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Inauguration de l?Hôtel Europa à Curepipe
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Inauguration de l?Hôtel Europa à Curepipe
La presse d?il y a un quart de siècle fait la part belle à l?ouverture de l?hôtel Europa à l?entrée de la rue Lees, à Curepipe. L?établissement, à cinq étages, est d?entrée qualifié de classe internationale. Il ambitionne recevoir une clientèle étrangère de masse par le biais d?agences de voyages comme Maine-Montparnasse Voyages et Havas. Tout est prévu pour que la clientèle locale se sente chez elle dans l?intimité des chambres d?hôtel donnant sur le ?lac? de l?hôtel de ville. Les directeurs en sont Dan et Vijay Allaracksing. Ils y ont investi deux millions de roupies. Un restaurant de 200 couverts reçoit le nom de ?restaurant du lac?. Guy Boodiah décore la discothèque pouvant contenir 150 personnes. Salle de réception, bar, boutique de produits artisanaux, agence de voyages complètent les facilités offertes à la clientèle. La deuxième phase comprend la construction et l?aménagement de 50 chambres doubles avec terrasse dominant le ?lac?. Le loyer de la chambre, petit déjeuner compris, sera de Rs 75.
Pourquoi Europa ? Dan Allaracksing s?appuie sur le projet européen ?vol pour tous?. Les touristes européens seront de plus en plus nombreux à vouloir connaître l?océan Indien et opteront pour la destination réunionnaise. Or en tourisme qui dit Réunion dit Maurice. Il ne partage pas le mépris des responsables touristiques locaux pour les visiteurs ?fish and chips?. Le tourisme sélectif n?est pas aussi rentable que l?on croit.
A la prison de Beau-Bassin, le confort laisse à désirer et n?a rien de comparable avec celui offert par nos hôtels, d?anciennes et de nouvelles souches. Il faut y voir une des causes de la mutinerie d?août 1979. L?enquête de la police à ce sujet n?hésite pas à pointer un doigt accusateur sur la mauvaise administration pénitentiaire, caractérisée par un manque de professionnalisme et de rigueur, allié à un laisser-aller intolérable. On s?appesantit plus particulièrement sur le fait que plusieurs hauts cadres du service pénitentiaire s?arrangent, avec la bénédiction du pouvoir central, d?être employés à des tâches administratives n?ayant rien à faire avec le bon fonctionnement des prisons. Leur absence cause un tort préjudiciable à celui-ci. On cite, à cet effet, le commissaire de prison qui partage son temps avec la MBC où il fait fonction de speaker. Les enquêteurs réclament une commission d?enquête pour situer la responsabilité des uns et des autres.
Nos journaux dressent volontiers aujourd?hui à l?intention de leurs lecteurs le bilan de deux ans de gouvernement régional autonome à Rodrigues. Il y a un quart de siècle, parler d?autonomie était considéré comme relevant de la sédition. Serge Clair, qui n?est pas parvenu à se faire élire aux législatives du 20 décembre 1976, tient une conférence de presse. Il reproche au gouvernement portlouisien de n?avoir pas tenu ses promesses d?envoyer des feuilles de tôle à l?intention des sinistrés du cyclone Celine II. Ces derniers attendent la réalisation de cette promesse gouvernementale travailliste depuis huit mois. Seulement quelques tentes ont été livrées. Il s?insurge contre l?obligation qui est faite aux travailleurs rodriguais de rester sur leur site de travail jusqu?à 15 heures. Cette mesure ne leur permet pas de vaquer chez eux à leurs occupations agricoles et autres. Une telle mesure entrave dangereusement les exportations agricoles rodriguaises vers Maurice. Celles-ci sont d?une valeur annuelle de Rs 2 millions. En avril et mai 1976, la population rodriguaise a subi une pénurie de sucre. Contrairement aux travailleurs, les vieux Rodriguais, bénéficiant de la pension de vieillesse, ne reçoivent pas un COLA rodriguais pour compenser la cherté de la vie à Rodrigues. Les statistiques de chômage à Maurice ne tiennent pas compte des chômeurs rodriguais. On y chercherait en vain un Bureau de l?Emploi à Port-Mathurin. Les athlètes rodriguais n?ont pas eu l?occasion de défendre les couleurs nationales avec leurs homologues mauriciens. Les sources de frustration ne manquent pas. Vivement l?Autonomie pour redresser tout ce qui est de travers.
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