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Hellboy un diable mène l?enquête
Né dans les flammes de l?enfer, le démon Hellboy est transporté sur Terre lors d?une sombre cérémonie célébrée par les Nazis, désireux d?utiliser les forces infernales à des fins de conquête. Sauvé par le docteur Broom, Hellboy est alors élevé pour combattre les forces du Mal. Armé, possédant un bras droit en pierre, il fait équipe avec le télépathe Abe Sapien et Liz Sherman, capable de contrôler le feu...
Hellboy est l?adaptation de la série éponyme de comic-books créée par Mike Mignola en 1994 et publiée chez Dark Horse. Très populaire outre-Atlantique, l?oeuvre se distingue par un graphisme très particulier jouant sur l?ombre et la lumière, et met en scène les aventures d?un super-héros atypique, une créature démoniaque issue des flammes de l?Enfer mais combattant pour le Bien. «Hellboy est un héros de bande dessinée particulier», explique l?auteur. «C?est un type droit. Né des flammes, il est indestructible, tout en étant pourtant innocent et timide. C?est un être paradoxal. Ses origines et ce qu?il veut faire de sa vie sont en opposition complète, maintenus dans un équilibre instable. Issu du Mal, il a choisi d?oeuvrer pour le Bien».
Avec Hellboy, le cinéaste Guillermo Del Toro confirme avec bonheur que la réussite de Blade 2, son précédent film, n?était pas seulement due à une conjonction d?heureux hasards mais correspondait à la démarche personnelle d?un artiste authentique susceptible de rester lui-même tout en jouant le jeu de la culture dominante et juvénile imposé par Hollywood.
Hellboy est d?abord un sympathique et incroyable melting-pot, une marmite en ébullition où se côtoient des références à l?histoire du XXe siècle, l?occultisme, l?imagerie sulpicienne, les récits d?un Lovecraft, les conventions ressuscitées d?un trivial cinéma d?exploitation défunt et la technologie la plus contemporaine via les effets spéciaux numériques.
Le héros du film est une créature hybride, une silhouette physiquement grotesque conjuguant des comportements familiers (il fume le cigare, boit de la bière, boude et maugrée continuellement) avec une apparence fantastique. Il est rouge, dissimule une grande queue derrière son manteau et des embryons de cornes sur le front et déploie une habileté sans pareille pour flinguer les entités carnassières surgies des profondeurs.
Toute l?habileté de Guillermo Del Toro a consisté à donner une relative profondeur à cet improbable héros, à en faire un personnage de cinéma. Mais Hellboy est aussi la rencontre entre la bande dessinée et une forme de romantisme sombre, dénué de pathétique. Cette rencontre, ce métissage, ou plus exactement cette manière d?organiser la résurgence de sensations archaïques, enfouies dans une culture ancienne et noble dont on ressuscite les effets, se perçoit essentiellement dans l?élégance et la beauté plastiques du film. Guillermo Del Toro a la foi. Il croit dans les armes du cinéma, dans la capacité des images à lier poésie des profondeurs et divertissement contemporain, à trouver les racines de celui-ci dans celle-là.
Jean-François RAUGER Le Monde 2004 distribué par The N. Y. Times Syndicate
Film fantastique américain réalisé par Guillermo Del Toro Avec Ron Perlman, John Hurt, Selma Blair Durée : 2 h 2 min
Ron Perlman un acteur de rêve
Durant la pré-production de Hellboy, le réalisateur Guillermo Del Toro et le créateur de la BD Mike Mignola avaient tout deux un acteur en tête pour incarner Hellboy. Souhaitant se réserver mutuellement la surprise, ils décidèrent de se révéler leur idée en même temps. Un seul et même nom jaillit de leur bouche : Ron Perlman. Guillermo Del Toro avait d?ailleurs déclaré qu?il refuserait de faire le film si tout autre acteur était choisi par les producteurs, pour qui le comédien, relativement peu connu du grand public, représentait un risque financier.
Ò? Hellboy, Ron Perlman avait déjà endossé un maquillage sur de nombreux projets, dont La Guerre du feu, Le Nom de la rose, Star Trek : Nemesis ou la série La Belle et la Bête. Pour incarner Hellboy et porter le lourd costume du démon, Ron Perlman dut se soumettre à un entraînement drastique : «Je passais cinq ou six jours par semaine au gymnase. J?ai fait beaucoup de cardio et j?ai développé au maximum ma force et mon endurance».
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