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?Starmania?, la sécurité des tubes connus

3 octobre 2004, 20:00

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Décharge d?énergie, de kilowatts, de souvenirs. Dès que la lumière s?éteint sous la marquise qui protège La Citadelle, on se surprend à attendre que certains airs reviennent. Ils sont là, imprimés à l?encre indélébile dans notre mémoire, se bousculant au bout de la langue. Une avalanche d?émotions déclenchée par les voix de Starmania.

Le monde est stone. Avouons-le. Nous avons parfois eu des difficultés à rester accrochée aux intrigues secouant Monopolis. D?accord, les voix étaient belles. Douceur rôdée de Carol Lamport, acidité travaillée de Patricia Retournée. Thierry Béchard égal à lui-même qui sans forcer son talent, joue de son imper et de ses lunettes noires pour incarner un Johnny Rockfort mi-loubard, mi-fleur bleue.

Le problème est justement là. Trop de sécurité ? Pas d?audace, pas de surprise. Pas de petite étincelle pour mieux faire passer les trois heures de spectacle. L?amitié pathétique de Marie Jeanne et de Ziggy ne nous effleure qu?en surface. Elle s?efface devant les paroles archi-connues. Ne nous arrache pas de cris, ne déclenche pas chez nous cette envie de les prendre par la main. De leur dire ? même si on connaît la fin de l?histoire ? que ça passera, que tout finit.

En guise d?ouverture, Starmania montre des corps sanglés de noir. Des tenues de zonards évoluant sur des guitares nerveuses. Sur l?écran géant, des images de cité frappée par la foudre. L?électricité est dans l?air. Les interprètes d?abord dirigés par Gérard Sullivan puis par Guy Lagesse, s?emparent de l?air de La Citadelle. Font vibrer les vieilles pierres qui ne demandent qu?à se laisser entraînées par ?Ziggy, (?) mon seul ami.?

Avant cela, Zero Janvier, incarné par Jean Claude Labat, fait assaut de prestance et d?arrogance. Tactique payante à la fois auprès de Stella Spotlight (Audrey Poussin) et du public. Du haut de sa plate-forme mobile, le personnage de businessman frustré donne de la profondeur à un décor en carton pâte manquant singulièrement de relief.

Contraste sans doute voulu avec le noir des zonards, les rayures bariolées de Ziggy et le rose bonbon de Crystal, le sourire télégénique de Télé Capital. Jouant à fond la carte des opposites, le côté rugueux de Sadia (Patricia Retournée) gagne en intensité face à la vulnérabilité que fait passer Carol Lamport, jolie voix du peuple, complice automatique de nos désirs secrets. Des recoins qui ne demandent qu?à être percés à jour.

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