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Assassinat d’une boutiquière du Grand-Port

12 octobre 2004, 20:00

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A la mi-octobre 1979, S.S. le juge H. Goburdhun inflige une peine de 15 années de servitude pénale à un Grandporien, d’une trentaine d’années, pour le meurtre de sa maîtresse, l’épouse d’un boutiquier d’un village côtier de ce district. Précédemment, la cour d’assises accepta une réduction de la charge d’accusation d’assassinat à celle d’homicide. Le boutiquier est plus âgé que son épouse d’une bonne vingtaine d’années. Sa boutique se trouve à proximité de l’atelier de son rival. Ce dernier avait l’habitude de rencontrer sa maîtresse trois ou quatre nuits par semaine tandis que le mari dormait à poings fermés, sans se douter de l’infidélité de son épouse. Celle-ci acceptait même de sortir avec son amant mais toujours à l’insu du mari. Le jour du drame, l’amant voulait conduire sa maîtresse à Sainte-Croix. Elle se dérobe. Il contient sa colère, en dépit de nombreux drinks consommés plus tôt avec des amis et un client de passage. Il va chercher une paire de ciseaux dans son atelier et en assène plusieurs coups mortels à sa maîtresse.

Les procès aux assises, comprenant entre autres une affaire de sorcellerie et de vampirisme, retiennent l’attention et font passer au second plan d’autres informations autrement plus intéressantes et prometteuses. L’express annonce ainsi la venue en décembre du Professeur Marinelli de l’Institut géologique de Pise. Des relevés géothermiques au Trou Kanaka, à la Mare-aux-Vacoas et au Trou-aux-Cerfs révèlent qu’il existe possiblement une anomalie géothermale à Maurice. Il appartiendra à Marinelli de confirmer ou d’infirmer cette hypothèse. Il complétera les études effectuées par le Dr Mauro Rossi de l’Institut minéralogique de Pise. Aidé de M. L. Dunputh, ce dernier a, entre autres, prélevé des échantillons de la croûte terrestre et la température de l’eau en ces lieux. Le potentiel géothermique tiendrait aux anciennes couches terrestres successives d’origine volcanique. Il importe de savoir si la température moyenne souterraine augmente à Maurice de 20 à 30 degrés par kilomètre de profondeur. Il se pourrait alors qu’on n’y ait pas à creuser aussi profondément qu’ailleurs pour atteindre une température constante de 150 degrés, soit le seuil permettant d’envisager une exploitation de cette source naturelle d’énergie.

Les recherches, en vue d’une meilleure exploitation des ressources naturelles de Maurice, incitent aussi les autorités à effectuer des travaux de forage afin de déterminer s’il est possible de construire une importante retenue d’eau sur la rivière Moka afin d’aménager un réservoir d’eau conséquent en aval du Réduit, en vue de l’amélioration de la fourniture d’eau et éventuellement d’électricité à Port-Louis. L’hélicoptère de la police est réquisitionné pour descendre au fond du ravin les équipements de forage requis. Ce projet de réservoir fut fortement recommandé de son vivant par le regretté Roland Desmarais, O.B.E., l’ancien directeur du CEB. Ce projet fut malheureusement baptisé le S.A.J. Dam. Une telle décision manquait de… “sajesse” car le gouvernement travailliste de 1996 à 2000 s’empressa de l’oublier dans un placard et de donner priorité au Midlands Dam que SAJ devait d’ailleurs inaugurer au début de ce IIIe millénaire. Puis l’on songea curieusement à un Bagatelle Dam… et il n’est plus question de SAJ Dam, en dépit de la présence de qui vous savez au Réduit, prouvant par là que le Réduit est un réduit.

Des recherches entreprises par le navire scientifique “Marion Dufresne” révèlent, enfin, la présence de gisements très denses de nodules polymétalliques dans l’océan Indien et plus exactement au large des Mascareignes. La densité pourrait être de cent kilos au mètre carré par 4 ou 5 kilomètres de fond. Les gisements connus ailleurs sont de seulement 5 à 10 kg par mètre carré. Les nodules, autrement dit de petits cailloux, sont composés de 40 % de fer et de manganèse. Ceux de l’océan Indien auraient une teneur en nickel, en cuivre, en cobalt, inférieure à ceux du Pacifique. Le gisement serait donc moins riche mais plus dense. Les réserves de nodules du Pacifique sont estimées à 1,7 milliard de tonnes de manganèse, de 56 m. de tonnes de cuivre, de 85 m. de tonnes de nickel, de 16 m. de tonnes de cobalt. Celles de l’océan Indien n’ont pas encore été chiffrées. Cela fait un quart de siècle que nous n’avons eu d’autres nouvelles de ces nodules polymétalliques pourtant si prometteurs.

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