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L?IBA décapitée
A quelques mois des élections générales, l?attitude négative et méfiante du gouvernement envers les radios privées se précise. L?Independent Broadcasting Authority a perdu son président, Ashok Radhakissoon. Officiellement, il aurait donné sa démission. Officieusement, il aurait été poussé à démissionner, sous la pression des autorités.
Le gouvernement lui a souvent reproché d?être trop souple, voire laxiste. Par souplesse, comprenez donner la possibilité aux radios privées de s?auto-réglementer et surtout d?apprendre de leurs erreurs. Car rappelons-le, les radios privées ont à peine plus de deux ans. L?IBA est à peine plus âgée. Alors que le gouvernement prône régulièrement une politique proche de la censure, Ashok Radhakissoon a lui compris que pour apprendre, il faut du temps. D?ailleurs, dans nos colonnes il y a quelques semaines, il déclarait : «Notre souci était de donner aux radios le choix de travailler comme elles le voulaient. Pendant deux ans, nous leur avons laissé prendre leurs marques, former les gens, façonner leur grille de programmes et prendre le temps de s?autodiscipliner». Mais le gouvernement ne partage pas le même avis. Le présent gouvernement a déjà montré, à plusieurs reprises, qu?il réagissait mal à certaines critiques ou expressions entendues sur les ondes.
Il est difficile de ne pas faire d?amalgames entre les déboires d?Ashok Radhakissoon et les élections futures. L?enjeu va devenir de plus en plus important. Car, pour la première fois, les élections générales vont se dérouler avec la présence des radios privées, une nouvelle et puissante plateforme d?expression pour l?auditeur et futur électeur ! Contrairement à la MBC, les radios privées ne sont à la botte de personne. Faire campagne sans avoir à se soucier des médias de l?audiovisuel, procurait aux politiciens, depuis de nombreuses années, une paix d?esprit peu négligeable. L?apparition des radios privées est une nouvelle donne. Les radios privées ont montré qu?elles n?avaient nullement l?intention de courber l?échine face aux menaces constantes du gouvernement. La question qui se pose est simple : qu?exigera désormais le gouvernement du remplaçant d?Ashok Radhakissoon ? Il faudra trouver quelqu?un qui pourra s?immerger (ou peut-être s?immiscer) rapidement dans le monde de l?audiovisuel car la campagne électorale rythmera la vie du pays sous peu.
D?ailleurs, nous ne devrions même pas écrire au futur. N?a-t-on pas vu, il y a quelques jours, dans le journal télé de la MBC, la conférence de presse de Bérenger surexploitée. Elle a fait l?objet d?un sujet, puis, ce même journal s?est terminé avec d?autres extraits de cette même conférence de presse !
Une chose est sûre. Le départ d?Ashok Radhakissoon est regrettable, presque suspect, surtout que le gouvernement venait à peine de lui renouveler, sa confiance. Il y a définitivement de mauvaises ondes dans l?audiovisuel mauricien.
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