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Les “air fresheners”, source de cancers et d’allergies

2 décembre 2004, 00:00

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Certains désodorisants d’intérieur, mieux connus à Maurice sous l’appellation anglaise air freshener, et certains bâtons d’encens sont potentiellement dangereux pour la santé. Ils peuvent être cancérigènes ou allergisants. En Europe, les résultats de tests effectués par l’Union fédérale des consommateurs (UFC-Que Choisir) sur 35 désodorisants d’intérieur sont alarmants.

Un grand nombre de désodorisants d’intérieur testés, parmi les plus connus, chargent l’air ambiant de substances chimiques dangereuses à des niveaux incroyablement élevés. C’est ce qu’affirme l’UFC-Que Choisir, en France. Mis en présence de cette information, par le biais de la lettre hebdomadaire de l’association et par une journaliste de la presse écrite, l’ICP a interpellé les autorités locales sur la question.

Les substances incriminées sont soit classées “cancérigène certain” comme le benzène ou le formaldéhyde, ou “cancérigène possible” comme le toluène ou le naphtalène, “allergènes” comme le limonène, ou “perturbateurs endocriniens” comme les phtalates.

Quant à la concentration de ces substances dans l’air intérieur, elle dépasse souvent tous les seuils recommandés par les organismes de santé publique français ou internationaux.

Certains bâtons d’encens émettent par exemple 221 µg/m3 (microgrammes par mètre cube d’air) de benzène (soit 110 fois plus que le seuil recommandé), 1251 µg/m3 de phtalates et 69 µg/m3 de formaldéhyde (pour un seuil recommandé par l’OMS de 10µg/m3) ! Un vaporisateur très connu charge l’air de 4 655 µg/m3 de composés organiques volatils (COV) parmi lesquels des allergènes et des perturbateurs endocriniens alors qu’au-delà de 200 µg/m3, l’air ambiant n’est plus considéré comme sain par l’Agence de Protection de l’environnement américaine (EPA).

Par ailleurs, en ce qui concerne les effets à court ou moyen termes, une étude britannique publiée en octobre 2003 par une équipe de l’Université de Bristol, montre que l’impact des désodorisants sur la santé est réel : environ 14 000 femmes ont été suivies pendant plus d’un an, soit 6 mois avant et six mois après la naissance de leur enfant.

Des conséquences à long terme

Chez les mamans, les maux de tête sont associés de façon significative avec l’usage de désodorisants et de parfums d’ambiance. Chez les bébés, les troubles de santé associés sont les diarrhées et les maux d’oreille.

Une enquête de l’ICP a révélé la présence, sous forme de vaporisateurs et de solide, une vingtaine de marques sur le marché local. Deux des marques incriminées sont vendues dans les supermarchés. S’il est possible que les fabricants n’ajoutent pas de substances dangereuses dans leurs produits, il y a toutefois, selon l’UFC-Que Choisir trois explications quant à la présence des substances chimiques mises à l’index. Elles sont présentes dans un ingrédient de la formulation du produit, peut-être à l’insu du fabricant ; ce sont des produits issus de la réaction entre les différents composants du désodorisant lors de l’utilisation (lors de la combustion par exemple) ; ou ce sont des résidus issus du processus de fabrication.

Bien qu’il soit, en général, bien difficile d’imputer à l’utilisation d’un produit en particulier l’apparition d’une maladie, il faut reconnaître que le consommateur est exposé à de multiples sources de pollution chimique.

De plus, les substances cancérigènes identifiées dans les émanations des produits testés provoquent des conséquences à long terme. L’ICP a demandé aux ministères de l’Environnement et du Commerce de faire tester les émanations des air fresheners. En attendant les résultats, l’ICP déconseille formellement aux consommateurs l’usage de ces produits et appelle à la vigilance.

L’association en appelle à la responsabilité des revendeurs : il leur appartient de ne pas proposer à la vente des produits dont ils ne peuvent plus ignorer les dangers. De plus, l’ICP demande aux autorités d’interdire dans tous les lieux publics tous les désodorisants et parfums d’ambiance qui émettent des substances classées cancérigènes et allergisantes.

En attendant une réglementation que nous jugeons indispensable, l’ICP demande que soient indiqués de manière très lisible les risques liés à leur utilisation. Une inscription clairement visible avec la mention : “peut provoquer le cancer” ou selon les cas : “peut provoquer des allergies” soit apposée sur les rayons des points de vente, ainsi que la mise en place d’une réglementation interdisant la mise sur le marché de produits manifestement néfastes pour la santé.

Pour ce qui est des bâtons d’encens, nous n’en avons pu encore en retracer sur le marché.

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