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Ce Loeb est renversant

19 octobre 2004, 20:00

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A 30 ans, Loeb, ancien gymnaste, est un extraordinaire touche-à-tout. Le souvenir est forcément présent. Dimanche, dans le feu d’un sacre tant attendu, Sébastien Loeb s’est sans nul doute remémoré le final de la dernière saison où, au coude à coude avec Solberg – déjà! – il avait dû mettre un voile sur ses ambitions de minot prêt à décrocher le titre mondial des pilotes dès sa première saison complète pour servir les intérêts de Ciroën au championnat des constructeurs.

Un souvenir comme pour mieux souligner l’incroyable précocité du Français. Non pas tant par son âge qui l’aura fait débarquer sur le championnat du monde à un âge avancé mais bien par son exceptionnelle capacité à jouer d’entrée les premiers rôles.

Une constante d’ailleurs dans le parcours de cet Alsacien découvert en 1998 par Guy Fréquelin, le directeur de Citroën Sport, qui depuis en aura fait son poulain pour le porter jusque sur la plus haute marche. Le grizzly, comme on le surnomme, ancien pilote, avait raté le titre mondial en 1981. Plus de vingt ans plus tard et Loeb a largement dépassé le maître.

Une singulière pirouette pour cet ancien gymnaste dont les premiers faits d’armes ont eu pour cadre le Volant Rallye Jeune dont il sera finaliste en 1995. 1997 marque un tournant avec l’attribution du titre de meilleur espoir Echappement de l’année.

Loeb et son coup de volant tapent déjà dans l’œil. Mais le meilleur est à venir avec en 1998, dans le cadre du Trophée Citroën Saxo Kit-car, une sixième place finale qui annonce alors des lendemains qui chantent.

En 2000, il choisit de s’aligner sur le championnat de France des Rallyes sur terre et devient sans attendre champion de France 2 litres, 2 roues motrices, signant au passage en fin de saison au volant d’un Xsara Kit-Car, qui ne présage pas encore ses exploits au volant de la WRC, une victoire sur le réputé Rallye du Var. Une époque où il effectue également une rencontre décisive avec l’industriel Jean-Pierre Champeau qui tombe sous le charme de ce gosse prêt à tous les sacrifices pour arriver à ses fins.

Sous le parrainage de ce généreux mécène, Loeb se sent pousser des ailes et s’engage, fort d’une Toyota Corolla entre ses mains de magicien au Tour de Corse dont il prend une séduisante 9e place et au San Remo où il décroche un 10e rang qui intrigue...

Le grand saut a lieu en 2001 lorsqu’il profite de sa maturation à l’ombre du giron Citroën pour prendre le statut de pilote officiel de la marque aux chevrons. Au volant d’une Xsara Kit-Car et une chance mondiale sur une Saxo Super 1600, il s’adjuge ni plus ni moins que les deux couronnes tant en championnat de France qu’en championnat du monde Super 1600.

Loeb peut savourer ce sacre qui en appelle forcément d’autres... Fin prêt pour l’intronisation parmi les cadors du WRC, le nouvel espoir tricolore s’engage en 2002 pour un programme mondial réduit. Et son irruption sur les routes mythiques du Monte-Carlo tourne à la démonstration, Loeb est intouchable et s’envole pour sa première apparition à ce niveau vers sa première victoire.

<B>Celui qui ne doute pas</B>

Une première dont il sera privé sur tapis vert. Une première ligne à son palmarès qui s’écrira finalement quelques mois plus tard en Allemagne, à proximité de la frontière et sous les vivats de son clan de supporters qui désormais ne le quittera plus.

La frustration du titre échappé in extremis en 2003 digéré avec l’aisance qui sied à ceux qui ne doutent pas, Sébastien Loeb pouvait fondre sur la consécration méritée. Celle qu’il tenait à partager avec Séverine, celle qui partage sa vie et gère ses relations avec la presse, avec ses parents, avec les hommes de Citroën, Guy Fréquelin en tête, Champeau, le mécène et tous ceux qui, comme il n’a de cesse de le répéter, il aura eu l’immense chance de rencontrer au bon moment. A 30 ans, soit six ans de moins qu’Auriol lors de son sacre, Loeb peut rêver à d’autres exploits. L’aventure ne fait sans doute que débuter...

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