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L’usager satisfait de la distribution d’eau
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L’usager satisfait de la distribution d’eau
Neuf Comoriens sur dix disposent officiellement d’un accès satisfaisant à l’eau. Plusieurs millions d’euros devraient prochainement être investis pour réhabiliter les infrastructures du réseau de distribution, par le biais d’organismes financiers étrangers. La société nationale chargée de la gestion de l’eau, quant à elle, regrette que la moitié de l’eau consommée à Moroni ne soit toujours pas payée. Les autorités comoriennes considèrent que leurs administrés jouissent d’un accès à l’eau potable plutôt satisfaisant. Tel est le constat de l’agence AngolaPress, qui met en avant les statistiques officielles assurant que 91 % des Comoriens disposent en effet de l’eau distribuée soit par un réseau d’adduction d’eau, soit par des citernes collectant les eaux de pluies.
“Dans ce contexte, les dirigeants comoriens estiment que les objectifs du Millénaire relatifs à l’accès à l’eau potable sont presque atteints. Aussi la stratégie adoptée consiste-t-elle à maintenir le niveau actuel d’accès à l’eau jusqu’en 2015, en empêchant notamment que l’explosion démographique ne fasse fondre cet acquis”, remarque AngolaPress.
La Mamwe, organisme chargé de gérer la distribution d’eau aux Comores, axe aujourd’hui son travail sur la qualité de l’eau des citernes, trop souvent encore à l’origine de diarrhées, de vecteur du paludisme ou bien encore de la dengue. Pas moins des deux tiers de l’eau consommée sur l’île de la Grande Comore est en effet puisée dans ces bacs destinés à recueillir l’eau de pluie.
Dans cette île qui s’avère la plus peuplée et la plus grande de l’archipel, seules les villes de Moroni et quelques cités telles que Foumbouni ou Mitsoudje disposent d’un réseau d’adduction d’eau puisée dans les nappes souterraines. En milieu rural, la citerne reste l’unique moyen de stocker l’eau. Sur les deux autres îles de la République des Comores, Anjouan et Mohéli, les nappes d’eau souterraines, fortement confrontées à la déforestation, s’amenuisent.
Soutien de la Banque mondiale et de la diaspora
“L’essentiel des investissements a été réalisé en milieu rural au cours de la Décennie de l’eau, permettant d’apporter une croissance notable de 63 % contre seulement 10 % en milieu urbain à l’accès à l’eau dans le pays, souligne l’agence AngolaPress. Ces dernières années, il a été fait souvent appel au Fonds d’Appui de Développement Communautaire (FADC) alimenté par la Banque mondiale, pour réaliser plusieurs petites adductions en milieu rural”. Le ministère de l’Equipement des Comores prévoit de lancer prochainement un vaste projet de réhabilitation des infrastructures d’alimentation en eau dans les grandes villes du pays. La Banque mondiale devrait contribuer à hauteur de 5,6 millions d’euros aux travaux, soit l’équivalent de 2, 8 milliards de francs comoriens.
“Ce projet bénéficie également du soutien de l’Union européenne qui aidera à mettre en place des structures communautaires de gestion”, précise AngolaPress. “Un autre projet d’hydraulique aux Comores, pour lequel l’on attend le financement de la banque islamique, à hauteur de 6,1 millions de dollars, permettrait de réaliser de nouvelles installations dans les îles”.
La diaspora comorienne est également mise à contribution, à travers sa Coordination des associations de la diaspora : Diascom, selon AngolaPress, planche sur différents projets ruraux susceptibles d’être, par la suite, financés par des Comoriens installés en France. Une délégation conjointe de la DIASCOM et de l’ONG française Hydraulique Sans Frontières a, par exemple, conduit récemment des prospections dans les régions de Mboude, de Mitsamiouli, du Hamahamet et du Oichili.
Sur l’île de la Grande Comore, en milieu rural, chaque foyer est équipé d’un réservoir destiné à recueillir les eaux de pluie.
La Société nationale d’eau et d’électricité des Comores (Mamwe) éprouve de grosses difficultés à se faire payer ses factures dans la capitale comorienne. Non seulement le prix facturé n’a quasiment pas augmenté depuis de nombreuses années, mais une très grande partie de l’eau consommée n’est tout simplement pas payée.
Mabadi Boinali, le chef du service Eau au ministère de tutelle, regrette ainsi que l’accès aux bornes fontaines soit encore gratuit à Moroni, malgré la volonté affichée par le gouvernement dans les années 90 de faire payer l’usager. “La population a été si scandalisée qu’aucun ministre par la suite n’en a plus jamais reparlé, souligne AngolaPress. Officiellement, cette consommation est facturée au ministère des Finances au même titre que l’éclairage public. Mais ce ministère n`a pas versé un seul centime depuis des lustres”.
Cette situation empêche non seulement la Mamwe d’assurer pleinement l’entretien des bornes fontaines, mais aussi d’honorer dans des délais raisonnables les demandes de raccordement au réseau qui sont déposées par les particuliers. “Aucune société ne peut fonctionner si elle perd la moitié de sa production”, confie ainsi Mabadi Boinali.
Le Quotidien
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