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Un an pour profiter du marché américain
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Un an pour profiter du marché américain
Pour une année de plus, le textile mauricien passera les douanes américaines sans taxe. Un amendement à l?Africa Growth & Opportunity Act III (AGOA III) a été adopté par le Congrès. L?industrie mauricienne, en chute sur ce marché, peut respirer. Mais pas pour longtemps.
La dérogation a été approuvée dans la soirée de vendredi, à Washington. Elle permet aux industriels mauriciens d?importer leurs matières premières de pays tiers et de bénéficier d?un accès hors taxes au marché américain. Accordée pour un an, elle est renouvelable sur une période de trois ans. Elle arrive à terme en 2007.
Jusqu?ici, 60 % du volume d?exportations vers les Etats-Unis étaient taxés de 17 % à 18 %, dès leur arrivée sur le territoire. Les exportations des produits de la zone franche en ont souffert. Le dernier indicateur économique révèle que les exportations vers les USA ont chuté de 15,8 % au cours du premier semestre. Les revenus sont passés de Rs 4,25 milliards en 2003, à Rs 3,58 milliards en 2004.
?Cette dérogation nous permettra de stabiliser à court terme nos exportations de textile vers le marché américain. Celles-ci ont connu une baisse sensible ces deux dernières années. Pour le premier semestre 2004, la baisse des exportations de la zone franche vers les Etats-Unis se chiffre à 15 %. Ceci contraste avec l?augmentation de 19 % de ces exportations sur l?Europe, durant la même période,? affirme le ministre de l?Industrie, Sushil Khushiram.
Qui plus est, les industriels hongkongais opérant à Maurice avaient commencé à plier bagage. En effet, sur leur principal marché, les Etats-Unis, leurs produits taxés n?étaient plus aussi compétitifs que ceux fabriqués dans des pays les moins avancés, tels que le Bangladesh.
?On a beaucoup saigné ces derniers temps. La dérogation arrêtera les fermetures d?usines, surtout celles exportant vers les Etats-Unis. Une année de dérogation représente un grand boost up?, affirme François Woo, chief executive officer de la Compagnie mauricienne de textile (CMT).
Cette dérogation permettra au textile mauricien d?améliorer sa compétitivité sur le marché américain. Ce, dans la mesure où l?accord multi-fibre sera démantelé en janvier, entraînant une fin des quotas sur les exportations de textile-habillement. Et le mastodonte qu?est la Chine est menaçant?
De plus, cette mesure rétablit l?équilibre entre Maurice et d?autres pays africains. ?L?octroi de la dérogation aux règles du commerce de textile avec les Etats-Unis, connus comme le Third Country Fabric Provisions, met Maurice sur un pied d?égalité avec les pays africains tels que le Lesotho, le Kenya et Madagascar. Ces pays nous ont devancés en tant que premiers exportateurs de textile-habillement sur le marché des USA?, estime Sushil Khushiram.
?Une industrie plus performante?
La diplomatie mauricienne, au vu des enjeux, avait été mise à rude épreuve après l?adoption de l?AGOA III, en juin dernier. Maurice ne figurait pas dans la catégorie de pays pouvant profiter de la dérogation. Cependant, le lobbying intense effectué ces derniers mois a rapporté ses fruits, plus tôt que prévu.
Le ministre des Affaires étrangères, Jayen Cuttaree, qui n?a raté aucune occasion de plaider la cause mauricienne, s?en réjouit : ?Ce dernier développement sera très bénéfique pour notre secteur textile. Tous nos produits entreront désormais sans taxe sur le marché américain. Il faudrait tirer avantage de tous les produits possibles.?
L?inclusion de Maurice sur cette liste est certes une bouffée d?oxygène. Mais le processus d?intégration devrait quand même être accéléré. ?A moyen terme, il faudra compter sur les efforts de réhabilitation et de modernisation déjà entrepris, et à être intensifiés, par les petites et moyennes entreprises. Ce, afin d?assurer une industrie plus performante et plus compétitive?, estime le ministre Khushiram.
François Woo fait part de ses craintes en cas d?immobilisme du secteur. ?Si rien n?est fait au cours de cette année ou de la suivante, on reculera. Ce sera pire et non récupérable. Il ne faudrait pas s?attendre à des dérogations à droite et à gauche.?
Son entreprise, la CMT, dispose déjà une unité de filature, dont l?inauguration est annoncée pour le 11 novembre. Il souligne qu?elle est en avance, et a su anticiper les problèmes du secteur. Il reconnaît toutefois que les matières premières produites localement coûtent 8 % de plus que celles importées.
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