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Une victime souhaite contre-interroger deux avoués
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Une victime souhaite contre-interroger deux avoués
Il a réussi, mais non sans grandes difficultés. Il a dû payer, par le biais de deux avoués, Rs 450 000 pour que le terrain ne soit pas vendu à Rs 2 millions à la barre. Il demande de pouvoir interroger ces deux avoués, dont les noms sont les plus cités devant la commission d’enquête.
Le 8 avril 1995, Iqbal Muthy est adjudicataire du terrain de son père pour Rs 465 000, et croit alors que ses soucis sont terminés. Il déchantera très vite. Il y a outbidding et un acquéreur se manifeste, à la demande d’un ex-haut cadre de l’Indian Ocean International Bank (IOIB).
Craignant que le bien ne soit vendu à un prix supérieur, Iqbal Muthy entame des négociations avec le cadre de banque. “To kone la ter, ti pou mo cousin”, lui rappelle ce dernier. Son père a effectivement acheté la terre du cousin du banquier.
Peu après son entretien avec le banquier, il rencontre son propre avoué et réalise que celui-ci est déjà au courant de la teneur de la conversation précédente. L’avoué lui demande alors Rs 450 000 pour que “bann la pa pouss ziska Rs 2 milion a la bar”. Ce serait l’ancien cadre de banque qui aurait exigé l’argent.
Déterminé à sauver le terrain de son père, il vend 157 toises de terrains à Albion et réunit la somme requise. Il paie les Rs 450 000 dans le bureau d’un avoué, en présence de son père et de son oncle. L’avoué remettra cette somme à son confrère de la banque. “A quoi ont servi ces Rs 450 000 ? Je veux qu’on me retourne mon argent”, insiste Iqbal Muthy. Ce paiement fait, les procédures se poursuivent, et il arrive finalement à obtenir le bien pour Rs 510 000.
Pas de chance
Peu avant de venir déposer devant la commission d’enquête, il a rencontré une nouvelle fois son avoué et lui a demandé le remboursement de son argent. En vain. L’avoué lui aurait dit : “Al fer to demars. Ziss …(il cite le nom de l’avoué de la banque), ki pou gagn problem.”
Depuis ces cinq dernières années, Iqbal Muthy n’a pas eu plus de chance, même au bureau du Registrar. Son dossier est égaré, ce qui ne lui a pas permis de payer le solde. Aujourd’hui, il cherche à obtenir justice. Et il pense qu’en contre-interrogeant les avoués, il finira par la trouver, cette justice.
Trop souvent, les avoués remettent tardivement aux créanciers l’argent reçu des débiteurs. Aucune loi ne prévoit de délai, et certains hommes de loi abusent de cette lacune. La commission d’enquête compte étudier la question pour définir dans quelle mesure un délai pourrait être imposé aux avoués.
Les sommes retenues par les avoués lors des paiements faits par les débiteurs ont également fait l’objet de débats hier. Sir Victor Glover avait déjà l’intention d’aborder cette question lors de ses conclusions, et le cas de Shirley Aliphon a retenu l’attention. Elle affirme avoir payé Rs 80 000 à un avoué de la Mauritius Housing Company (MHC) mais que son compte auprès de cet organisme n’a enregistré que Rs 49 000.
La commission d’enquête devra aussi retracer les nombreux “casseurs” mentionnés devant elle. Ceux-ci ont mené plusieurs personnes à la ruine. Un habitant de Chemin-Grenier, 70 ans, retraité, est désespéré. Il a emprunté Rs 113 000 d’un “casseur” très connu de sa région. Ce dernier lui a fait signer des documents pour rembourser Rs 190 000. Il réussit à payer Rs 112 000, mais peu de temps après, le “casseur” lui réclame Rs 300 000, et sa carte de pension…
Il n’est pas le seul dans ce cas. Une femme d’affaires ne sait plus quel saint se vouer après avoir emprunté Rs 50 000 d’un “casseur ” : “Il me fait subir toutes sortes de pressions. Il m’insulte. J’ai fait des dépositions à la police, mais les policiers m’ont dit qu’il est préférable que je trouve de l’argent pour le rembourser, tant il est dangereux.”
Ses problèmes viennent d’un retard dans le remboursement. Elle dépendait en fait du déblocage de ses fonds en banque. “Il ne veut rien comprendre. Il me réclame maintenant Rs 100 000. Même le ministre avec lequel il travaille n’a rien fait pour moi”, raconte-t-elle avec désespoir. Elle vit désormais dans l’angoisse…
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