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Drôles d?oiseaux

10 octobre 2004, 20:00

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Les rapaces ont la cote quand il s?agit de voler. Dans les airs pour les oiseaux, dans la poche du voisin pour d?autres bipèdes. Quand Heredia nous dit : ?Comme un vol de gerfauts hors du charnier natal ? à quelle sorte de rapace avons-nous affaire ?

Le vol d?autres oiseaux entre aussi dans les propos quotidiens. Des gamins jouent à pigeon vole. Leurs copains voyant voler des salanganes murmurent, si le temps est sombre : ?zirondél bambou pran la pli do moa soléi? ou s?il s?agit d?un paille-en-queue: ?Pailanké, pailanké do moa énn ti paké poason.?

Les membres des oiseaux qui permettent ce mouvement dans les airs ont le même squelette que nos bras. Le talent pour leur utilisation s?est développé le long des millénaires.

Nous avons eu l?occasion de parler du vol au cours de chroniques passées et pouvons donc planer sur cet aspect pour aller voir nos amis ailés entretenir les plumes sans lesquelles le déplacement dans l?air ne se serait pas développé. Le bec lisse cet assortiment remettant en place des barbules récalcitrantes et enduisant le tout d?une mince couche d?huile puisée d?une glande postérieure.

De plus les oiseaux prennent souvent contact avec l?eau. A l?étranger, des amis de la nature disposent dans le jardin des coupes pleines de liquide dans lesquelles viennent s?ébrouer les visiteurs.

Presque tous les oiseaux se baignent mais pas au même rythme. Le piaf tâte le liquide au bord du récipient comme une starlette au bord de mer plongeant un orteil dans la vague ; le rouge-gorge s?y lance carrément battant des ailes et s?aspergeant le corps. Entre les deux s?étalent divers styles. Une autre mode est celle de perroquets se baignant sous la pluie tandis que le calao choisit la rosée pour une ablution matinale.

Quand l?eau est rare la poussière prend la relève. Cela semble jouer un peu à Gribouille mais à bien penser, on comprend que la poudre se colle à des débris qui déparent le plumage.

En se secouant, l?oiseau rejette poussière et salissures. On a même vu des moineaux se baigner dans des bols de sucre quand eau et poussière n?étaient pas disponibles. Le plus curieux des bains peut-être est celui de corbeaux se prélassant dans la fumée d?une cheminée.

Plus bizarre que le bain est la toilette à l?aide de fourmis. La séance n?est d?ailleurs pas très claire pour les naturalistes. Un unique insecte peut être saisi par le bec et promené sur les plumes ou relâché sur le corps. Il n?est d?ailleurs pas rare qu?il soit consommé après sa contribution au nettoyage. A d?autres sessions, l?oiseau s?allonge carrément sur une fourmilière sans souci de notre conseil ?tantion asiz lor nik fourmi rouz.?

Si le spectacle du bain est généralement muet, dans d?autres occasions la gent ailée s?exprime vocalement. Notre vocabulaire est riche de mots gentils ou péjoratifs pour qualifier leurs expressions : trilles, vocalises, gazouillis, pépiement, roucoulades ou piaillement. De plus les différentes espèces poussent des cris qu?il fallait connaître à l?école primaire d?hier. Le corbeau ouvre un large bec pour croasser et laisser tomber son fromage, tandis que la chouette hulule lugubrement. Passons sur sifflements, trisses et gémissements pour nous extasier devant les perroquets imitant la voix humaine. Sont-ils moins performants que les discours de certains politiciens qui apprennent ce qu?ils pensent, dit-on, après avoir entendu ce qu?ils disent ?

Le cri et le chant

Plus séduisant que le simple cri est le chant. Il provient le plus souvent de petits oiseaux vivant dans des bocages où ils ne sont pas exposés à la vue. Toutefois d?autres bien visibles comme le coq ont aussi expression dite chantante. Peut-on trouver pour lui une phrase du style ?j?aime le son du cor?. Peut-être pas car des récalcitrants refusent de remplacer cor par coq. Il y a quelques années un citoyen irascible assigna même son voisin en justice à cause de cocoricos trop bruyants. On préfère des espèces plus mélodieuses mais peut-on dire de leurs vocalises :

?Les plus désespérés sont les chants les plus beaux Et j?en sais d?immortels qui sont de purs sanglots?.

Chez l?oiseau les cordes qui vibrent constituent la syrinx, (mot signifiant flûte) qui loge à la base même de la trachée et non au sommet comme chez nous. Les mélodies qui en jaillissent sont composées de dialectes qui varient chez la même espèce selon les localités. Les spécialistes les décèlent en transformant les sons en images à l?aide de l?électronique. Dans le passé les chants étaient appréciés ici quand l?oiseau était canari. A l?étranger le plus chanté est le rossignol qui a eu droit aux trilles de Luis Mariano, à une Ode de Keats et à des lignes de Lamartine baptisées simplement ?le rossignol?. Notre bulbul a aussi été dit rossignol persan mais faudrait pas trop charrier.

?Les différentes espèces poussent des cris qu?il fallait connaître à l?école primaire d?hier. Le corbeau ouvre un large bec pour croasser et laisser tomber son fromage, tandis que la chouette hulule lugubrement. Passons également sur les sifflements, trisses et gémissements?...

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