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?Sale by Levy?: des veuves désemparées témoignent

23 septembre 2004, 20:00

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Elles sont veuves, victimes de leur ignorance de la loi, vidées de leurs derniers deniers. Les témoignages accablants se sont succédé à la séance d?hier de la commission d?enquête sur la vente à la barre.

?Je me nourris de pain rassis, des fois. J?ai vécu sept années de souffrance. Ils m?ont tout pris, même mon four?, se lamente Christiane Rousseau, de Mont-Roches. A l?origine de ses déboires, l?emprunt de Rs 6,6 millions que son époux contracte auprès de la Banque de développement (DBM). Réfractaire à signer le contrat, elle finit par s?exécuter.

L?argent sert à financer le projet de son époux, un atelier sis à Pailles. Le démarrage est pénible. Il y a du retard sur le remboursement. Le mari meurt ensuite d?un cancer en 1997. Les malheurs s?enchaînent à tel point que Christiane se fait soigner à l?hôpital psychiatrique Brown-Séquard.

Avant que le recouvrement de sa dette ne se traduise en vente à la barre des biens hypothéqués, la DBM lui accorde un délai de six mois. Elle doit alors trouver un acquéreur à l?atelier pour solder sa dette. Inculte dans le domaine, Christiane Rousseau n?y parvient pas. Elle tente même de négocier avec la banque pour que celle-ci reprenne l?entreprise. Sa demande est rejetée.

La vente à la barre approche. La dette s?élève maintenant à Rs 9 millions. Ne sachant rien des procédures légales, au départ, Christiane en apprend les rouages. Tout le mal qu?elle s?est donné pour sauver ses biens aboutit, en fin de compte, à la barre. ?L?atelier est évalué à presque Rs 17 millions?, précise-t-elle.

Le jour de la vente, fait ressortir le témoin, un acheteur propose Rs 5 millions. Mais l?avoué de la DBM, ajoute Rs 500 000 de plus. Et la banque en devient acquéreur. Ses problèmes s?aggravent quand les employés de l?atelier la poursuivent pour réclamer leurs indemnités. A la fin de la journée, ses biens sont emportés.

?Mon mari n?a fait que le standard III. Il a signé un document dont il ignorait le contenu?, précise Christiane. Pis encore, pour elle, le terme ?cristallisation? se réfère à un type de cuisson de fruits. Or, dans le jargon légal, ce mot signifie le regroupement de tous les biens pour garantir un prêt.

Le cas de Rajcoomaree Sham, habitante de Goodlands et veuve également, révèle l?ignorance de la loi et la pression exercée sur la victime. En larmes, cette employée du textile affirme avoir été forcée à signer un document. Son terrain est mis en hypothèque pour un emprunt de Rs 100 000, somme qu?elle maintient n?avoir jamais touchée. Du jour au lendemain, on lui sert des documents de la cour à l?effet que ses terres seront mises à la barre. En fin de compte, elle se retrouve dans l?obligation d?emprunter, d?économiser, jusqu?à même vendre ses bijoux, pour essayer de sauver son terrain.

En 1995, l?époux d?Anjani Savoo, obtient un prêt de Rs 19 000 auprès d?un dénommé Damodur Toolsee pour répondre aux exigences d?un héritier. Il s?acquitte régulièrement de sa dette, déclare sa femme devant la commission. Après le décès de son mari, Anjani demandera le contrat de ses terres à Damodur Toolsee. Ce dernier, explique-t-elle, renvoie l?affaire plusieurs fois, avant de lui réclamer la somme de Rs 1 million pour solder la dette. La famille se voit contrainte d?emprunter la somme de Rs 500 000 de la banque et des proches pour sauver la moitié des biens. Le reste est mis à la barre?

Hier, au total, huit témoins ont déposé. Au début de la séance, le président, Sir Victor Glover a indiqué que ceux déposant devant la commission ne pourront être poursuivis par les parties concernées. Rappelons que l?avoué Iqbal Dauhoo réclame Rs 50 millions à deux personnes ayant déposé contre lui à l?Independent Commission against Corruption. L?avoué Pravind Nathoo a par ailleurs démenti les allégations portées contre lui. La commission reprend ses travaux mardi prochain.

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