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Dites Liechtenstein !

10 octobre 2004, 20:00

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Sur papier, le Liechtenstein est peut-être le seul pays d?Europe, avec Andorre et Saint-Marin, qui pourrait, sur un match, avoir des difficultés à battre notre Club M national.

Modeste 151e au classement de la FIFA, le Liechtenstein n?avait, jusqu?ici, jamais fait parler de lui, si l?on excepte un étonnant match nul contre la Hongrie en matches de qualification à l?Euro. Mais c?était, de l?avis de tous, un regrettable accident de parcours pour les Magyars.

De manière générale, ce petit pays trente-six fois moins peuplé que l?île Maurice, discrètement calé entre la Suisse et l?Autriche, est généralement perçu comme le bonnet d?âne de la classe, l?adversaire que les grands d?Europe souhaitent avoir dans leur groupe au moment du tirage au sort.

Pour cause, c?est contre le Liechtenstein qu?on s?attèle d?habitude à soigner sa différence de buts. La Slovaquie, dernier caïd à se dresser sur la route du nain, avait savouré son bonheur, s?imposant 7-0.

Et c?est d?ailleurs dans l?optique de mettre ses attaquants en confiance que le Brésilien Luis Felipe Scolari, sélectionneur du Portugal, a mené ses troupes à Vaduz, la capitale du pays. Face à une équipe qui restait sur vingt défaites d?affilée en matches de qualifications à la Coupe du monde, série entamée en avril 1996, il était écrit que les artistes Portuguais allaient s?amuser.

Mais le football ayant vraiment changé d?ère, l?excursion touristique a, contre toute attente, tourné en cauchemar pour Cristiano Ronaldo et ses coéquipiers, qui ont trouvé moyen de vilipender une avance de deux buts. Le Liechtenstein a en effet réussi l?exploit de revenir de l?arrière pour arracher un match nul héroïque, 2-2, le premier point glané par ce pays en 74 ans de Coupe du monde.

Bien évidemment, si Vaduz s?est réveillé avec le sentiment d?avoir encore la tête dans les étoiles, au Portugal, la presse, connue pour ses excès dans les deux sens, ne s?est pas fait prier pour parler de honte nationale. Pour A Bola, l?inimitable quotidien sportif de Lisbonne, c?est forcément ?une bien vilaine blague?.

?Le Portugal a réalisé une des pires productions de son histoire, molle, amorphe, sans inspiration, lente. C?est un de ces films dans lesquels la réalité dépasse la fiction?, a rappelé le journal. L?autre quotidien sportif du pays, Record, a est allé encore plus loin, parlant d?une ?nuit d?humiliation pour une équipe en tout point ridicule?

Ce piteux match nul concédé au Liechtenstein est forcément un accident de parcours pour le Portugal, vice-champion d?Europe en titre. ?On rejouerait ce match cent fois, qu?on s?imposerait à chaque fois? a tenu à relativiser l?ancienne idole du Benfica Lisbonne Eusebio.

Il a peut-être raison. Le seul problème c?est que c?est ce match-là qu?il fallait gagner à tout prix. Résultat des courses, le Portugal a désormais trois points de retard sur le nouveau leader du groupe, la Slovaquie. Et, la faute au Liechtenstein, il est aujourd?hui possible le Portugal devra faire une croix sur le Mondial allemand.

Ailleurs en Europe, d?autres suprises sont venues ajouter du piment à cette drôle de soirée. A force de rajeunir son effectif, l?Italie a bien du mal à assumer son statut. La Squadra Azzura a été battue en Slovénie, 1-0 et cède la première place du groupe 5 à son adversaire du jour.

Dans le groupe 1, la Hollande est tombée bien bas, ayant été tenue en echec sur la pelouse de la modeste Macédoine, 2-2. Un résultat qui relègue les Oranges, décevants quatrièmes, à cinq points des deux leaders du groupe, la Finlande et la Roumanie.

Récemment battu en Albanie, le champion d?Europe en titre, la Grèce, tiré dans le groupe 2, n?a pas arrangé sa situation, se contenant du match nul en Ukraine 1-1. Karagounis et les siens ne sont que sixièmes et avant-derniers, étant désormais devancés par la Turquie, l?Ukraine, le Danemark, la Georgie et l?Albanie. Ça fait beacoup.

Reste la France. Après avoir été tenus en échec par Israël, les Bleus de Domenech ont une nouvelle fois manqué de réalisme au Stade de France, étant cette fois accrochés par l?Eire, là aussi 0-0. Des progrès ont certes été constatés, mais le temps presse. Face à Chypre, mercredi, à Nicosie, la victoire est impérative. A moins que la France, hantée par les souvenirs de Zinedine Zidane, ait décidé de ne pas aller en Allemagne.

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