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Un visionnaire nommé P.I.L.S
Faible à ses débuts, P.I.L.S est aujourd?hui une association qui prend force tant en son propre sein que dans les instances nationales et internationales. A un groupe de bénévoles, sont venus s?ajouter les quelque six salariés de l?association qui lutte contre le sida. Aujourd?hui P.I.L.S est organisée, structurée et déterminée.
Bien plus qu?une association, P.I.L.S est une véritable famille. Ses membres sont de véritables amis, se soutiennent, se serrent les coudes. Les jeudis, c?est le déjeuner familial à l?association. P.I.L.S a été capable d'anticiper. 150 à 200 volontaires réguliers viennent leur prêter main forte. Les Mauriciens sont conscients du danger. P.I.L.S est soutenue aujourd'hui par plusieurs organisations et plusieurs sponsors proposent leur aide.
«Lorsqu?on a commencé, les gens nous pointaient du doigt. On était la bête noire. Mais aujourd?hui, les choses ont beaucoup changé même s?il reste encore beaucoup à faire. Le feed-back est excellent. On peut désormais aller dans certains collèges et leur parler du sida, les informer. A nos débuts on était en conflit avec l?Etat, aujourd?hui on est des partenaires du gouvernement,» explique Nicolas Ritter.
L?association savait que comme partout ailleurs dans le monde, la situation n?irait pas en s?améliorant. L?épidémie s?aggrave. Le sida tue. Le rapport 2004 de l?Onusida fait un état des lieux inquiétant. L?épidémie progresse.
ECOUTE ET SOUTIEN
L?Onusida évalue à plus de trois millions le nombre de morts cette année et à près de cinq millions le chiffre des nouvelles contaminations. Le nombre total de personnes vivant avec le virus du VIH a grimpé en 2004 pour atteindre le plus haut niveau jamais enregistré. On estime que 39,4 millions de personnes vivent avec le virus. En raison de l?aggravation de l?épidémie, P.I.L.S a toujours mis l?accent dès ses débuts sur l?information et la communication.
«Tout le monde peut être touché par la maladie. Mais nous allons quand même vers ceux qui sont les plus vulnérables et qui sont plus à risque. Le problème des usagés de la drogue est énorme. Si rien n?est fait à l?heure actuelle, dans quelques années, on ne s?en sortira pas, » ajoute Nicolas Ritter. P.I.L.S depuis tout temps a eu pour objectif d?écouter, de responsabiliser et d?informer. La personne qui apprend qu?elle est séropositive est désorientée. Elle perd ses repères. Elle a besoin d?être accompagnée. Le soutien psychologique est primordial.
«Le mot d?ordre est l?écoute. C?est pour cette raison que nous avons professionnalisé ce service. Les gens de l?association sont formés pour soutenir et apporter une oreille attentive sans porter de jugement. Et si c?est nécessaire, la personne peut bénéficier de l?aide d?un psychologue. Quand le moral est bon et que le soutien est là, alors on peut faire face à tout,» souligne Nicolas Ritter.
Pour la journée mondiale du sida, P.I.L.S a fait venir deux Indiennes pour qu?elles témoignent de leur expérience afin de briser les tabous qui existent encore autour de la maladie spécialement chez les femmes. Elles participeront aux causeries et forums organisés par l?association.
Cependant, P.I.L.S est consciente qu?après huit d?ans d?existence, elle ne peut plus faire avec les moyens de bord. Pour continuer à être efficace dans l?avenir et pour relever les défis futurs, il faut professionnaliser l?association. P.I.L.S voit loin. La formation du personnel va se poursuivre et des formateurs étrangers partageront leur expérience avec P.I.L.S.
A part l?écoute, P.I.L.S apporte une aide concrète. Les personnes infectées sont suivies et dirigées vers la Aids Unit. «Prendre les antirétroviraux est dur. Ils sont mille fois plus violents que le panadol. On essaye tant bien que mal d?apprendre aux séropositifs comment gérer les effets secondaires,» ajoute Nicolas Ritter.
P.I.L.S confirme que le bilan est positif, le but est atteint. Les gens sont en général conscients de la maladie. Les Mauriciens font plus attention. Lors des différentes campagnes de prévention et d?information, P.I.L.S a reçu un bon accueil auprès des Mauriciens.
Composez le 800-5001, un numéro gratuit pour obtenir des conseils et des informations sur la maladie. Ce numéro fonctionne du lundi au vendredi de 18 heures à 20 heures. Le numéro de P.I.L.S est le 210-70-47.
CHIFFRES INQUIÉTANTS À MAURICE
Depuis le premier cas de sida recensé en 1987, la Aids Unit a enregistré depuis 1032 séropositifs. De janvier à septembre 2004 : 334 cas de séropositivité ont été enregistrés, soit 290 contaminations pour les hommes et 36 pour les femmes. Sur les 334 nouveaux enregistrés en 2004, 87% sont dus à une contamination par voie intraveineuse. Sur les 1032 contaminations, 695 sont, des hommes et 230 femmes, dont 107 étrangers.
1983 : découverte du VIH/sida Depuis sa découverte en 1983 par l'équipe du professeur Montagnier, des scientifiques du monde entier se sont penchés sur le virus du sida.
1987 : le premier antirétroviral Le VIH est un microbe très particulier : il s'agit d'un rétrovirus. C'est-à-dire que son matériel génétique est sous une forme d'ARN, une molécule proche du fameux ADN qui contient le patrimoine des cellules humaines.
1996 : l'arrivée des trithérapies A mesure que l'histoire naturelle du virus dans l'organisme était dévoilée, d'autres moyens de lutte apparaissaient. Le traitement s'est orienté vers les trithérapies.
2003 : Vaccin : l'espoir déçu L'année 2003 a tristement marqué la recherche d'un vaccin contre le sida. Les résultats de l'étude la plus aboutie menée en Ouganda ont été négatifs.
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