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Fille de la nature
Chaya Dhawotal a toujours été très proche des êtres et des choses constituant l?univers. Enfant, elle ramenait à la maison tous les chiens et chats errants qu?elle croisait. Sa mère avait un mal fou à la convaincre qu?elle ne pouvait tous les recueillir. D?autant plus qu?elle possédait déjà une ribambelle d?animaux domestiques.
Durant son éducation secondaire, elle adhère à tous les clubs scolaires liés à l?environnement, en particulier ceux affiliés au Programme des Nations unies pour le développement. Sa mère et avant elle, sa grand-mère, ont l?habitude de cultiver la terre. Elle les imite, aimant s?entourer de plantes vertes.
Des habitudes dont elle ne s?est pas départie à l?âge adulte. Jusqu?à tout récemment, et malgré un emploi du temps chargé, elle s?occupe d?un chat et de deux chiens, le sien et celui de son voisin. Ce dernier ayant quitté le pays inopinément.
Sa maison recèle au moins 150 plantes, dont 80 constituent sa dernière passion ; les orchidées. «J?ai un besoin vital de m?entourer de choses organiques qui représentent la vie.»
A la médecine allopathique, Chaya préfère les traitements alternatifs. Elle se maquille peu. Mais quand elle le fait, elle utilise bien évidemment des produits naturels. Il en va de même pour tous ses produits de soins. C?est dire à quel point elle est en osmose avec la nature.
Si, d?un point de vue professionnel, il fallait la comparer à un de ses animaux chéris, ce serait sans doute une puce. Elle n?a pas arrêté de faire des sauts en zigzag depuis la fin de sa scolarité secondaire au Mahatma Gandhi Institute, où elle a étudié la Food and Nutrition, la biologie et les mathématiques.
<B>Parcours atypique</B>
La jeune femme a vent que les femmes employées dans l?industrie textile font généralement l?objet de médisances en raison de leurs longues heures de travail. Rien que pour vérifier le fondement de ces dires, elle accepte l?emploi s?offrant à elle au lendemain de ses examens de Higher School Certificate. Elle occupe ainsi un poste de surveillante de département au sein d?une grosse entreprise textile. Ces préjugés se confirment et elle se rend compte que la méchanceté n?a pas de bornes.
Chaya, qui veut poursuivre ses études, opte ensuite pour la sécurité d?emploi. Elle postule donc comme clerc au ministère de l?Industrie. Une fois en selle, elle suit un cours par correspondance auprès de l?Institute of Chartered Secretary Administration.
Au bout de deux ans et demi, Chaya recommence à avoir la bougeotte. Elle se présente cette fois pour un poste d?enseignante de Home Economics au collège Maréchal à Rodrigues. Acceptée, elle prend un congé sans solde de la fonction publique.
Elle passe deux ans à enseigner aux enfants de Forms I à IV et à réorganiser le département dans lequel elle évolue. Si certains peuvent trouver le rythme de vie rodriguais indolent, Chaya l?apprécie, profitant de son temps libre pour découvrir la culture rodriguaise.
A son retour au pays, elle réintègre la fonction publique. Voulant se rapprocher de la nature, elle demande sa mutation au sein du ministère de l?Agriculture. Son transfert est accepté, à sa grande joie d?ailleurs, puisqu?elle veut de nouveau poursuivre ses études. Elle est transférée au National Parks and Conservation Service qui se trouve à Réduit. Cette proximité avec l?université de Maurice lui permet de reprendre ses études tertiaires. La voilà embarquée dans une licence en gestion.
Elle apprécie ses activités professionnelles qui la mettent en contact avec la nature si chère à son c?ur. Elle travaille notamment sur la protection de la flore et de la faune. Dans le cadre de ces activités, elle côtoie les expatriés de la Mauritius Wildlife Foundation (MWF). Au bout d?un certain temps, Karl Jones, le responsable de cet organisme, la débauche en lui offrant l?emploi de Personnel Assistant. Chaya y voit l?occasion de se rapprocher davantage de la nature et de vivre d?une de ses passions.
