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Franc succès pour l?école Paul & Virginie
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Franc succès pour l?école Paul & Virginie
Une poignée d?expatriés ont bousculé l?ordre établi. En 2001, pour éviter à leurs petits de se taper deux heures de bus par jour, ils décident tout simplement de créer une école primaire française près de chez eux, à Tamarin. Pour Mannuelle Attias et Vincent Lagarde, les deux pionniers de l?école Paul & Virginie, il s?agit de passer d?un simple constat à une démarche d?entreprise ; une attitude naturelle pour ces habitués du business qui se sont rencontrés au cours d?une plongée. Elle est une pro de la finance et de l?informatique. Il est le patron de Natec Medical, une entreprise qui fabrique du matériel cardiologique.
Le Business Plan est monté en deux coups de cuiller à pot. Ce sont les démarches qui seront fastidieuses, entre 2001 et 2003. Finalement, l?école, dont les locaux accueillent déjà 82 élèves depuis septembre, a été inaugurée vendredi dernier par les officiels mauriciens et français.
Le projet est soutenu dès le départ par Patrick Ferrat, représentant de l?Union des Français de l?étranger. Il leur présente Marie-Claude Soymier, directrice du lycée des Mascareignes, qui les encourage à son tour, d?autant qu?une véritable saturation se fait sentir dans les écoles françaises. Au niveau de l?ambassade, l?accueil est aussi chaleureux, et du côté du lycée La Bourdonnais, l?appui sera total de la part de la famille De Chazal. Quant au marché, il est évalué dès le départ à 200 enfants. Reste à trouver le terrain, l?architecte, le financement, à construire puis à recruter. Il faut aussi obtenir l?homologation.
Le tandem Attias-Lagarde est en mission. Il contacte d?abord Médine, puis, en 2001, rencontre les Jubhoo, notamment Ezra et Kian, dont les terres sont idéalement placées. Bingo ! Cette famille est à ce moment précis dans une logique de développement à Tamarin. Ils proposent non seulement la location, pour un prix symbolique, de quatre arpents, mais aussi de financer une bonne partie du projet. Les entrepreneurs savent qu?ils ont gagné. Entre-temps, Robert Ferrat les a rejoints comme actionnaire et spécialiste du droit. Les tracasseries administratives vont leur coûter quelques sueurs froides, bien qu?il s?agisse d?une compagnie à but non lucratif, mais passons? Il faut construire !
<B>Nombreux sont les sceptiques</B>
Le choix de l?architecte n?est pas dû au hasard. Yan Rey a déjà une solide expérience des écoles : au lycée des Mascareignes, à l?École du Nord et à l?étranger. L?objectif principal est de créer un établissement moderne adapté à Maurice et répondant aux critères de l?Éducation nationale française. Une première présentation est organisée en 2002 devant un parterre de parents curieux. Tous sont impressionnés par la qualité et l?ambition du projet, mais nombreux sont les sceptiques. Pourtant, en quelques mois, avant même la construction, le succès est tel que l?école va devoir refuser du monde.
Le temps d?obtenir les autorisations, une école provisoire est ouverte sur le terrain de Didier de Senneville, à la sortie de Rivière-Noire. Les premières classes démarrent avec 35 élèves en septembre 2002, dans ce qui ressemble à une école buissonnière. En mai 2003, les locaux de Tamarin sont terminés et livrés. La rentrée 2003-2004 sera la bonne pour quatre classes et cinq niveaux d?études. Douze employés travaillent désormais à plein temps dans l?établissement, dont Madame la directrice, Janine Guiliani, une professionnelle aguerrie qui sait faire respecter l?ordre et la discipline. Membre de l?association A.G.I.R abcd, cette « super instit » à la retraite travaille bénévolement pour des écoles françaises à l?étranger. Après Beyrouth, Johannesburg et Dubaï, elle apporte 30 ans d?expérience à l?école Paul & Virginie.
Moderne et classique, l?établissement possède six salles de classes, dont une pour l?informatique, un vaste préau, une cantine servant des plats chauds et un bâtiment administratif. La synergie avec le centre sportif mitoyen, Riverland, permet aux plus grands de suivre gratuitement des cours de natation. L?école a été inspectée avec succès par les autorités mauriciennes et françaises et elle est en cours d?homologation. Le Sénat français a d?ailleurs gratifié l?école d?un don de 16 000 euros et lors de sa visite, le sénateur Guery l?aurait qualifié de « plus belle école française à l?étranger ». Il faut dire que la première étape a coûté Rs 15 millions?
L?établissement est néanmoins victime de son succès. Construit à l?origine par des expatriés pour leurs enfants, les responsables se voient aujourd?hui refuser l?accès à de nombreux parents. Des réservations ont même déjà été faites pour la rentrée 2008. D?ici 2006, six nouvelles salles de classe, une bibliothèque et un bâtiment administratif verront le jour. En 2009, l?étape finale sera atteinte avec six autres classes qui alimenteront ensuite les établissements secondaires français de l?île? Quand à la devise de l?école, elle est trop longue pour figurer ici. Il faudra revoir la copie !
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