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«Il n?y a pas que de la souffrance avec le sida»
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«Il n?y a pas que de la souffrance avec le sida»
● Qu?est-ce qui vous a poussé à faire le dépistage ?
J?étais malade. J?avais de la fièvre, la diarrhée, des mycoses. J?ai fait plusieurs tests pour savoir ce quej?avais. En dernier lieu, j?ai fait celui du sida. Et c?est là que j?ai appris que j?avais cette maladie.
● Quelle a été votre réaction à l?annonce de votre séropositivité ?
Je voulais me suicider. Il y avait le sentiment de rejet. J?étais au plus bas moralement. J?avais le sentiment d?avoir gâché ma vie.
● Ce sentiment a duré longtemps ?
Non. Au bout de deux jours, j?ai réagi. Je me suis plus renfermé sur moi-même. Je voulais vivre. Je ne me suis pas laissé aller. Je l?ai annoncé à ma famille. Je devais leur dire. Il ne pouvait pas en être autrement pour moi.
● Quelle a été leur réaction ?
Si je suis encore là aujourd?hui c?est parce que ma famille m?a soutenu dès le départ. Elle ne m?a jamais rejeté. Ma mère ne m?a jamais laissé tomber. Leur attitude a été formidable.
● Comment cela s?est passé avec vos collègues et amis ?
Je leur ai parlés franchement.
Je n?ai pas essayé de cacher ma maladie. Cette franchise a été bénéfique, en général les gens, mes amis et mes collègues l?ont bien pris.
● Comment vit-on avec le sida ?
Je le vis bien parce que je m?accepte comme je suis. Quand l?acceptation est faite, on s?en sort. Parfois, il y a des moments difficiles. Je me sens parfois très fatigué. Les effets secondaires des antirétroviraux sont parfois durs à supporter. Mais il n?y a pas que de la souffrance avec le sida. A P.I.L.S je rencontre des gens formidables et c?est vraiment réconfortant. Ils m?apportent beaucoup de bonheur.
● Avez-vous quelqu?un dans votre vie ?
Je vis avec Stéphanie depuis quatre ans. Stéphanie est avec moi dans mon combat. Elle m?a toujours soutenue dans l?épreuve. Elle est exceptionnelle. Au départ on était juste des amis. Quand elle a appris ma séropositivité, elle s?est plus rapprochée de moi. C?est alors qu?on a décidé de vivre ensemble.
● Est-il difficile d?avoir une vie sexuelle en sachant que vous êtes porteur du virus ?
Avec Stéphanie on prend toutes les précautions qui s?imposent. On fait très attention. Je ne veux pas la contaminer. Notre vie de couple se passe bien. Mais je pense au sida. Même si ce mot n?est jamais employé dans nos conversations.
● Si on vous donne la possibilité de revenir en arrière, changeriez-vous quelque chose dans votre vie ?
Si je pouvais retourner dans le passé, je serai plus responsable. Il y a des choses que je ne ferai pas comme avoir des relations sexuelles non protégées.
● Croyez-vous en Dieu ?
Je sais que Dieu existe.
● Si vous pouvez demander quelque chose à Dieu, quelle serait-elle ?
Je demanderai à Dieu de nous donner un vaccin tout de suite. C?est tout ce que je demande.
Stéphanie : «Je ne vois pas le sida, je vois Dhiren»
Stéphanie, la compagne de Dhiren, n?a pas mis longtemps avant de prendre la décision de vivre avec lui. Cela s?est passé comme pour les autres couples. Ils se sont rencontrés, se sont aimés et ont décidé d?emprunter la même route.
«Cela n?a pas été difficile pour moi de prendre la décision de vivre avec Dhiren. Bien sûr, j?ai pensé au sida. Mais quand on est bien informé, on sait à quoi s?attendre. Je n?éprouve pas de peur morbide du sida. Je ne vois plus le virus, je vois seulement Dhiren. Je sais que le virus est là, qu?il faut prendre des précautions, mais la maladie ne nous pourrit pas la vie,» explique Stéphanie.
La jeune femme explique que le risque zéro n?existe pas, mais qu?il faut toujours se protéger. Et comment envisage-t-elle son futur aux côtés de Dhiren.«On a des projets comme tous les couples. J?espère avoir des enfants avec Dhiren. On s?est renseigné auprès d?un médecin à
La Réunion qui peut faire une insémination artificielle qui sera sans risque pour moi et l?enfant. Mais nous ne sommes pas pressés. Nous allons y réfléchir et voir tout ce que cela implique,» confie Stéphanie.
Leur vie est heureuse, même si par moments ils connaissent des moments difficiles surtout quand Dhiren ne se sent pas trop bien. «Au début de notre relation, il était très malade. Mais maintenant cela se passe beaucoup mieux grâce aux antirétroviraux. Malheureusement ils ont des effets secondaires. Parfois il est malade. Mais on sait qu?il doit suivre ce traitement quotidiennement. Sa vie en dépend. Il y a des gens qui vivent longtemps avec le sida, si la maladie est contrôlée. Je garde espoir. Je suis heureuse avec Dhiren. Je ne pense même plus au sida.»
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