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Jayen Cuttaree croit en ses chances comme no 1 de l?OMC

15 octobre 2004, 20:00

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«Je pense avoir de bonnes chances». C?est ce qu?a déclaré hier le ministre des Affaires étrangères et du Commerce international, Jayen Cuttaree, concernant la possibilité qu?il soit nommé comme le prochain directeur général de l?Organisation mondiale du commerce (OMC).

Le ministre a lors d?un point de presse annoncé officiellement hier sa candidature au poste de directeur de l?OMC.

Selon lui, ses possibilités d?être choisi sont bonnes car Maurice est un pays en développement. Or il se trouve justement que les pays en développement ont le sentiment que l?OMC est fait pour servir les intérêts des pays développés. Sa nomination à la direction générale du gendarme du commerce mondial devrait contribuer à modifier positivement cette perception.

La semaine prochaine, le Premier ministre, Paul Bérenger, enverra une notification officielle à l?OMC pour l?informer de la candidature de Jayen Cuttaree.

Officiellement, la date de fermeture des dépôts de candidature est la mi-décembre. Selon Jayen Cuttaree, l?OMC ne devrait pas prendre beaucoup de temps pour désigner son prochain directeur général . On devrait être fixé vers mars ou avril 2005, estime-t-il.

Il reste en effet un peu plus d?un an pour compléter le round de Doha avant la prochaine réunion ministérielle en décembre 2005. L?OMC ne devrait donc pas gaspiller du temps et de l?énergie pour désigner un successeur au directeur actuel, Suppachai Panitchpakdi.

<B> L?AVANTAGE DE MAURICE </B>

La campagne de lobbying qui a déjà démarré s?intensifiera dans les semaines à venir. Maurice compte sur son rôle de leader au niveau des pays en développement et auprès des organisations régionales et continentales pour obtenir leur soutien.

Le pays battra le rappel de tout ce qu?il compte comme amis pour soutenir la candidature de Jayen Cuttaree : le Comesa, la SADC, l?Union africaine, le groupe ACP, le G90, les pays membres de la francophonie et les petits Etats insulaires seront tous sollicités.

Les pays développés ne seront pas oubliés. Il semble que leur soutien soit déjà acquis. Jayen Cuttaree déclare effectivement qu?il ne se serait pas lancé dans cette campagne sans l?assurance du soutien de «certains pays développés». Lors de son passage à Genève récemment il a eu des contacts positifs avec les représentants de ces pays développés, indique-t-il.

Il précise qu?à l?OMC, même si les pays en développement sont majoritaires, le poids économique et commercial de pays comme les Etats-Unis, la Chine, l?Inde et de l?Union européenne compte énormément.

<B> SOUTIENS ET APPUIS </B>

«Le directeur général de l?OMC ne peut rien faire sans le soutien de nos «development partners» que sont les pays développés», déclare Jayen Cuttaree.

Maurice fera feu de tout bois pour soutenir la candidature de Jayen Cuttaree. Le Premier ministre écrira aux chefs d?Etat de la SADC et au président de l?Union africaine. Lors de sa visite à Maurice récemment le président de la francophonie Abdou Diouf a aussi assuré de son soutien. Le prochain sommet de la francophonie sera l?occasion de formaliser ce soutien.

Le ministre Cuttaree quitte Maurice dimanche pour assister à une réunion entre l?Union européenne et les ACP. Ce sera une autre occasion pour faire campagne. Le sommet des petits états insulaires qui se tiendra à Maurice en janvier 2005 sera un autre rendez-vous qui sera utilisé pour promouvoir la candidature de Jayen Cuttaree.

Le ministre tient toutefois à souligner que sa candidature à la direction de l?OMC ne veut nullement dire qu?il délaisse la politique active localement. « Je sais que les élections ne sont pas loin et je reste engagé auprès de ma circonscription et de mon parti », précise Jayen Cuttaree.

AGOA III : Un répit pour investir dans les filatures

Le ministre des Affaires étrangères et du Commerce international se réjouit du passage «in extremis» de la dérogation accordée à Maurice concernant le «third country fabric» sous l?AGOA. Il lance toutefois un appel aux industriels du textile et de la confection pour qu?ils utilisent ce répit d?une année pour accélérer l?investissement dans l?intégration verticale de ce secteur, soit dans la construction de filatures. Maurice continuera à se battre pour que cette dérogation soit renouvelée après une année, mais, en tout état de cause, il faut garder en tête que cette dérogation ne pourra être étendue pour plus de trois ans. Répondant aux critiques de l?opposition Jayen Cuttaree explique que si Maurice n?a pas demandé la dérogation lors du passage de l?Agoa II c?est qu?elle avait préféré se battre alors pour la correction des règlements concernant les pull-overs «knit to shape» qui, malgré l?Agoa continuaient à être taxé par les douanes américaines. De plus, si la Namibie et le Botswana ont pu obtenir la dérogation sur l?importation du tissu bien qu?ils ne soient pas des pays pauvres, c?est parce que le Congrès américain avait souhaité faire un geste spécial pour ces pays où le sida fait des ravages dans la population.

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