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Irak : Pas d?armes de destruction massive selon les inspecteurs

8 octobre 2004, 20:00

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George Bush a dit, au cours d?un meeting, en Pennsylvanie, ce que ses partisans auraient aimé l?entendre répondre à John Kerry, le 30 septembre, lors de leur affrontement télévisé. Deux jours avant le nouveau débat qui va les opposer, à Saint Louis (Missouri), le président sortant a voulu effacer sa mauvaise performance face au candidat démocrate, qu?il a présenté comme un homme du passé

«Mon opposant propose un programme bloqué dans les façons de penser et les politiques du passé», a déclaré George Bush, devant un public de partisans enthousiastes, réuni dans un centre culturel. Il s?est appliqué à dépeindre John Kerry comme «un homme de gauche, qui taxe et dépense», un ami des avocats, qui en a même choisi un - John Edwards - comme colistier, et un partisan d?une assurance-maladie «gérée par l?Etat». Surtout, il a accusé le candidat démocrate, une fois encore, d?être incapable de défendre les Etats-Unis contre la menace terroriste et de faire dépendre la sécurité de l?Amérique du bon vouloir de la communauté internationale.

Dans une charge assez réussie, sinon honnête, George Bush a déclaré que, lors de leur débat, John Kerry avait «défendu fermement toutes les positions possibles au sujet de la guerre d?Irak» : «affirmé que Saddam Hussein était une menace, mais que l?Amérique n?avait pas à s?occuper d?éliminer cette menace» ; que les soldats américains «ne se battent pas pour une faute», mais que l?invasion de l?Irak était «une erreur colossale» ; qu?il faut «faire davantage pour entraîner»les forces irakiennes, mais ne pas «dépenser tant d?argent là-bas» ; «qu?il veut réunir un sommet, afin d?inviter d?autres pays à se joindre à ce qu?il appelle «la mauvaise guerre, au mauvais endroit, au mauvais moment»»; «qu?un flot de terroristes traverse la frontière de l?Irak, mais que les combattre est une diversion de la guerre contre le terrorisme». «Quand vous entendez tout cela, vous comprenez qu?on puisse faire la grimace...», a dit M. Bush, faisant allusion à ses propres mimiques pendant le débat.

Le président sortant a repris ses critiques contre la position de John Kerry au sujet de l?action préventive. «Si l?Amérique attend que la menace soit à sa porte, il pourrait être trop tard pour sauver des vies», a-t-il dit, en ajoutant : «Les tyrans et les terroristes ne nous enverront pas d?avertissement poli avant de lancer une attaque contre notre pays.»

Quant à la politique à mener en Irak, George Bush a accusé son adversaire de ne pas être sincère quand il affirme vouloir «gagner une guerre qu?il appelle une faute, une erreur, une diversion». «On ne peut pas gagner une guerre à laquelle on ne croit pas. En Irak, le sénateur Kerry a une stratégie de retraite. J?ai une stratégie de victoire», a-t-il affirmé.

Avec un tel discours, George Bush va peut-être redonner confiance à ses partisans, mais ceux qui s?opposent à lui et ceux qui n?ont pas encore fait leur choix ont eu, mercredi, une nouvelle raison de douter de sa clairvoyance. Le rapport d?enquête de l?Iraq Survey Group (ISG), présenté au Sénat par son chef, Charles Duelfer, a confirmé, en effet, que Saddam Hussein était très loin de posséder les armes de destruction massive alléguées par le gouvernement pour justifier la guerre. George Bush a réaffirmé qu?il y avait «un risque réel» que le dictateur de Bagdad ne transmette «des armes, du matériel ou des informations à des réseaux terroristes», mais Charles Duelfer et ses 1 200 enquêteurs ont abouti à la conclusion que les stocks d?armes interdites de l?Irak ont été détruits en 1991 et que la dernière usine capable d?en produire a été démantelée, par les inspecteurs de l?ONU, en 1996.

<B>DISSUADER L?IRAN</B>

Le premier dirigeant de l?ISG, David Kay, a donné sa démission, en janvier, en expliquant que sa mission était, à ses yeux, terminée, puisqu?il n?avait pas trouvé d?armes chimiques, biologiques ou nucléaires et puisqu?il avait la certitude qu?on n?en trouverait pas.

La Maison Blanche avait dit, alors, que les recherches allaient continuer et que Charles Duelfer allait les mener à leur terme. Or, celui-ci a fait le même constat que son prédécesseur. Devant la commission de la défense du Sénat, il a estimé que l?Irak aurait pu reprendre la production de gaz de combat «en un an», mais qu?il lui aurait fallu des années pour envisager de produire une arme nucléaire.

Dans son rapport, le chef des inspecteurs américains et britanniques écrit que Saddam Hussein «voulait mettre fin aux sanctions -de l?ONU-, tout en préservant la capacité de reconstituer ses armes de destruction massive quand les sanctions seraient levées». Un agent du FBI (Bureau fédéral d?enquête) a longuement interrogé l?ancien dictateur sur ces armes. Selon une source officieuse, Saddam Hussein «n?a pas été bavard». Il a refusé, notamment, de dire ce qu?étaient devenues les armes détruites. De son enquête, Charles Duelfer a retiré l?impression que le dirigeant irakien a entretenu le doute, au sujet des armes que l?Irak pouvait encore détenir, afin de dissuader l?Iran de l?attaquer.

Interrogé, à New York, sur les conclusions des enquêteurs de l?ISG, Kofi Annan, secrétaire général des Nations unies, y a vu la confirmation que «les inspecteurs de l?ONU ont fait ce qu?ils étaient censés faire».

<B>Le Monde News Service</B>

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