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Gueule d?amour
A elle seule, Annabelle Wallis fait fondre, comme neige au soleil, tous les clichés relatifs à la blonde.
Elle sourit, s?amuse, fait vivre ses vingt ans, avec l?énergie d?une jeune femme heureuse. C?est une eau vive, un tantinet déjantée, terriblement attachante. Sa peau a pris les couleurs du soleil. Elle s?en amuse et pense à ses amis dont le quotidien est rythmé par la grisaille de Londres. Annabelle Wallis, c?est des rondeurs de femme, dans un corps de jeune fille. Elle parle, se confie et ne joue pas à l?effarouchée.
Avec un faux air de la pop star Jessica Simpson, elle fait penser à une baby-doll bien ancrée dans l?air du temps. Pourtant, Annabelle Wallis est tout sauf futile.
Energique et réactive, elle se donne au cinéma et fait confiance à Romesh Sharma avec qui elle se sent en famille. La maîtrise et la rigueur du métier qui transpirent en elle, la rendent subitement sérieuse. Et même si Bollywood est à mille lieux de Londres, le cinéma «made in Bollywood» ne lui est pas totalement inconnu. Elle s?y est toujours intéressée pour avoir des amis d?origine indienne qui l?y ont initiée.
Elle est vivante, enjouée, enthousiaste. Et quand elle parle du cinéma, elle n?y va pas par quatre chemins. «I am embedded in it.» C?est peu dire. La jeune femme est la nièce de feu Richard Harris, immense acteur qui manque actuellement cruellement au cinéma. Si ce dernier a sans doute conforté la jeune femme dans son choix de faire face à la caméra, son envie de cinéma ne vient pas que de lui. Elle vient d?abord d?elle-même. «It?s to be able to disconnect yourself from yourself and connect with someone else. It?s connecting mind and emotions because in every caracter, there?s bits of yourself.»
Annabelle Wallis a débuté sur les planches, jouant et rejouant Shakespeare, après avoir terminé une scolarité comme sa bonne éducation anglaise l?exigeait.
Des planches à quelques séries télévisées, elle cherchait, comme tout débutant, le rôle capable de faire décoller sa carrière.
Avec Dil Jo Bhi Kahey, elle semble avoir trouvé l?élan qui manquait à son envol. Romesh Sharma ne tarit pas d?éloges sur son potentiel d?actrice.
<B>Rester simple et humble</B>
Pour se préparer à devenir Anne-Sophie Besson, elle a dû développer une autre façon de jouer, pour être proche de ce qui se fait à Bollywood. Elle a ainsi appris à jouer de ses émotions pour passer d?une scène romantique à la suivante où elle serait parfaitement et entièrement en larmes.
Elle prend sur elle, adopte la pause et vous montre avec une facilité déconcertante ce qu?elle peut offrir à la caméra. Vous vous dites d?emblée que cette fille a du chien. Annabelle continue, folâtre.
Le programme chargé continue. Elle parle de ses parents, son frère, sa famille, sa vie dans sa «crazy city», Londres. Elle ouvre une parenthèse pour raconter ses années au Portugal où elle a poursuivi sa scolarité et son admiration pour Brian de Palma. Et puis, les choses simples de la vie et le respect des autres que ses parents lui ont appris, l?aident à rester simple et humble. «That?s how you keep the blood pressure low!» explique-t-elle dans un grand éclat de rire.
Lorsqu?elle ne tourne pas, elle aime les petites balades pour découvrir notre belle île, si elle n?est pas en train de discuter avec les pêcheurs du coin. Sinon, elle s?essaye également au français. Et quand on lui parle de la notion de rêve liée à son travail d?actrice, elle s?exclame. «Each actor has this ?je ne sais quoi?» et c?est reparti pour un tour de franche rigolade. Jolie boute-en-train, Annabelle Wallis a cette capacité rare de garder sa belle nature. Et cet entretien, aurait pu durer toute la nuit, qu?on ne se serait jamais lassé.
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