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Le malaise s?accentue chez les pharmaciens
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Le malaise s?accentue chez les pharmaciens
?La décision de baisser les marges de profits sur les médicaments a été prise sans consultation?, s?insurge Ravin Gaya, président de la Pharmaceutical Association of Mauritius (PAM). Depuis, un froid s?est installé chez les pharmaciens. Ces derniers estiment que leur profession est mal perçue, qu?ils sont considérés comme de simples détaillants alors qu?à l?étranger ils se situent au même rang qu?un médecin ou qu?un avocat.
Annoncée depuis le 11 juin dernier, la révision des marges de profits sur les médicaments n?a pas manqué de provoquer la grogne des pharmaciens. Cette révision ne se répercute cependant pas sur le prix des médicaments.
C?est ainsi que les pharmaciens se plaignent de l?incompréhension du public. ?Nous passons notre journée à répondre aux questions sur cette baisse éventuelle?, se plaint un pharmacien de la capitale. La révision devait normalement entraîner une baisse d?environ 13,5 % des prix des médicaments. Mais cela n?a jamais été le cas alors que la décision de réviser la marge des profits a été entérinée par un règlement du ministère du Commerce et des Coopératives.
La PAM s?estime lésée car elle assure avoir soumis des propositions, notamment en ce qui concerne les prix des différents types de médicaments (ceux pour les traitements de longue durée, comme pour le diabète ou l?hypertension) ou en libéralisant les prix d?autres produits.
Néanmoins, l?association se dit prête à riposter. ?Nous nous battons pour tout le monde?, assure Ravind Gaya. Mais il s?agit surtout de défendre sa marge de profits, ?la plus faible des pays de la région et c?est elle qui nous fait vivre?, souligne Ravind Gaya.
La situation est telle que, lors d?une conférence de presse hier, la PAM menace de poursuivre le ministère du Commerce et celui des Finances en Cour suprême. Cela, afin de contester la décision gouvernementale. Elle annonce qu?elle déposera sa plainte en Cour suprême dans les prochains jours.
Emigration
Diminution des marges, mais aussi augmentation des frais. Résultat : une réduction des revenus annuels. Maurice compte quelque 180 pharmaciens et 230 pharmacies. Et les plus petites seront les plus touchées. ?Il y a déjà des pharmacies qui ont fermé et des pharmaciens qui ont choisi d?émigrer?, confirme une pharmacienne.
Les marges de profits sur les médicaments sont les suivantes : 11 % pour l?importateur et 22 % pour le pharmacien. Le coût d?un produit pharmaceutique est tributaire du prix fixé par les fabricants étrangers, par le coût du fret, l?évolution du taux de change ainsi que les marges des importateurs.
?Lorsque les calculs de réduction ont été effectués, on n?a pas réalisé que le quantum des revenus de départ serait affecté?, explique un importateur. Selon lui, il n?y a pas de doute : c?est un véritable casse-tête qui pourrait aboutir à une crise.
AVIS LÉGAL
Une révision ?anticonstitutionnelle?
■ Défendant les intérêts de la Pharmaceutical Association of Mauritius (PAM), Me Shakeel Mohamed montre du doigt le ?Consumer Protection (Prices and Supplies Control) Act? de 1998.
Il estime que celui-ci a permis au gouvernement d?effectuer la révision des marges de profits sur la vente de médicaments. Mais, ajoute-t-il, ce texte de loi n?a pas obtenu la majorité des trois-quarts à l?Assemblée nationale et ?on s?en sert dans l?ignorance?. Me Mohamed estime ainsi que la mesure de révision est ?anticonstitutionnelle?.
Selon l?avocat du PAM, il y a encore moyen de se rattraper : il insiste sur le fait qu??il faut mobiliser tout le monde, PAM, association de consommateurs et médecins? afin de trouver une solution.
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