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Elle aurait passé 30 h ligotée à un sapin
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Elle aurait passé 30 h ligotée à un sapin
?Mo espere ki sakout-la, lapolis pou pran aksion. Mo kroir ki lapolis panse ki se mo mari ek lakoz sa, li kapav fer tou seki li le ar moi. Me pa parski li mo mari ki li kapav pran mo lavi?, déclare Chaya, indignée, après ce que lui aurait fait subir son mari dont elle est séparée. Il l?aurait enlevée lundi, entraînée de force dans un bois à Verdun et ligotée à un sapin où elle aurait passé plus de 30 heures, allègue-t-elle.
Ce jour-là, cette employée d?usine originaire de Piton prend une permission spéciale de son employeur pour récupérer un vêtement sur lequel elle a versé des arrhes dans une boutique de St.-Pierre. Par malchance, elle se tord la cheville en se rendant au distributeur automatique. Voyant un taxi qu?elle prend pour un taxi marron, elle boitille jusqu?au véhicule et s?adresse au chauffeur. ?Alor ki mo ti pe verse, enn dimounn inn trap moi par derier ek pous moi dans loto.?
Elle se retrouve encadrée par deux hommes, dont l?un n?est autre que son mari, dit-elle. Depuis qu?il l?a agressée, le 26 décembre dernier, Chaya a obtenu un Protection Order, contre lui, mais la police de Piton ne parvient jamais à lui mettre la main dessus. Ce qui n?empêche pas l?homme de la harceler par téléphone, quand il n?apparaît pas subitement devant elle dans le village. Et il n?a pas un casier judiciaire vide : il a eu plusieurs démêlés avec la justice pour des vols, se retrouvant même en prison pour six mois.
Chaya est bâillonnée. Un autre inconnu est assis à côté du chauffeur. La voiture prend la direction de Verdun et se range à côté d?un bois, tandis que le chauffeur est prié de s?en aller. Les trois hommes ligotent les mains de Chaya et la contraignent à se faufiler entre les sapins.
A un moment, son mari demande à ses comparses de s?en aller mais incite Chaya à continuer sa route. Finalement, il la fait stopper auprès d?un sapin et l?attache à l?arbre, avant de lui érafler les bras et le buste avec un canif. Il insiste pour qu?elle vienne vivre avec lui. Elle lui tient tête. ?Linn dir moi : mo pe ale. Si mo retourne zordi, to mor. A moin ki enn lot dimounn trouve toi avan.? Il s?en va, la laissant grelotter contre l?arbre. A la tombée de la nuit, Chaya est toujours debout, sous la pluie qui s?est mise à tomber. A tenter d?éviter les morsures des moustiques et autres bestioles. Elle aurait passé 30 heures ainsi.
Fuite
Ce n?est qu?en fin d?après-midi, mardi, que son mari vient la récupérer, l?entraînant dans un autre taxi mais lui laissant les mains li-gotées. ?Linn fan mo rob net ar so canif.? Elle profite d?une halte de la voiture à côté d?une boutique où son mari avait quelque chose à acheter, pour ouvrir la portière et s?enfuir nu-pieds. Elle trouve refuge chez une dame qui alerte la police.
Après une nuit sous perfusion à l?hôpital Jeetoo, elle est conduite par des policiers à l?abri de S.O.S. Femmes. Regret de Chaya : celui de n?avoir pu découvrir le vrai visage de son mari avant le mariage. Car il y a cinq ans, elle avait accepté de faire un mariage de raison pour plaire à sa famille. Le prétendant, dont elle ignorait tout des antécédents judiciaires, travaille comme vigile.
Unis sous le régime de communauté de biens, ils vivent chez les parents de ce dernier à Verdun. Puis à la suite d?une petite querelle de famille, il oblige sa femme à demander asile chez ses parents. Le couple va donc s?installer à Piton. La cohabitation se déroule sans anicroches et la mère de Chaya se proposent même de leur offrir neuf perches de terre à Triolet pour leur maison. Chaya fait des économies, pensant qu?il en est de même pour son mari.
Mais son mari commence par ne plus se rendre au travail. Il disparaît pendant quelques jours avant de réapparaître, sans explications.
L?an dernier, peu après une de ces disparitions, Chaya reçoit un appel de la police de Phoenix. Elle apprend que son mari a été arrêté alors qu?il tentait de cambrioler une maison. Pris la main dans le sac, il a été tabassé et livré aux autorités.
Le premier choc passé, Chaya s?apprête à retirer Rs 5 000 pour payer la caution de son mari. Elle réalise alors que sa carte bancaire a disparu et que les Rs 30 000 qu?elle possédait sur son compte se sont volatilisées.
Le père de Chaya avance la somme requise pour la caution du mari. Quand sa dernière affaire de vol avorté passe en cour, il écope de six mois de prison. A sa sortie, il revient à Piton. Mais l?accalmie est de courte durée. Il abandonne le foyer pour de bon en 2003. ?Linn ale net. Pena so bout. Me li ti sonn moi ek dir moi mo bizin suiv li partou. Monn refise. Kot nou ti pou reste : anba bis-stop, anba pont ??
Le 26 décembre dernier, son mari s?est introduit dans sa chambre et lui a assené des coups de hachette sur le crâne avant de s?enfuir. Il a ainsi récidivé, lundi. Aujourd?hui, Chaya n?aspire qu?à une chose : reprendre sa liberté, en priant qu?avec elle, vienne aussi la sécurité.
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