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?La femme est plus vulnérable à la contraction de ce virus?

27 novembre 2004, 00:00

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Les femmes représentent-elles une population plus à risque face au sida ? Ont-elles les bonnes informations sur ce fléau ?

Il faut garder à l?esprit que la femme est plus vulnérable à la contraction de ce virus de par sa physiologie. Selon, l?Onusida, il est 2 à 4 fois plus probable pour un homme séropositif de transmettre le virus du VIH à une femme pendant l?acte sexuel que vice versa car le virus est plus concentré dans le sperme que les sécrétions vaginales. La femme a, d?autre part, une surface muqueuse plus étendue et donc plus exposée au virus pendant l?acte sexuel vaginal. Les jeunes filles sont aussi vulnérables pendant l?acte sexuel du fait que leur col de l?utérus est plus fragile et a moins des sécrétions vaginales. D?ailleurs, on note une très grande précocité dans les relations sexuelles parmi les jeunes filles à Maurice. Autre vulnérabilité des femmes : leur situation sociale et économique. Moins elles sont indépendantes financièrement et plus elles sont dépendantes de leurs conjoints volages ou toxicomanes et n?arrivent pas à résister aux brimades et d?autres violences et abus sexuels de leurs conjoints. La situation se corse si elles contractent le virus au cours de leur maternité. Leurs enfants courent le risque de naître avec ce virus.

Une femme est à la fois mère et épouse. Comment réagit -elle face à la maladie ?

La réaction de la femme après avoir été informée de sa maladie, ressemble à un coup de massue d?autant plus qu?elle est femme, donc épouse et mère, vivant dans une société qui a point de considération pour les femmes toxicomanes ou prostituées. La souffrance est plus intense, elle passe par les phases suivantes : choc, colère, déni, dépression, découragement. L?acceptation viendra très tard. De plus, si elle est mère, elle aura à faire beaucoup d?ajustements dans sa vie pour vivre avec ce lourd fardeau.

Connaît-on le nombre de Mauriciennes touchées par le virus du sida ?

On dénombre 230 femmes qui vivent actuellement avec le virus à Maurice de 1987 à septembre 2004. Ce chiffre est banal si on garde en tête le nombre des prostituées (6400) à Maurice sans oublier 18,000 toxicomanes au pays qui s?injectent de la drogue (Source : Rapid Situation Assessment). Plus de trois-quarts des 18,000 toxicomanes vivent avec une femme soit en concubinage ou sous autre forme de relation de couple. Ici, les femmes qui ont contracté ce virus l?ont eu surtout par le biais de leur partenaire.

Sida et toxicomanie : n?est-ce pas une liaison dangereuse ?

Le sida ne fait aucune discrimination. Il est évident cependant que certains segments de la population sont plus à risques que d?autres. Ces personnes à risque sont en autres les toxicomanes qui s?injectent la drogue par voie intraveineuse et les travailleurs du sexe. Le Rapid Situation Assessment and Response commandité par l?Etat mauricien au début de cette année (pour lequel j?étais un des enquêteurs) a clairement démontré que l?île Maurice dénombre 6400 travailleurs du sexe dont 2500 sont en dessous de 18 ans. La quasi-totalité de ces femmes sont, de plus, des toxicomanes avérées et n?utilisent jamais des préservatifs au cours de l?acte sexuel avec leurs clients ou leurs partenaires réguliers.

La situation s?est beaucoup aggravée depuis 2002 du fait que parmi les nouveaux cas détectés ayant le virus du VIH, on constate que le vecteur de transmission s?est fait maintenant plus par voie intraveineuse. Pendant l?année 2002, 51% des nouveaux cas séropositifs l?ont contracté par voie intraveineuse. Pour l?année dernière, le chiffre est passé à 86%. On dénombre 334 nouveaux cas des séropositifs pour les neuf premiers mois de cette année ( source Aids Unit) et 87% de ces derniers l?ont eu par voie intraveineuse. Des recherches effectuées à travers le monde ont clairement démontré qu?une fois ce virus pénètre dans la population des toxicomanes, il se répand dans la communauté à vitesse grand V. Les toxicomanes vivent presque tous avec une femme donc, il y a transmission rapide à leur conjoint et éventuellement au bébé dans l?éventualité qu?il ait conception. On dénombre 21 séropositifs au Centre Goomany incluant une femme et 19 vivent avec une partenaire. Notre centre distribue gratuitement des préservatifs aux toxicos suivant notre programme.

Quels seront les principaux axes de votre conférence ? Quel est le public ciblé ?

La conférence qui aura lieu ce samedi fait suite à une campagne intensive que le centre a commencée depuis le début de cette année parmi les habitants de Plaine Verte et à Vallée Pitot. Le groupe de cible de la conférence seront les femmes de la région de Plaine Verte et Vallée Pitot plus les épouses de toxicomanes suivant un traitement au centre. La conférence traitera de la biologie de la maladie en axant sur la vulnérabilité des femmes, la prévalence du phénomène. Sont aussi prévus les témoignages de trois séropositifs incluant l?épouse d?un séropositif. La conférence se terminera avec un sketch sur le sida monté par les jeunes animatrices du centre.

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