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Tranquillement

10 octobre 2004, 20:00

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On peut dire que la réforme de l?enseignement primaire est une ?uvre achevée. Car, cette année, c?est dans une atmosphère de calme que démarrent les épreuves de CPE. Presque 30 000 écoliers participent, à partir de ce matin, à cet examen dans un contexte qui n?a rien à voir avec le stress national d?autrefois.

Certes, il subsiste quelques mythes qu?entretiennent encore des personnes mal informées à propos du mode d?admission dans les collèges d?Etat. Celles-là sont persuadées qu?il y a des critères occultes qui sont utilisés pour l?admission. Ils croient, par exemple, qu?il existe des sous-grades du type A+. Par conséquent, ils continuent à forcer leurs enfants à faire des efforts surhumains. Mais, dans l?ensemble, il est clair qu?aujourd?hui le CPE n?effraie plus.

La voie n?a pas été sans embûches. La réforme de cet examen a connu beaucoup de péripéties avant d?aboutir. Bien des anciens ministres de l?Education ont été contraints d?abandonner leurs projets de changement, ne pouvant ouvrir trop de fronts à la fois. Ils ne voulaient pas froisser les susceptibilités des défenseurs du statu quo qui allaient des groupes de pression sectaires à l?Eglise catholique en passant par les instituteurs. Même les velléités égalitaires de Kadress Pillay n?ont mené à rien.

Les résistances attendues à la disparition du ?ranking? se sont effectivement manifestées mais elles ont été vaincues. L?épreuve a été franchie avec beaucoup d?adresse par les décideurs publics pour le grand bien de l?enfant mauricien.

Après le changement intervenu au niveau du CPE, la démocratisation de l?accès à l?enseignement se poursuit. Si on annonce que 21 700 étudiants seront admis en janvier 2 005 en Form I et en filière préprofessionnelle sur les 26 856 écoliers qui participent au CPE, bientôt la scolarité sera obligatoire pour tous jusqu?à l?âge de 15 ans.

Tandis que les candidats à la présidence des Etats-Unis débattent encore de la réalité d?un ?No Child Left Behind Act?, une loi sur l?éducation pour qu?aucun enfant ne soit laissé de côté, nous entrevoyons déjà, avec les modestes ressources de notre pays, une telle possibilité à l?horizon 2005.

Outre les dispositions prises pour garantir l?accès à l?éducation pour tous, le système d?éducation vit, en ce moment, une réforme qui vise la réussite du plus grand nombre d?élèves. Il s?agit de l?introduction du créole à l?école primaire. Cette mesure enlèvera une haie qui barre l?accès à l?enseignement à des gosses qui se sentent aliénés par un milieu scolaire rébarbatif.

Néanmoins, la transformation en profondeur de l?enseignement est un travail de longue haleine qui reste à compléter. Pratiquement rien n?a été fait, jusqu?ici, pour améliorer le contenu et la pédagogie en cours au niveau du secondaire. On sait pourtant qu?ils méritent d?être dépoussiérés. De même la mauricianisation de l?examen du ?School Certificate? reste un sujet tabou à Maurice, dernier pays africain à dépendre de Cambridge.

Dans le domaine de l?enseignement tertiaire, il ne serait pas exagéré de parler d?un désengagement de l?Etat. La faiblesse de l?Université peut être attribuée à un manque de moyens financiers bien sûr, mais il s?agit également d?une lenteur dans l?adaptation. Nous sommes en train de répéter, avec l?industrie de Technologies de l?Information, l?erreur qui a été commise quand le textile et le tourisme prenaient leur envol. L?Université n?avait pas suivi.

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