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Démagogie flagrante !
Il est grand temps de dire les choses comme elles sont. L’épineux problème de location des stades perdure et n’en finit pas. La polémique entre le ministère de la Jeunesse et des Sports (MJS) et la Mauritius Football Association (MFA) a pris des proportions des plus odieuses, injustes et regrettables. N’ayons pas peur des mots : ce débat est de la pure démagogie !
Voilà déjà plusieurs semaines que le ton s’est durci entre le MJS et la MFA. La fédération est contrainte de payer pour utiliser les infrastructures de l’Etat qui, soit dit en passant, tombent sous la gestion du Mauritius Sports Council (MSC). Après maintes discussions, consultations et propositions, ils sont finalement revenus à la case départ.
La conclusion primaire de ce litige : le MJS, le MSC et la MFA se battent pour quelques milliers de roupies. Il est alors nécessaire de questionner l’utilité réelle d’une dissension de cette envergure. Légitime pour certains, pour d’autres, ça l’est moins devant l’injustice claire et nette dont est victime la MFA.
En fait, le ministère n’a aucune autre motivation apparente que d’exiger de la fédération le paiement des stades. Ce qui est applicable à la fédération de football ne l’est pas aux autres disciplines. Une politique de deux poids deux mesures... Qu’est-ce qui expliquerait cette partialité ? La question mérite d’être posée. On veut bien comprendre les raisons qui poussent le MJS à exiger de la MFA une somme d’argent dans le cas des stades. Qu’on nous explique alors pourquoi le ministère n’applique pas ces mêmes critères à l’athlétisme, le judo, le badminton, le tennis de table… Et, la liste est non exhaustive
Que le MJS s’évertue à perpétuer une pratique dépassée jadis en vigueur dans le football est absurde. La MFA a toujours payé pour l’utilisation des stades. Et c’était logique puisque 12 000 à 17 000 personnes justifiaient l’appellation du football comme le “sport roi”.
Mais aujourd’hui, le contexte n’est plus le même. Les données ont changé. Il n’y a pas plus de 300 spectateurs lors de chaque journée de championnat de première division. La décision d’enlever l’Entertainment Tax n’est, du reste, pas une coïncidence.
Le MJS a rejeté la proposition farfelue de la MFA de ne lui accorder que 10% sur les profits nets. Que veut en vérité le ministère ? Rs 300 000 pour une saison ou un pourcentage sur les recettes par match. Deux options irréalisables. En effet, la MFA – en dépit d’être l’une des disciplines avec le plus gros budget sans avoir à en rendre compte – ne couvre même pas les frais d’une rencontre !
A bien voir, les dessous de ce litige ne peuvent qu’être d’ordre personnel. Le MJS et la MFA ne sont pas en odeur de sainteté, du moins le MJS et le président de la fédération… Ce n’est un secret pour personne que Vinod Persunoo dérange avec ses méthodes singulières. Toutefois, est-ce une raison pour mettre en péril le football, discipline malade depuis l’instauration de la régionalisation ?
Loin de nous l’idée de défendre Vinod Persunoo mais, pour une fois, l’homme fort de la MFA n’a pas tort de se battre sur ce dossier. Principalement quand on a le sentiment de se voir priver des privilèges accordés aux autres, et quand, de surcroît, Maurice est le seul pays de la région de l’océan Indien à pratiquer cette politique d’infrastructures payantes.
La MFA et le MJS ne sont pas disposés à donner du lest à l’autre. Clash de personnalités, politique à sens unique, le football voudrait bien se voir épargner ce genre d’injustice. Vivement la lumière au bout du tunnel !
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