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Sida K.O.
Pils et Circus Publicité ont fait fort. Leur campagne de prévention contre le VIH/Sida, utilisant des parodies de film, a réussi à attirer l?attention. Les panneaux et affiches publicitaires sautent aux yeux et le message, mélangeant humour et sérieux, est reçu.
Le virus de l'immunodéficience humaine/Syndrome d?Immuno-déficience Acquise (VIH/SIDA) fait toujours de nouvelles victimes. 273 nouveaux cas, à Maurice, pour la seule année en cours.
D?où le besoin pour l?association Prévention Information et Lutte contre le Sida (Pils) de venir avec une nouvelle campagne de prévention marquante et sans attendre la Journée Mondiale contre le Sida, le 1er décembre.
Grâce à l?ingéniosité de l?agence de publicité Circus et le soutien financier de la Barclays, cette campagne est assurément l?événement de la semaine. Tout le monde en parle. Le résultat est à la hauteur des commentaires que l?on peut entendre. Les pubs préventives sont tout simplement géniales, inventives, très bien faites.
Partout le regard ou l?oreille, est attiré vers ces panneaux, affiches ou spots radio qui fleurissent partout dans l?île. L?impact sera conséquent. D?abord parce que la réalisation est très réussie, puis parce que le mode de communication est positif. On est des campagnes chocs, agressives qui pouvaient repousser le public.
Là, l?humour est omniprésent et le message, sérieux, passe tout de suite et sans encombre. La campagne met en valeur l?usage du préservatif tout comme ses alternatives, la fidélité, l?abstinence et le dépistage. Le support de communication, des parodies de films. Bruce Lee devient Mett Lee ; 007 devient Zéro Zéro Sex ; Al Capone devient Al Capote ? Tout y passe, films de kung-fu, péplum (Preservator), bollywood (Dil Chata Hai Sirf Fidelity), science-fiction (Le Quatrième élément)? Les affiches sont amusantes et belles. L??il est forcément attiré par cette esquisse futuriste du Quatrième élément, par ce beau couple entouré d?étoiles de Dil Chata Hai Sirf Fidelity ou encore par le coup de pied de Mett Lee. Elles sont aussi accessibles et proches du public. Qui n?aura pas remarqué, dans les abri-bus, ces fausses affiches de cinéma ? Qui ne les cherche pas du regard lorsqu?en passant en voiture? Le cinéma, comme l?a expliqué Vincent Montocchio, directeur artistique de Circus, constitue un divertissement populaire et universel qui influence les jeunes, public ciblé pour cette campagne.
On leur parle de choses qu?ils connaissent, des héros de films, auxquels ils peuvent s?identifier, et ils comprendront mieux le message : « sois responsable ».
<B>Le cinéma contre le Sida</B>
Autant que les politiciens, hommes de sciences et associations, les artistes jouent aussi un rôle important quant à la sensibilisation du public, concernant le VIH/Sida.
Le cinéma, puisqu?il en est question pour la campagne de Pils, a souvent et depuis longtemps traité de ce sujet et a livré des ?uvres des plus poignantes. Parce que l?art, quel qu?il soit, sert aussi à dresser un tableau du monde danslequel on vit et à décrire sesmisères. Le fléau du sidaen fait partie.
Nombre de films se sont attachés au sujet. Philadelphia de Jonathan Demme, Les Nuits Fauves de Cyril Collard (décédé du sida), par exemple, et les moins connus, comme Jeanne et le Garçon Formidable d'Olivier Ducastel et Jacques Martineau, comédie musicale magnifique, ou Les Soldats de l?Espérance de Roger Spottiswoode, qui retrace l?histoire de l?épidémie. Mais derrière ces grandes productions se cachent de nombreux autres films, dont beaucoup de réalisations africaines, qui traitent du sida. Au Burkina Faso, par exemple, il existe un Festival annuel de films contre le Sida, qui comprend fictions et documentaires.
En Europe et aux Etats-Unis également, nombre decinéastes se sont attaqués au problème en réalisant des courts ou longs métrages, pour le cinéma ou la télévision.Bollywood suit maintenant le mouvement. Le premier film indien traitant du Sida, Phir Milenge, est d?ailleurs sorti récemment sur nos écrans.
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