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Bush au profit de Kerry
Des centaines d?Américains d?origine arabe avaient dansé et fait la fête à Dearborn, une banlieue de Detroit, après la chute de Bagdad en avril 2003, pour remercier chaleureusement George Bush. Une enquête montre cependant que durant la présente campagne, John Kerry a caracolé en tête chez les Américains d?origine arabe dans quatre Etats indécis, dont précisément le Michigan.
?Le boucher (Saddam Hussein) est parti mais le bain de sang continue?, déclare l?imam chiite Husham Al-Husainy, qui a fui l?Irak en 1979 et s?est installé à Dearborn, où vivent un grand nombre des quelque 235 000 Arabes américains de l?Etat du Michigan.
?Le président Bush a fait du bon boulot pour éliminer ce cancer?, explique Husainy, qui avait dirigé un rassemblement d?une centaine de personnes en faveur de l?invasion lorsque Bush s?était rendu en visite à Dearborn en 2002.
?Mais pour ce qui est de la remise sur pied de l?Irak, il n?a pas fait du bon boulot. L?Irak est encore comme un malade contaminé dans une salle d?urgence?, ajoute l?imam.
Mécontents de la situation actuelle en Irak, les 1,1 million d?Arabes américains vivant dans les quatre Etats hésitants que sont le Michigan, l?Ohio, la Floride et la Pennsylvanie, penchent plutôt du côté de Kerry, selon l?institut de sondage Zogby International.
Dans un sondage réalisé dans ces quatre Etats après la Convention républicaine de New York (soit à un moment où Bush, au plan fédéral, devançait sensiblement Kerry), 47% des électeurs américains d?origine arabe disaient préférer Kerry, contre 31,5% Bush. Neuf pour cent leur préféraient Ralph Nader, candidat indépendant d?origine libanaise, et 12% se déclaraient indécis.
Par comparaison, en 2000, Bush avait obtenu le soutien de 45,5% des Américains d?origine arabe, contre 38% seulement pour le candidat démocrate Al Gore et 13,5% pour Nader, selon les données de Zogby.
?L?Irak, avant tout, est perçu comme une terrible erreur?, analyse le sondeur John Zogby.
Bush a même perdu le soutien des groupes les plus importants composant la population américaine d?origine arabe: les catholiques et ceux qui sont nés aux Etats-Unis, selon le même sondage Zogby.
Politique de Bush critiquée
Sam Ajami, musulman qui a émigré aux Etats-Unis voici 35 ans en provenance du Liban, est propriétaire d?un restaurant de Dearborn. Il a voté républicain lors des trois dernières présidentielles mais cette fois-ci, il ne cache pas qu?il choisira Kerry et les démocrates.
?La politique (étrangère) de Bush ne marche pas. Vous ne pouvez pas vous comporter comme une brute entêtée?, estime-t-il.
?Et aujourd?hui, nous sommes dans l?impasse. Il faudra peut-être 30 ans pour en sortir. Ce n?est pas une chose que l?on peut faire d?un jour à l?autre, ou en un an, pas plus qu?en deux ou trois ans?, conclut-il.
La communauté arabe américaine ne cache pas non plus son mécontentement envers le rôle de Washington depuis 2001 dans le conflit israélo-palestinien, ainsi que face au ?Patriot Act?, loi adoptée juste après les attentats du 11 septembre 2001 pour permettre aux services de maintien de l?ordre et aux services secrets d?oeuvrer avec plus d?efficacité.
?Le président a parlé d?un Etat palestinien indépendant, mais rien n?a été fait de ce côté-là?, explique l?imam Mohammad Ali Elahi, qui a quitté l?Iran en 1990 et dirige les prières à la ?Maison de la sagesse islamique?, sur les hauteurs de Dearborn. C?est l?une des 25 mosquées de l?agglomération de Detroit, et, durant le mois du ramadan, on peut y voir un bon millier de fidèles s?y réunir.
Sur le plan intérieur, les Arabes ne se sentent pas toujours à l?aise depuis les attentats du 11 septembre. Le mois dernier, un tribunal de Detroit a invalidé les condamnations de deux hommes originaires du Proche-Orient, les autorités ayant récusé leur propre témoin et reconnu avoir commis des erreurs de procédures à l?encontre des accusés. L?année dernière, l?Attorney General (ministre de la Justice) John Ashcroft avait salué leurs condamnations.
Ces acquittements ne sont pas les premiers de ce genre à concerner des Arabes américains. Toutefois, déplore un Arabe américain du nom d?Hassan Hakim, ?lorsqu?un acquittement est prononcé, cela figure dans les journaux à des bouts de pages que personne ne lit. Tout cela finit par créer, dans la société, un sentiment d?hostilité envers les musulmans et les Arabes.?
DANS UNE DIFFUSION VIDEO
Ben Laden menace les Etats-Unis de nouveaux attentats
George Bush et John Kerry se sont tous les deux engagés à traquer Oussama ben Laden après que ce dernier se fut invité dans la campagne à la faveur d?une vidéo dans laquelle il a menacé les Etats-Unis de nouveaux attentats. La diffusion de la vidéo de ben Laden est quant à elle venue interrompre une campagne électorale où les deux principaux candidats sont donnés au coude à coude.
?Les Américains ne se laisseront ni intimider ni influencer par un ennemi de notre pays?, a déclaré le président, en campagne dans l?Ohio, Etat clé de la course à la Maison-Blanche, tout en promettant qu?il gagnerait la ?guerre contre le terrorisme?. De son côté, le sénateur du Massachusetts a dit lors d?un passage en Floride que les Américains étaient ?absolument unis dans notre détermination à traquer et anéantir Oussama ben Laden et les terroristes?. ?Ce sont des barbares et je ne reculerai devant absolument rien pour traquer, capturer ou tuer les terroristes où qu?ils soient, quoi que cela exige. Point à la ligne.? Les questions de la sécurité nationale et de la ?guerre contre le terrorisme? ont été au coeur de la campagne. Mais rien ne permet dans l?immédiat de dire quel sera l?impact de la diffusion de cette cassette.
John Whitesides
Michael Ellis
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