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Les écoles des ZEP prennent timidement des couleurs

26 novembre 2004, 00:00

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L?espoir, même s?il est encore très timide, commence à naître chez certains enfants et parents. Un an et demi après le lancement officiel des Zones d?éducation prioritaires (ZEP), touchant 30 écoles primaires, le projet est enfin entièrement opérationnel et porte ses fruits. C?est du moins ce qu?affirment parents, enseignants et maîtres d?école. Hier, les partenaires du projet se sont retrouvés à l?auditorium Octave Wiehé, à Réduit pour parler des ZEP.

?Le démarrage a été lent. Au départ, j?étais très critique, mais aujourd?hui je constate que grâce aux efforts de tous, les mentalités commencent à changer. Le fort taux d?absentéisme, grand problème des écoles ZEP, diminue drastiquement?, affirme Abdool Raffick Koremtallee, maître d?école à la Révérend Espitalier-Noël Government School située à Cité Mangalkhan, Floréal. Le constat est le même dans les autres établissements.

Combat contre l?échec scolaire

Autour de la majorité des écoles ZEP, la communauté commence à s?organiser pour combattre l?échec scolaire.

C?est le cas à l?école du gouvernement de Cité Vallijee, où un carnet de liaison a été introduit. Ce petit livret agit comme véritable lien entre l?enseignant et les parents. ?Souvent, les parents travaillent jusqu?à tard et n?ont pas le temps de suivre la scolarité de leur enfant. Ce carnet permet à l?enseignant de passer le message aux parents si l?enfant à des problèmes en classe?, explique un des parents de cette école.

A l?école H. Ramnarain de Terre- Rouge, des parents volontaires ont dressé une liste des enfants souvent absents des classes pour des raisons financières. Ils ont été aidés par le médiateur parental de l?établissement, Jasmine Azimekhan. Des problèmes précis ont été identifiés et soumis au Trust Fund for the Social Integration of Vulnerable Groups, venu à la rescousse. Le système est en place depuis trois mois et un net recul de l?absentéisme a été noté.

A l?école Nuckchady à Trèfles, Rose-Hill, un projet d?activités pédagogiques a été mis sur pied durant les vacances scolaires. Au lieu d?être livrés à eux-mêmes alors que les parents travaillent, les enfants se rendent à l?école durant la journée.

Pour combattre le fort taux d?échec de ces écoles, le projet ZEP ambitionne de centrer ces établissements autour de la communauté. ?Il faut casser la muraille entre l?école et son environnement?, déclare Steven Obeegadoo, ministre de l?Education.

Au niveau des structures, l?énorme retard accumulé par le ministère de l?Education a enfin été comblé. Plusieurs professionnels viennent d?être nommés à des postes-clés. Pour différentes raisons, le projet a véritablement commencé à vivre depuis août. Avant cela, les ZEP se résumaient à un programme de distribution de nourriture et au rehaussement esthétique de quelques écoles.

?Tout ne changera pas en un seul jour. Il n?y aura pas de miracles. Nous avançons petit pas par petit pas. L?important est que des parents ont retrouvé espoir grâce aux ZEP?, explique le coordinateur du projet, Eshan Abdool Rahman.

Désormais, dans la grande majorité des 30 établissements ZEP, la synergie écoliers-enseignants-parents-organisations non gouvernementales (ONG)-secteur privé fonctionne.

L?équipe de médiateurs parentaux, liens entre les parents et l?école, est en place. De cinq personnes, l?équipe est passée à une dizaine. Ces médiateurs font partie de la School Development Unit. Cette unité, composée de parents, ONG, travailleurs sociaux et secteur privé, gère l?école et élabore une stratégie adaptée à l?établissement. Les officiers de liaison ? pont entre l?école et le ministère ? chargés notamment de surveiller le taux d?absentéisme, opèrent également depuis le début du dernier trimestre. Les clusters, qui regroupent des écoles en vue d?échanges d?expérience, ont été mis sur pied.

Le programme de santé, qui sert à détecter les problèmes sanitaires des écoliers dès le plus jeune âge et d?assurer leur suivi, a également été mis en pratique il y a quelques semaines.

Le dernier ajout au projet permet un suivi personnel des cas difficiles. Depuis fin septembre, des enseignants en charge de la remedial education (éducation corrective) suivent individuellement les enfants à problèmes, détectent leurs difficultés et organisent des classes de rattrapage.

?Sur le terrain, nous constatons qu?il y a eu une prise de conscience collective. Tout le projet est en place et rapportera ses fruits?, soutient Yudesh Panday, le gestionnaire du projet.

Les résultats concrets ne viendront probablement pas avant quelques années. L?objectif ultime du projet est en effet d?améliorer le taux de réussite moyen au Certificate of Primary Education de ces écoles, qui est actuellement inférieur à 40 %. Or, cela ne se fera pas en un an.

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