staline, sur un parti et sur les masses. Il préconise donc le droit aux tendances et la révolution permanente. En 1979, le capitalisme domine le marché mondial et polarise bourgeoisie et classe ouvrière pour les opposer irréductiblement. Les trotskistes n?ont d?autre but que la progression de la lutte révolutionnaire. La construction de la direction révolutionnaire pour le mouvement ouvrier est une tâche capitale pour éradiquer le capitalisme.

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