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Devises : le marché au régime sec
Le marché des devises continue à être difficile. Les particuliers éprouvent des difficultés à acheter des devises dans certains bureaux de change ? money changer ?- mais les banques n?auraient aucun problème à servir cette clientèle.
C?est effectivement la diète forcée dans les bureaux de change et institutions non bancaires autorisées à traiter en devises (foreign exchange dealer). La majorité est à court de devises et certains sont même à sec.
« Les devises manquent sur le marché. Nous n?en avons pas encore acheté », a dit un responsable de bureau de change.
<B>Besoins prioritaires</B>
De ce fait, les files d?attente s?allongent dans les grandes banques commerciales, car ceux qui ont besoin de devises doivent se rabattre sur elles. Les responsables de ces banques assurent toutefois n?avoir aucune difficulté à fournir les devises aux particuliers pour des besoins urgents. Toutefois, s?il s?agit d?ouvrir un compte en devises, les clients de repasser plus tard.
En fait, les banques pratiquent depuis des semaines le rationnement systématique en raison d?un manque de devises sur le marché. « Nous ne pouvons pas vendre ce que nous n?avons pas. Dans notre logique commerciale, nous ne pouvons pas continuer à acheter à des taux élevés pour satisfaire toutes les demandes quand on ne sait pas quels seront les taux demain », explique le responsable de la trésorerie d?une grande banque.
Dans la conjoncture, les banques servent d?abord leurs clients et les besoins prioritaires des importateurs, par exemple. Les particuliers qui doivent voyager, financer les études de leurs enfants à l?étranger ou se faire soigner sont aussi traités comme prioritaires.
Mais ouvrir un compte en devises pour thésauriser et spéculer est difficile, voire pratiquement impossible actuellement. Ce rationnement contribue donc à mettre un frein à la spéculation qui avait créé un engouement soudain pour des placements en devises, que ce soit par des particuliers ou des institutions financières.
Plusieurs raisons explique le manque de devises. D?abord le facteur saisonnier. Septembre-octobre est généralement la période sans rentrées de devises car il y a peu de ventes des principaux secteurs d?exportations, le sucre, le textile et le tourisme.
Ce creux dans les recettes coïncide malheureusement avec la période où les importateurs ont besoin de devises pour passer les commandes de fin d?année et reconstituer leurs stocks. De nombreuses institutions publiques ont également besoin de liquidités pour le service de la dette.
Le faible taux d?intérêt sur la roupie a aussi contribué au manque de devises. Ceux qui en détiennent ne souhaitent pas les convertir en roupies malgré un taux de change intéressant. Le taux de rémunération de la roupie est faible comparé aux placements en devises fortes, surtout que les taux ont augmenté et devraient continuer à le faire aux Etats-Unis comme en Grande-Bretagne. La spéculation a également créé une forte demande pour des devises.
<B>Évolution des taux
Tout cela conduit au manque que certains spécialistes estiment dans une fourchette de US$ 30 millions à US$ 40 millions. Toutefois, chez une des principales banques de la place, on trouve ce chiffre exagéré. Mais la majorité des professionnels estiment que le marché est difficile. « Si une importante institution a besoin de US $ 5 millions à US $ 10 millions nous ne saurons pas où trouver une telle somme », déclare le responsable d?une banque. Chez une banque concurrente, on n'est toutefois pas de cet avis. « C?est vrai que c?est difficile mais il faut savoir où trouver des devises », déclare un cambiste.
Malgré tout, les choses commencent à évoluer plus positivement, même si c'est très lentement. Selon un cambiste, le marché pourrait retourner à la normale dans un mois environ. Pour l?heure, les rentrées de devises progressent lentement, notamment avec le début des recettes sucre et textile. Certains spécialistes se demandent la part que le Syndicat des sucres offrira en vente et celle qu?elle conservera dans le cadre de sa politique de hedging.
Le Syndicat des sucres n?est pas le seul vendeur actif actuellement. Le marché est aussi alimenté par quelques gros opérateurs du textile. Malgré tout, les cambistes estiment que le marché demeure insufisamment alimenté.
L?autre évolution positive concerne les taux d?intérêt sur les bons du Trésor qui ont bien repris, ce qui devrait aider la roupie. Alors que ces taux avaient atteint un plancher de 2,5 %, ils sont remontés à environ 5 %. Le taux de rémunération pour les obligations de trois ans a été fixé à 7,30% ce qui est une indication de l?intention des autorités dans ce domaine. Les placements en roupies redeviennent donc attrayants.
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