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Bel élan de solidarité avec les femmes battues

26 novembre 2004, 00:00

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Amnesty Maurice a choisi de célébrer la Journée internationale contre la violence envers les femmes de façon originale. Cette O.N.G. a proposé aux Mauriciens d?apposer une empreinte de leur main sur une banderole, en témoignage de solidarité envers les victimes de violence conjugale.

Amnesty s?était installée, hier, au jardin de la Compagnie. Pendant une demi-journée, elle s?est évertuée à conscientiser le public à ce crime qu?est la violence conjugale, ceci dans le cadre de la campagne Donn to koud main aret violans kont fam.

Elle a invité le public a apposer son empreinte sur une banderole, avec de la peinture à l?eau. Cette initiative a permis de recueillir, à ce jour, quelque 2 000 empreintes, dont la plupart obtenues lors d?une précédente journée de conscientisation à l?université de Maurice.

?On a parfois l?impression de s?adresser à un mur?, affirme sans hésiter Rada Tirvassen, universitaire et membre d?Amnesty. Car si un nombre important de passants se sont laissé convaincre pour apposer leur empreinte, bien d?autres ne s?arrêtaient pas, visiblement indifférents, voire provocants.

Engagement des artistes

A l?instar de ce citoyen, peu sensible à la cause des femmes battues : ?Que faites-vous de la violence contre les hommes ? Il y a des maris battus, des vieux maltraités?, s?est-il contenté de demander.

?Il y a donc un gros travail à abattre?, reconnaît Rada Tirvassen. Un travail auquel s?attelle avec détermination Amnesty. ?Ça prend du temps, mais nous essayons de toucher le maximum de personnes?, insiste Mélanie Vigier de la Tour. Cette jeune activiste d?Amnesty évoque la violence physique, mais également psychologique, un aspect souvent méconnu de la violence conjugale. ?Il y a beaucoup de souffrance qui se vit en silence. Il est important de ne pas subir.?

Sa collègue, Shakti Callikan, insiste sur l?importance du symbolisme derrière le geste d?apposer son empreinte contre la violence envers les femmes. ?Même si cela reste un geste, il a au moins le mérite d?engager la personne qui le fait?, précise Mlle Callikan. Un engagement contre cette violence conjugale, préoccupation que la campagne d?Amnesty veut susciter chez tous les Mauriciens.

En tout cas, des artistes se sont engagés, eux, lors de cette manifestation : Henri Favory, Edwin Marie, Nirveda Alleck, le groupe Evasyon, ainsi que de jeunes ?slameurs? ont participé en créant une ?uvre live.

D?autres également, des élus, comme Motee Ramdass, le chanteur Menwar, des cadres, des fonctionnaires, des jeunes et des moins jeunes, ont également apposé leurs mains peintes sur les banderoles, hier au Jardin de la Compagnie. Un premier geste synonyme d?engagement dans la longue lutte contre la violence conjugale.

Un partenariat contre la violence envers la femme

Il y a une escalade de violence à l?égard des femmes dans le monde comme à Maurice. Le nombre croissant de cas rapportés au ministère de la Femme et à la police en témoigne. Mais il est évident que le ministère de la Femme n?en viendra pas à bout seul, tant en termes de réponse aux besoins des survivantes que de thérapie aux agresseurs. D?où la nécessité d?une étroite collaboration regroupant toutes les parties travaillant sur le sujet.

Hier matin, un protocole de partenariat contre la violence envers la femme a été signé entre le ministère concerné et divers organismes : la police, les prisons, les ministères de l?Education, de la Santé, de la Sécurité sociale, la Prévention, information et lutte contre le sida (PILS), la Media Watch Organisation, SOS Femmes, et le Mauritius Council for Social Service.

Si le ministère de la Femme a pris des initiatives pour sensibiliser les intervenants se trouvant en première ligne, notamment les médecins, il a des sujets d?inquiétude par rapport à la police. ?Il y a l?infraction aux injonctions, l?arrêt du paiement de la pension alimentaire ou l?abandon familial. Et je fais un appel à la police pour qu?elle adopte une approche globale à ce propos. Le message est clair : la violence domestique est un crime, et ceux qui infligent un mauvais traitement doivent être arrêtés quand cela s?avère nécessaire?, a déclaré Ravi Yerrigadoo, ministre des Sports qui agit en suppléant au ministère de la Femme, en l?absence d?Arianne Navarre-Marie. Cette dernière assiste au sommet de la francophonie à Ouagadougou, au Burkina Fasso.

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