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CPE ou le pari du moindre stress
Les mauvaises habitudes ont souvent la vie dure. Parfois davantage pour les parents que pour les écoliers qui, depuis hier, planchent sur les épreuves du Certificate of Primary Education (CPE). En effet, si les enfants attaquent les examens d?une manière plutôt détendue, certains parents continuent à se faire un sang d?encre, oubliant parfois que le grading et la régionalisation ont remplacé le ranking il y a deux ans.
?Les enfants et les profs sont détendus alors que nous stressons à fond. Le CPE ce n?est vraiment pas facile pour les parents?, avoue Toolsee Ramchurn, pendant que son enfant termine l?épreuve de français à l?école du gouvernement Raoul-Rivet. Il est midi et demie et cette puéricultrice de profession attend la sortie des classes avec d?autres parents. ?Nous avons toujours tendance à comparer avec l?époque où nous participions à l?épreuve. Tout le monde était alors stressé. Enseignants, parents et enfants étaient sous tension. Heureusement que cette époque est révolue?, lance un autre parent.
A quelques rues de là, c?est le même son de cloche. Pour Linley Ho Kin, qui attend son fils à la sortie de l?école du Bon-Secours. Le CPE n?est plus ce monstre qui autrefois terrifiait petits et grands. Ce qui n?empêche pas le jeune Kevin de montrer quelques signes de stress? mais rien de comparable à ce que ressentait son père lorsqu?il était lui-même sur les bancs de l?école.
?Son comportement a changé les deux-trois derniers jours, mais c?est normal. Habituellement il a de bons résultats, donc j?imagine qu?il réussira?, pronostique Linley Ho Kin. A l?époque de la ?rat race?, réussir aux épreuves ne suffisait pas. Il fallait exceller.
?Ce nouveau système a des avantages certains. C?est mieux, mais, il n?y a pas que du positif. Mon enfant a opté pour le mandarin et il est un peu désavantagé. Je déplore également le fait que chaque région n?a pas de collèges d?un niveau égal. Même les établissements secondaires à l?intérieur d?une région ne sont pas tous d?un niveau comparable?, affirme Maurice Chi, dont la fille Mélissa, inscrite à l?école du Bon-Secours est la première de la famille à composer le CPE sous sa présente forme. Comme Maurice Chi, de nombreux parents déplorent également que les collèges ne soient pas d?un niveau égal. Ce à quoi le ministère de l?Education espère remédier au plus vite.
Cela n?empêche qu?il reste quelques relents de la compétition d?antan, malgré l?abolition du ranking. Et les parents ne sont pas dupes. ?Il n?y a pas vraiment d?abolition. Dans cette région, le collège d?Etat de Bell-Village est le premier choix d?un grand nombre de parents. Comme le grading tient compte du lieu de résidence de l?enfant et de sa performance, il y a inévitablement une compétition pour être admis dans ce collège?, souligne Toolsee Ramchurn.
Le collège d?Etat de Sodnac est tout aussi sollicité que celui de Bell-Village. ?Il faudra avoir de bons résultats parce que nombreux sont ceux d?entre nous ont opté pour ce collège?, affirme un parent de cette région.
?Pour certains collèges, il y a en effet beaucoup trop de demandes. Mais ce n?est pas généralisé. Aucune comparaison n?est possible entre maintenant et avant?, confirme-t-on à la Mauritius Examinations Syndicate.
Cas exceptionnels
La fameuse ?rat race? est bel et bien chose du passé : les avis sont quasi unanimes sur le sujet. D?ailleurs, la première journée de CPE s?est généralement bien déroulée. Comme chaque année, il y a des cas exceptionnels, comme cet enfant qui passe ses épreuves à l?hôpital de Flacq, cet autre à la Clinique du-Bon-Pasteur et un dernier à l?hôpital Victoria.
Aujourd?hui, les 30 632 candidats aborderont les papiers d?histoire et géographie pour ensuite passer aux langues orientales, pour ceux qui en ont fait le choix. Mercredi, l?anglais sera à l?honneur. Les examens prendront fin jeudi avec les épreuves de mathématiques, traditionnellement redoutées des candidats.
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