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Abou Zarkaoui le «fantôme» qui hante l?Irak

15 octobre 2004, 20:00

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Il est au c?ur des discussions sur Fallouja, quartier général des moudjahidins sunnites. Il est au c?ur des craintes d?attentats en cette veille de ramadan. Il est au c?ur des affaires de kidnappings et de décapitations, chaque jour plus nombreux.

Invisible, Fadel Nazzal Al-Khalayleh, plus connu sous son nom de guerre d?Al-Zarkaoui, l?islamiste jordanien qui commande le mouvement Tawhid wal Jihad (Unification et guerre sainte), l?ex-combattant d?Al-Qaida qui volerait désormais de ses propres ailes, est partout et nulle part. Il hante l?Irak.

Le premier ministre, Iyad Allaoui, a encore évoqué Abou Moussab Al-Zarkaoui, mercredi 13 octobre, devant le Conseil national, l?Assemblée intérimaire irakienne, réclamant que les moudjahidins de Fallouja livrent le djihadiste et ses compagnons à la justice. A l?heure où des négociations ont lieu entre son gouvernement et des dignitaires de Fallouja pour tenter d?éviter une offensive américano-irakienne qui semble de jour en jour de plus en plus inévitable, M. Allaoui a adressé un ultimatum à la rébellion sunnite.

«Nous avons demandé à Fallouja de livrer Zarkaoui et son groupe. S?ils ne le font pas, il y aura une opération d?envergure. Nous n?aurons pas de clémence», a déclaré Iyad Allaoui, après avoir réaffirmé que «l?option de la force est celle du dernier ressort pour le gouvernement». Il a promis aux parlementaires, sans donner davantage de précisions, de leur montrer des documents et des photographies prouvant «les activités terroristes» à Fallouja.

Tandis que l?armée américaine poursuit ses raids aériens nocturnes contre Fallouja, déclarant viser «un repaire de Zarkaoui et de ses partisans», les dignitaires de la ville rebelle, mandatés par le conseil des moudjahidins, réaffirment invariablement ne pas connaître Al-Zarkaoui. Certains notent que l?islamiste jordanien ne s?est jamais exprimé à visage découvert, et dénoncent «une opération de Washington comparable à celle sur les armes de destruction massive», «un mensonge».

<B> REVENDICATION </B>

«Zarkaoui est un fantôme. Certains prétendent l?avoir déjà rencontré, c?est vrai, mais moi je n?en sais rien. Je ne sais pas s?il est à Fallouja. Zarkaoui, c?est surtout un nom brandi par les services secrets américains et irakiens, affirme le cheikh Tarloub Abdel Karim Al-Alousi, le chef du conseil politique regroupant des chefs de tribu et certains imams, de facto l?aile politique de la guérilla de Fallouja. Les Américains créent un mythe Zarkaoui comme ils ont créé un mythe Saddam Hussein. Peut-être l?ont-ils déjà emprisonné et vont-ils le montrer juste avant l?élection américaine ?»

Tawhid wal Jihad est en tout cas, via Internet, omniprésente. Attentats, kidnappings, exécutions, les communiqués se succèdent. Sa dernière revendication, qui concerne la décapitation de deux hommes présentés comme étant des agents des services de renseignements irakiens, a été publiée mercredi. Une vidéo, selon un rituel devenu traditionnel, montre des hommes masqués tranchant, aux cris d?«Allah est le plus grand !», la tête de leurs victimes avant de la poser sur le dos des cadavres. Avant la décapitation, les «officiers» passent aux aveux et exhibent un badge portant la mention «Renseignements irakiens». L?un affirme avoir été capturé à Bagdad, rue Haïfa, devenue, en septembre, un nouveau bastion de la guérilla sunnite. Puis le bourreau lit la sentence : «Il est honteux que notre nation compte un tel criminel dans ses rangs. Il est nécessaire d?éliminer de tels obstacles pour rendre à la religion son honneur.»

Tawhid wal Jihad a, en revanche, libéré, mercredi, deux Libanais qui travaillaient en Irak pour la société d?import-export Si-Si, après avoir vérifié, selon les ex-otages, que leurs activités concernaient le marché irakien et non la coalition occidentale. Les deux hommes ont affirmé avoir été détenus durant vingt-sept jours à Fallouja. Un autre mouvement djihadiste, l?armée d?Ansar Al-Sunna, a de son côté annoncé, dans un communiqué daté du 11 octobre et découvert mercredi sur Internet, avoir exécuté un interprète kurde irakien de l?armée américaine, membre du Parti démocratique du Kurdistan (PDK).

@ Le monde News Service

Le contact avec les ravisseurs des otages français rétabli

Le message se voulait surtout rassurant. Le premier ministre, Jean-Pierre Raffarin, a indiqué, lors de la rencontre hebdomadaire à Matignon avec les présidents des deux Assemblées, les présidents de groupe et les responsables des partis de la majorité et de l?opposition représentés au Parlement, que le contact avait été rétabli avec les ravisseurs des journalistes français, Georges Malbrunot et Christian Chesnot, et de leur chauffeur syrien.A ses interlocuteurs, M. Raffarin a aussi confié qu?il avait le sentiment que les otages étaient en vie. A la différence de la fois précédente, le chef du gouvernement n?avait pas d?images des otages à présenter. Répondant à une question du premier secrétaire du PS, François Hollande, il a précisé que les revendications des ravisseurs n?avaient pas changé : ils ne réclament toujours pas d?argent, mais demandent que la France réaffirme sa politique en Irak, hostile à l?intervention des Etats-Unis et de leurs alliés. L?hypothèse d?un transport des otages vers la Syrie ne semble plus d?actualité, alors qu?elle avait un moment paru vraisemblable aux diplomates. La direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), les services secrets, l?avait écartée d?emblée.

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