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Un gros acheteur américain de vêtements se désintéresse
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Un gros acheteur américain de vêtements se désintéresse
Mauvaise nouvelle pour l?industrie du textile-habillement. Eddie Bauer, un des plus importants acheteurs américains, ferme son bureau d?achats à Maurice. La décision a été prise suite à la réduction drastique du volume de commandes passées aux entreprises locales. Les exportations de vêtements de Maurice vers les Etats-Unis sont d?ailleurs en déclin.
C?est en décembre que la chaîne de magasins Eddie Bauer - 425 magasins aux Etats-Unis - fermera son bureau à Rose-Hill. Si les difficultés propres à la compagnie expliquent en partie cette décision, celle-ci s?inscrit également dans le contexte plus général de la compétition accrue dans l?industrie textile au niveau mondial. Eddie Bauer s?approvisionne ailleurs et elle a de plus en plus de mal à trouver des produits compétitifs à Maurice, explique le directeur du bureau, Patrice Bodenand.
?Nous ne passons plus suffisamment de commandes à Maurice et dans la région pour justifier notre présence sur place. Il fut un temps où on achetait jusqu?à pour $ 50 millions de vêtements de Maurice. Nous n?en achetons plus que pour $ 7 millions?, déclare Patrice Bodenand.
Changement de politique
La compétition au niveau des prix d?autres pays producteurs couplée à l?abolition des quotas en janvier 2005 sont parmi les facteurs expliquant cette baisse des commandes à Maurice. ?Nous changeons de politique d?approvisionnement. Nous ne pouvons plus avoir un grand nombre de fournisseurs. Avec l?abolition des quotas, Eddie Bauer regarde de plus en plus vers la Chine et d?autres pays. Dans cette logique, nous allons fermer d?autres bureaux dans d?autres pays aussi?, poursuit Patrice Bodenand.
Eddie Bauer n?est pas le seul acheteur qui compte réduire ses sources d?approvisionnement avec l?abolition des quotas. Wal-Mart, le géant américain avec 5 000 magasins dans dix pays à travers le monde, annonce qu?il réduira drastiquement le nombre de ses sources d?approvisionnement : de 63 actuellement, il n?en restera que 5 dans un proche avenir.
C?est ce genre de positionnement stratégique des grands acheteurs mondiaux qui fait dire aux spécialistes que l?abolition des quotas entraînera, à terme, la réduction du nombre de pays producteurs de textile à une poignée seulement. Le départ d?Eddie Bauer de Maurice est en tout cas un mauvais signal.
Néanmoins, on peut aussi relativiser l?importance de ce départ. Eddie Bauer a été placé sous administration judiciaire aux Etats-Unis depuis mars 2003 à la suite de difficultés financières. Même s?il est à nouveau rentable, le fait est que, dans cette crise, il a fermé une centaine de magasins aux Etats-Unis. Il a donc besoin de moins de vêtements pour ses magasins restants, d?où la chute dans ses commandes globalement.
Mais, comme l?explique Patrice Bodenand, cette contraction de l?activité implique des choix. Eddie Bauer a dû hiérarchiser les fournisseurs et sources d?approvisionnement avec lesquels il continuera à travailler. Et il se trouve que Maurice ne figure pas en tête de liste. ?Nous avons eu des choix à faire et ces choix sont basés sur des critères tels que le prix et les délais de livraison. L?aspect du service ne vient qu?après. Maurice a toujours été bien notée au niveau des services, mais aujourd?hui cela ne suffit plus?, déclare Patrice Bodenand. En d?autres mots, le service est un plus mais pas à n?importe quel prix.
Deux fournisseurs Maintenus
La consolation est qu?Eddie Bauer continuera à passer quelques commandes auprès d?entreprises mauriciennes telles qu?Aquarelle et Kentex. ?Aquarelle est performante car elle produit son propre tissu?, commente le chef du bureau de la compagnie américaine.
Finalement, la baisse des exportations de Maurice vers les Etats-Unis n?est peut-être pas uniquement attribuable au départ des entreprises hongkongaises de textile. Novel, qui a fermé ses portes, était un des fournisseurs d?Eddie Bauer mais Sinotex et Kentex sont toujours en opération.
La réduction des commandes d?Eddie Bauer est due aux prix qui ne sont plus compétitifs, explique Patrice Bodenand. ?Même avec la dérogation obtenue sous l?African Growth and Opportunity Act, la Chine et le Vietnam sont plus compétitifs. Même en payant 17% de taxes?, déclare notre interlocuteur. ?Il ne faut pas généraliser. Ce n?est pas vrai pour toutes les catégories de vêtements?, nuance un industriel local.
?Notre quartier général à Seattle a été mis au courant de la dérogation obtenue mais elle a maintenu sa décision de fermer le bureau de Maurice. La décision avait été prise une semaine avant et l?obtention de la dérogation n?y a rien changé?, ajoute Patrice Bodenand.
Le ministre des Affaires étrangères et du Commerce international, Jayen Cuttaree, déclarait mercredi qu?il était confiant que la dérogation sous le third country fabric allait relancer les exportations vers les Etats-Unis. Croisons les doigts?
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