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Ces artisans qui exportent…

1 décembre 2004, 00:00

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La foire de l’artisanat organisée, pendant une semaine, par la National Handicraft Promotion Agency (NHPA) sur le Waterfront de Port-Louis, s’est achevée hier. Si les trente exposants ont pu en profiter pour faire de bonnes affaires, quelques-uns ont surtout tiré profit de cette excellente vitrine pour établir des contacts avec des clients étrangers. Avec comme point de mire le marché de l’exportation.

Car l’artisanat mauricien, longtemps amorphe, semble avoir trouvé sa voie. Quelques artisans, devenus de vrais entrepreneurs, réussissent depuis quelques années à percer, principalement sur le marché européen et français en particulier.

C’est le cas de Sima Toolsee, jeune femme dynamique, qui exporte des jouets en chiffon vers le marché européen depuis quatre ans. Pendant toute la durée de l’exposition au Waterfront, la jeune femme était omniprésente. Elle connaît l’importance d’un tel événement pour se faire des contacts. “Il y a quatre ans, j’exposais au Craft Market du Caudan, lorsqu’un client français m’a approchée. Depuis, je lui fournis mes poupées”, raconte Sima Toolsee. Jaya Craft, sa petite entreprise emploie désormais 12 personnes, des femmes au foyer qui arrondissent ainsi leurs fins de mois.

Rythme de croisière</B>

Comme sa collègue Sima Toolsee, Jocelyne Laurent est elle aussi très sensible à une bonne promotion des produits. Elle est à la tête d’Eugénie Food Products, une petite entreprise qui monte rapidement. Et qui s’exporte, elle aussi. Jocelyne Laurent revient d’ailleurs du Salon International de l’Artisanat qui s’est tenu du 17 au 21 octobre, à Paris. Infatigable, elle poursuit ses efforts de promotion et a tenu à être présente à la foire du Waterfront.

C’était la première expérience d’Eugénie Food Products sur le marché international. La petite entreprise s’est spécialisée dans la confection d’achards et de confitures (produits naturels et sans agent conservateur). Une activité artisanale qui a atteint aujourd’hui un rythme de croisière impressionnant : 500 points de vente (dont de nombreux hôtels et grandes surfaces) à Maurice et bientôt un client à l’étranger.

Entreprise familiale, Eugénie Food Products emploie dix personnes dans son atelier de Bambous. “À l’exportation, il nous faut trouver des niches dans des pays comme la France mais aussi la Suisse ou le Canada, où les habitants sont très friands de produits exotiques, naturels et nouveaux”, précise Jocelyne Laurent.

<B>Aide à la formation</B>

Corine Victor est une autre exposante de la foire de la NHPA qui a déjà un pied dans le marché international. Avec La Midinette elle fabrique des poupées en chiffon (indiennes et ségatières). Sa petite entreprise de Trou-d’Eau-Douce, qui emploie cinq personnes, existe depuis 17 ans. Pendant toutes ces années, Corine Victor s’est taillé une bonne réputation sur le marché local. Elle fournit de nombreuses boutiques d’hôtels mais rêve aussi d’exportation. Depuis 2003, elle a réussi à effectuer une percée en France avec une première commande de 1 000 poupées, effectuée par un commerçant qui était en vacances à Maurice.

Corine Victor attend de pied ferme une deuxième commande pour 2005. “ Aujourd’hui, j’évalue le progrès accompli par le fait que ce sont les gens qui viennent vers moi pour passer les commandes, au lieu du contraire”, explique-t-elle avec satisfaction.

Si la foire du Waterfront a tourné les projecteurs vers les produits d’artisanat mauriciens, ce sont surtout les mesures introduites par les autorités qui leur donnent aujourd’hui un bon coup de pouce. C’est en tout cas le sentiment partagé par les différents exposants, surtout ceux et celles qui font des efforts à l’exportation.

Au niveau de la NHPA, un programme d’aide à la formation et à la promotion a été mis sur pied. En janvier prochain, l’organisme participera, pour la première fois depuis 2000, avec cinq artisans mauriciens, au salon Maisons et Objets de Villepinte, à Paris. Quelque 65 000 professionnels y sont attendus. La retombée principale de ce salon devrait être l’ouverture, pour les artisans mauriciens, du marché de l’exportation. Mais pour la NHPA, il est important de mettre l’accent sur la formation afin de donner aux artisans mauriciens “ le petit plus qui fera la différence”. “ Nous exhortons les artisans à mettre l’accent sur la finition et l’emballage de leurs produits”, insiste-t-on à la NHPA.

L’organisme croit fermement au potentiel mauricien, longtemps ignoré. “ Les artisans malgaches sont réputés mais ils sont moins bien outillés que les nôtres. Aujourd’hui c’est la finition qui fait la différence dans le produit mauricien”, estime-t-on à la NHPA.

Pour Sima Toolsee, le potentiel de l’artisanat mauricien ne fait pas de doute. “ Des artisans mauriciens ont vraiment du talent. Mais il faudrait qu’ils bénéficient de plus de protection sur le marché.”

De son côté, Jocelyne Laurent vise l’accréditation HACCP (normes d’hygiènes internationales), d’ici l’année prochaine. Très soigneuse en ce qui concerne le choix des produits, elle n’hésitera pas à investir pour se mettre aux normes internationales. Libéralisme oblige. Et lorsque le talent est enrichi d’une bonne dose de professionnalisme, le produit mauricien peut, à son tour, profiter de l’ouverture des marchés.

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