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Rodrigues en quête de maturité

9 octobre 2004, 20:00

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Des relations bloquées entre élus, un manque d?application dans la conduite des projets, l?Assemblée rodriguaise a du mal à trouver ses repères. Le bilan de deux années de gestion autonome des affaires à Rodrigues est peu flatteur.

Les deux blocs politiques représentés à l?Assemblée régionale ont des points de vue contradictoires. Cela n?a rien d?original. Cependant, les chefs de partis ne se supportent pas au point de n?être même pas capables de communiquer. Cette situation rejaillit sur la progression des dossiers.

Tandis que le chef commissaire Serge Clair clame qu?il y a eu pas mal de progrès accomplis dans différents domaines, notamment celui de la formation, son vis-à-vis, Johnson Roussety, parle de « manque de vision » et de « problèmes restés entiers ». Le Mouvement rodriguais (MR) qui constitue l?opposition accuse Serge Clair de surpolitiser l?administration. Ce dernier réplique que l?opposition ne fait que « patauger dans la boue ».

Ce malaise dans la classe politique risque de s?aggraver dans les semaines qui viennent avec le non-renouvellement du contrat de l?Island Chief Executive, Claude Wong So. Le mandat de ce dernier arrive à expiration le 23 octobre et tout semble indiquer qu?il sera remplacé par Jean-Claude Pierre-Louis. Le MR a déjà fait part de ses appréhensions à qui de droit par rapport à ce dossier.

<B>Fond partisan à une nomination potentielle</B>

« Au Premier ministre de prendre ses responsabilités, car si on nomme Pierre-Louis, la situation risque de se détériorer», avance Johnson Roussety. Aux yeux du MR, Jean-Claude Pierre-Louis passe pour un proche de l?Organisation du peuple de Rodrigues (OPR). Le principal intéressé s?en défend.

Serge Clair évite pour sa part de se prononcer sur la question. Il s?est contenté, lors d?une conférence de presse tenue mardi, de noter que le choix de l?Island Chief Executive relève de la Public Service Commission et que Claude Wong So est encore en poste. On se souvient que la nomination de Wong So avait donné lieu, en octobre 2002, à un bras de fer entre Port-Louis et Port-Mathurin.

Les frictions entre les deux groupes de l?assemblée rodriguaise ne laissent pas le gouvernement indifférent. L?ancien ministre de Rodrigues, Joe Lesjongard, qui avait piloté le dossier de la décentralisation, ne passe pas par quatre chemins. « C?est triste qu?au moment où on a tout fait pour amener plus de démocratie à Rodrigues, les deux principaux partis n?arrivent pas à ?uvrer ensemble pour une meilleure compréhension démocratique. »

<B>Des questions-réponses à la place de débats</B>

La guéguerre risque de persister dans la mesure où les possibilités de débats au sein de l?Assemblée régionale ont été jusqu?ici inexistantes. En effet, depuis son installation, cette instance a consacré le plus clair de son temps à l?exercice questions-réponses. Elle n?a approuvé à ce jour que les règlements fixant les taux des différents permis. Deux projets de loi, l?un sur la création d?un conseil pour enfants et l?autre sur celle d?un conseil économique et social, sont actuellement en train d?être peaufinés au parquet.

Face à une telle parcimonie, l?Assemblée régionale vient de gâcher une excellente occasion d?évacuer la pression. La motion de blâme déposée le 18 août dernier par Johnson Roussety, le Minority Leader, a malheureusement fait long feu. Dans un autre contexte, une telle procédure aurait permis à l?opposition de dire ce qu?elle a sur le c?ur et à la majorité de rectifier, au besoin, le tir.

Mais au moment où la motion a été appelée à la séance de vendredi dernier, son auteur a critiqué le retard mis par la majorité à convoquer une réunion pour débattre de la question. Il y eut alors un échange entre lui et le président de séance et la motion ne fut jamais présentée. Bref, une occasion de ratée pour un débat civilisé.

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