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Respirer en attendant d?avoir un chez-soi
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Respirer en attendant d?avoir un chez-soi
Leur maison est certes petite mais la joie que leur apporte le fait d?y habiter est si grande qu?elle se communique aux autres. C?est ce que l?on éprouve en visitant la maison des Raffaut à la Cité NHDC de Notre-Dame, à Montagne-Longue. Ils y sont arrivés grâce au Relais Espérance. Le point sur cette institution à la veille de la Journée internationale du Refus de la Misère.
«Vous ne savez pas ce que c?est que d?aller mendier une place pour votre famille chez des parents qui vous acceptent en ne manquant jamais de vous rappeler que vous n?êtes pas chez vous mais chez eux.» Drusille Raffaut, elle, le sait. Rentrée de l?usine après avoir fait des heures supplémentaires, elle affiche le sourire malgré le fait qu?elle soit éreintée.
Jusqu?à leur séjour au Relais Espérance à Pointe-aux-Piments, les Raffaut avaient un mal fou à joindre les deux bouts car leurs revenus n?excédaient pas Rs 6 000. Roméo, le mari de Drusille, est vigile et travaille la nuit. Ils ont deux enfants : Sharon et Yannick. Vu le montant élevé des loyers, ils ont longtemps vécu chez des parents. Leur dernière expérience a été pénible.
Un soir, à son retour d?usine, Drusille découvre ses enfants en larmes. «Ils crevaient de chaud car ma belle-s?ur refusait d?ouvrir la fenêtre. Cela a donné lieu à une âpre discussion. J?ai pris les enfants et je suis partie chez ma mère. » Drusille n?est pas au bout de ses peines.
A son réveil, l?aînée exige qu?elle contribue aux dépenses de la maison. «Elle ne m?a pas donné le temps de respirer. J?étais au bout du rouleau. Quand mon mari est rentré, je lui ai dit qu?on devait encore bouger. Mo bolom inn komans plore. Li dir: ?Enn bez sa. Monn travail enn lanuit e mo pena mem enn lakaz pou repoze !? Zame mo pou blie sa ban parol la.»
Par l?intermédiaire de José Allet du Trust Fund for The Integration of Vulnerable Groups, Drusille et les siens sont dirigés vers le Relais Espérance, dont s?occupe le travailleur social Edley Maurer. La propriété comprend quatre appartements de deux chambres à coucher chacun et est dotée d?une salle de réunion abritant une bibliothèque pour enfants et un potager. Elle appartient au diocèse de Port-Louis. Gérée par Caritas île Maurice, elle a été bâtie avec l?argent expédié par la Communauté Emmaüs de l?abbé Pierre sur un terrain offert par la sucrerie de Belle-Vue-Harel. L?Etat a raccordé gratuitement le relais à la fourniture d?eau et d?électricité.
Encadrement et suivi
Ce relais s?adresse à toutes les familles dont les revenus ne dépassent pas Rs 6 000. Un contrat est établi entre eux et Caritas, île Maurice, dans lequel ils prennent l?engagement de travailler et d?épargner pendant deux ans pour avoir leur propre logement. Mais la direction du relais est souple. Si au bout du temps imparti, les familles n?ont toujours pas réussi à verser un dépôt pour un appartement ou une maison, ils bénéficient d?une extension d?hébergement.
Edley Maurer, employé par Caritas île Maurice, et les animateurs oeuvrant bénévolement au relais, leur apprennent à gérer un budget, à avoir une meilleure hygiène de vie et à cohabiter harmonieusement avec leurs voisins. Les enfants doivent obligatoirement être scolarisés. Pour que ces familles n?aient pas à encourir trop de dépenses, il y a un potager dans la cour. Elles sont encouragées à y planter des légumes pour leur consommation personnelle ou pour la vente. Un poulailler abritant 50 pondeuses a aussi été installé dans la cour. Les ?ufs sont mis en vente à un prix inférieur à celui pratiqué sur le marché et, de ce fait, les familles peuvent en acheter.
Cinq familles, y compris les Raffaut, hébergées au Relais pendant près de deux ans, ont réussi à avoir leur maison et sont suivies par les animateurs. Elles s?en tirent plutôt bien. Les Raffaut en sont d?ailleurs à ajouter une autre pièce à leur petite maison. «Le Relais Espérance est toujours dans nos conversations car il nous a permis de souffler pour mieux rebondir dans la vie? ».
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