Sa tâche est d?organiser des circuits pour les guides et divers ateliers de travail. Elle est aussi chargée de filtrer les dossiers des étrangers voulant venir travailler comme volontaires pour la MWF, informer les parrains de cet organisme de toutes leurs activités. Chaya est au four et au moulin. «Cet emploi était très exigeant physiquement et intellectuellement, mais j?ai adoré cette période qui me permettait d?être proche de la nature, tout en mettant en exergue mes capacités d?organisation.»
Ses responsabilités l?aident à placer les choses dans leur juste perspective. «On a tendance à croire qu?on ne peut vivre sans la technologie. Mais c?est au contact de gens dédiés à la préservation de la nature et des espèces, que l?on découvre à quel point la vie est fragile. Elle est la priorité. C?est aussi là qu?on réalise qu?on n?a pas droit à l?erreur. Mon passage à la MWF a amplifié mon optimisme, surtout quand j?ai vu que le nombre de crécerelles était passé de quatre à 800 et que la population des cateaux verts a augmenté, sortant de 80 pour atteindre les 210.»
Chaya rend son tablier au bout de 18 mois car l?appel des études reprend le dessus. Elle s?envole pour la Grande-Bretagne et fait un Master in Business Administration à l?Université de Hull. Mais elle n?en oublie pas pour autant la nature, puisque sa recherche porte sur la levée de fonds pour sauver les espèces menacées.
Une fois son diplôme obtenu, elle regagne le pays. Elle fait un passage éclair chez Rogers, avant de tenter une nidification au sein d?une compagnie offshore. Au bout de deux ans, Chaya s?ennuie ferme et s?en va. Après un bref transit à la Banque des Mascareignes, elle retourne à ses premières amours : l?alimentation. Depuis deux mois, elle est la nouvelle gérante du restaurant Carri Poulé et du fast-food Mystic Masala à Port-Louis.
<B>Initier les jeunes </B>
Si elle a rejoint l?OSM depuis trois ans, elle s?est intéressée à la culture des orchidées bien avant. Cette passion remonte au temps où elle était dans la fonction publique. «Ma supérieure de l?époque, Annie Bellepeau, était membre de l?OSM. Elle possédait une très belle collection de plantes et m?a initiée à leur culture.»
Le 23e show annuel des orchidées de l?OSM s?est ouvert hier après-midi. Il est organisé avec la mairie de Quatre-Bornes, qui en a profité pour clôturer ses activités marquant le mois de l?environnement. Pour ne pas faillir à la tradition initiée par le Dr Masjid Khadaroo, Chaya et son exécutif ont importé 800 variétés d?orchidées de Hawaï, de Thaïlande et d?Australie. Elles sont d?ailleurs en vente.
Chaya veut absolument briser les mythes associés aux orchidées connues notamment comme «les plantes sexy». «Des tas de personnes pensent que les cultiver coûte cher. D?autres croient que seules les personnes âgées peuvent les élever ou encore que ce sont des plantes compliquées à entretenir. Tout cela est faux. N?importe qui peut cultiver des orchidées, et toute autre plante, d?ailleurs. Je ne crois pas en la théorie de la main verte. Je crois simplement qu?il faut faire ressentir à la plante qu?on l?aime. A ce moment-là, elle pousse.»
Chaya, veut absolument intéresser les jeunes à la culture des orchidées. Elle précise que l?exposition restera ouverte jusqu?au 10 et qu?ils y sont les bienvenus. «L?entrée est gratuite. L?an dernier, on a eu 3000 visiteurs et j?en attends autant cette année. S?ils croient qu?adhérer à notre club coûte cher, ils se trompent. Notre cotisation est de Rs 300. Les gens doivent arrêter de dire qu?ils n?ont pas le temps de faire ceci ou cela. Le temps, il faut le prendre. Il suffit de s?organiser. Et puis, s?occuper des orchidées et des plantes en général, c?est relaxant.» Une fille de la nature ne peut que dire vrai?
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