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L?« Emmanuel Anquetil » : un danger ?

14 novembre 2004, 00:00

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Mercredi 29 septembre. Une journée de travail comme une autre pour les fonctionnaires du ministère du Plan. Soudain, un petit grésillement se fait entendre dans un des bureaux du neuvième étage de l?immeuble Emmanuel Anquetil, Port Louis. Un des fils électriques sur le plancher est en train de faire des étincelles. La petite flamme progresse rapidement, suivant le fil? en allumant d?autres au passage !

C?est la panique. Et on peut comprendre ce sentiment chez les occupants quand on sait que l?Emmanuel Anquetil est nettement en deçà des normes de sécurité requises. Fort heureusement, le début d?in-cendie est rapidement circonscrit, et les fonctionnaires concernés rentrent chez eux.

Des manquements qui sautent aux yeux

Mais l?incident est loin d?être clos. Il remet sur le tapis toute la question de sécurité à l?intérieur de l?immeuble Emmanuel Anquetil. Non seulement pour les fonctionnaires qui y travaillent, mais aussi pour l?usager qui est amené à s?y rendre pour affaires. Certains manquements à la sécurité sautent aux yeux. L?escalier de secours se trouve à l?intérieur du bâtiment alors qu?en règle générale, il est censé être dehors. Ces escaliers débouchent dans le bureau de poste qui se trouve dans les locaux du Trust Fund for the Integration of Vulnerable Groups.

L?immeuble couvre dix étages. Le sol est recouvert de moquette, susceptible de dégager des fumées toxiques en cas d?incendie. Comme le fait ressortir Rashid Imrith, président du syndicat des administratifs de la fonction publique, en cas d?incendie, les occupants risquent de mourir asphyxiés par des émanations toxiques avant même d?être atteints par le feu !

L?Emmanuel Anquetil date de 1979. Il a été conçu pour accueillir 300 occupants. Mais il y a quatre fois plus de gens qui y travaillent aujourd?hui. De plus, un bon millier de personnes viendraient chaque jour dans l?immeuble pour leurs transactions. Les ministères de la Santé et de la Jeunesse s?y trouvent, de même que d?autres services : l?État Civil, la poste?

On peut imaginer l?impact sur le réseau électrique et celui du téléphone. Les bureaux se sont subdivisés pour accueillir un nombre accru de fonctionnaires. Des prises téléphoniques et électriques supplémentaires ont été installées au fur et à mesure. Résultat, les pannes sont fréquentes. Il semblerait également que la corrosion attaque les câbles placés dans les soubassements.

L?été ravive un autre cauchemar des occupants. La climatisation centrale date de Mathusalem. De fait, au fur et à mesure qu?on grimpe les paliers vers le dixième étage, la température monte. C?est exactement comme s?il n?y avait aucune climatisation. Il faut ajouter à cela, que le bâtiment est construit de manière à retenir la chaleur à l?intérieur. « Il n?y a qu?à voir ses fenêtres », confie Imrith. Ses collègues postés dans ce bâtiment ne cessent de se plaindre de la chaleur incommodante.

Le gouvernement avait fini par accepter de faire installer des climatiseurs individuels. Mais le temps entre la prise de décision et l?exécution semble s?étendre ad infinitum. Certains départements ont déjà commencé à se doter de tels appareils, ce qui soulève un autre problème : celui de la capacité en termes de fourniture électrique.

Les fonctionnaires pensent qu?il serait plus indiqué d?installer le condensateur hors du sous-sol pour en optimiser l?efficacité. L?hôtel du gouvernement, confronté au même problème, a transféré le sien dans le parking.

Débourser Rs 45 millions pour la sécurité

À la suite d?un début d?incendie, l?Union of Government Economists a sollicité l?attention urgente du Financial Secretary face au problème de sécurité au bâtiment Emmanuel Anquetil. La Fédération des syndicats du service civil a écrit au Premier ministre Paul Bérenger, pour solliciter une réunion de travail à ce sujet. Elle relève qu?en ne faisant rien, le gouvernement reste dans l?illégalité par rapport à la responsabilité de l?employeur d?assurer la sécurité du lieu de travail. Il viole également les conventions internationales qui y sont relatives, et auxquelles Maurice a adhéré.

Le gouvernement vient d?estimer le coût des travaux pour assurer la sécurité de l?immeuble Emmanuel Anquetil : Rs 45 millions. L?État dit avoir du mal à trouver cette somme. Qui a dit que la vie d?homme n?a pas de prix ?

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