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Journaliste militante

8 octobre 2004, 20:00

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Jambes croisées, mains voletantes, Marisa Paolucci parle de sa passion pour l?Afrique. Et même si elle est en vacances de noces chez nous, sa passion ne connaît pas de saison. L?Afrique, elle l?aime et la défend. Elle y a longtemps séjourné, au cours de ses nombreux reportages, au Congo, au Burkina Faso,au Cameroun et au Tchad. Elle y a, entre autres, rencontré Gino Barsella, son mari et s?y est découvert une grande passion : la bande dessinée.

Partie en reportage pour couvrir une exposition de bande dessinée en 2001, elle réalise que le dessin de presse n?est pas reconnu en Afrique. Pis, elle comprend que certains caricaturistes, sont jetés en prison à cause de leur audace.

Pour elle, journaliste de la presse écrite, la bande dessinée est un puissant moteur. Le seul sans doute à interpeller et à pouvoir transmettre à demi-mot, ce que son auteur aura voulu pointer du doigt ou suggérer. Puisqu?en Afrique, la libre expression a été longtemps bafouée, la bande dessinée n?a connu que peu d?essor. Décidée à changer les choses, Marisa Paolucci a convaincu son rédacteur en chef de lui donner carte blanche pour offrir une passerelle d?expression aux caricaturistes africains. Depuis, ces derniers peuvent dire leurs vérités, malgré les contraintes politiques.

<B>Une plateforme d?expression</B>

A la voir, si calme, si attentive, si imperturbablement courtoise, on songe qu?il a fallu du courage et beaucoup de ténacité pour faire vivre son rêve fou. Marisa Paolucci carbure à l?instinct. Elle a la foi et elle a su s?entourer de personnes qui, comme elle, croient dans la libre expression. D?expositions en expositions, Marisa Paolucci a réussi au bout de trois ans à réhabiliter les caricaturistes africains et à leur accorder une plateforme d?expression dans son Italie natale. « Les caricaturistes africains m?impressionnent. Leurs travaux sont clairs, directs, précis. Ils touchent beaucoup de monde. C?est pour moi, la synthèse d?une pensée, d?une sensibilité propre à l?Afrique.»

Après avoir répertorié une trentaine de caricaturistes de l?Afrique dans un catalogue vendu à douze mille exemplaires, Marisa Paolucci s?apprête à leur accorder une nouvelle plateforme d?expression. Le dixième anniversaire des célébrations commémorant la fin de l?apartheid en Afrique du sud, est pour elle, l?événement à ne pas rater pour Africatoon 2004.

En parcourant l?express samedi, elle est tombée par hasard sur les caricatures d?Abdool Kalla. Africatoon 2004 sera pour elle l?occasion de faire connaître ce dernier en Italie et en Afrique. Cette exposition devrait donc sceller la confiance que les caricaturistes africains lui accordent depuis 2001. « Je me dis parfois que je fais des choses impossibles, mais la seconde suivante je me rassure en me disant que c?est toujours mieux que rien. » Aujourd?hui, grâce à elle, les caricaturistes africains commencent à se faire connaître.

Avant de poursuivre l?aventure de novembre prochain, Marisa Paolucci doit encore veiller à quelques mises au point, mais d?ici là, le projet devrait aboutir. Les difficultés liées à un tel projet, ne lui font plus peur. Aujourd?hui, l?expérience du terrain acquise, les difficultés d?hier sont devenues les forces d?aujourd?hui. Sa préoccupation actuelle consiste surtout à trouver un maximum de participants à son exposition. Grâce à son carnet d?adresses déjà savamment fourni, cette difficulté fait figure de détail.

Dans un monde dans lequel l?on se contente de soigner sa petite personne et sa bourse, Marisa Paolucci fait figure de mécène, au sens noble du terme. Cette diplômée de Sciences politiques et de l?Histoire des pays africains, ne jure que par l?Afrique. Elle parle, elle écrit et elle glorifie l?Afrique, trop souvent montrée du doigt par les pays occidentaux.

Pour elle, l?Afrique a de nombreuses richesses. « Il fera bon vivre en Afrique, le jour où tous les peuples d?Afrique seront unis et lorsque les richesses de ce vaste continent resteront sur ses terres. » En attendant que ce rêve se concrétise, Marisa Paolucci continuera à apporter sa petite pierre à l?édifice.

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